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Futur incertain pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

Julie Thoin-Bousquié ,

Publié le

Futur incertain pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

Les entreprises citées

La course à la première place mondiale semble décidément être un chemin funeste pour les dirigeants des constructeurs automobiles. À quelques mois de voir son rêve concrétisé, le président allemand du groupe Volkswagen, Martin?Winterkorn, avait sombré en 2015 dans la tempête du dieselgate. Le tout-puissant patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos?Ghosn, aura savouré peu de temps son arrivée sur la première marche du podium. Le dirigeant franco-libano-brésilien a été placé en garde à vue le 19?novembre pour des soupçons de «?malversations?» au Japon, selon les termes du groupe Nissan. Les faits qui lui sont reprochés ont incité les sept?membres du conseil d’administration du constructeur –?dont deux Français désignés par Renault?– à voter à l’unanimité sa déchéance de son poste de président. Dans un discours très offensif organisé le jour même, Hiroto?Saikawa a porté une charge inédite contre son mentor [lire ci-contre].

Vingt?ans après le début de sa collaboration avec Carlos?Ghosn, la sévérité du responsable de Nissan a surpris. Faut-il voir l’effet de l’émotion, d’autant que Hiroto?Saikawa doit gérer un scandale de certifications?? Ou l’analyser au regard de possibles tensions dans l’entreprise japonaise?? Beaucoup défendent la première version. D’autres s’interrogent. «?La piste que semblait explorée Carlos Ghosn d’une plus forte intégration des groupes dans le cadre de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi pourrait avoir suscité un processus de fâcherie?», suggère un connaisseur du secteur. Pour rassurer les parties prenantes sur la pérennité de l’Alliance après son départ, Carlos?Ghosn avait annoncé en février vouloir renforcer les liens entre Renault et Nissan... et envisageait sérieusement une fusion entre les deux groupes, à en croire le «?Financial Times?». Une hypothèse rejetée par les Japonais. Ils craignent que ce rapprochement ne se fasse au désavantage de leur groupe. «?Nissan vend plus de voitures que Renault. Mais sur le plan capitalistique, Renault contrôle plus de 43?% du groupe japonais, rappelle Flavien?Neuvy, le directeur de l’observatoire Cetelem. Une vraie période d’incertitude s’ouvre maintenant pour l’Alliance.?»

Divorcera, divorcera pas…

En 1999, Louis?Schweitzer, alors PDG du constructeur français, lance la stratégie low cost du groupe avec la reprise du roumain Dacia, et prend une participation majoritaire dans un Nissan mal en point. Le projet d’Alliance Renault-Nissan sera mené à bien par son successeur Carlos?Ghosn, à partir de 2005. Du fait de son implication dans les trois?groupes, celui-ci est parvenu à imposer des décisions qui ont permis de faire croître les synergies. En 2017, celles-ci ont atteint un niveau annuel de 5,7?milliards d’euros. Le montant correspond aux «?réductions de coûts, dépenses évitées et augmentations de chiffre d’affaires?». Dans le détail, les trois constructeurs bénéficient d’une structure d’achat mutualisée, permettant de réaliser des économies d’échelles. Le développement de plates-formes communes –?des châssis plus certaines pièces?– permet également de partager les outils de production. La fabrication de la Nissan Micra dans l’usine Renault à Flins (Yvelines) en est une illustration. Toujours en France, Renault Maubeuge (Nord), connu pour sa compétitivité, doit devenir le «?centre d’excellence des véhicules utilitaires légers de l’Alliance?» et produira aussi des Nissan.

«?L’Alliance profite à tous. Ni Renault ni Nissan n’ont intérêt à ce qu’elle disparaisse, ou fonctionne moins bien?», tranche Flavien?Neuvy. Pour le professeur à l’université de Bordeaux Bernard?Jullien, auteur d’ouvrages sur Dacia et Renault, le divorce constitue également «?une option hautement improbable?». Et ce, d’autant que le contexte économique devrait évoluer. «?L’automobile est un secteur cyclique. Une stabilisation, voire un cycle baissier devraient intervenir dans les années à venir?», prévient Sébastien?Amichi, le directeur exécutif d’Accenture Strategy. Les marchés porteurs tels que l’Europe, l’Amérique du Nord et la Chine devraient stagner… voire reculer. Sans compter que les révolutions de la voiture autonome, électrique et connectée supposent des investissements massifs de la part des constructeurs... qu’il vaut sans doute mieux partager. Selon le cabinet AlixPartners, ceux-ci devraient être multipliés par dix, rien que pour répondre aux besoins croissants dans le véhicule électrique. Ils devraient atteindre 255?milliards de dollars (223?milliards d’euros) au cours des huit années à venir.

L’éviction de Carlos?Ghosn de la présidence de Nissan rend urgente la préparation de sa succession. «?Il est nécessaire de trouver une instance d’arbitrage collective et ancrée sur les procédures, plutôt que sur un homme comme c’était le cas jusqu’à présent?», estime Bernard?Jullien. Il faudra pour cela que chacune des entreprises garde à l’esprit les bénéfices communs tirés de l’Alliance, et non ses intérêts particuliers.?§?

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Chez Michelin puis Faurecia, Thierry Bolloré a occupé plusieurs postes en Asie. Arrivé en 2012 chez Renault, ce Breton de 55 ans est rapidement devenu directeur délégué à la compétitive du groupe. Connu pour sa discrétion, l’homme a été désigné numéro deux de Renault en février. Une nomination reçue positivement par l’État français (premier actionnaire du constructeur à hauteur de 15,01 %), soucieux d’assurer la succession de Carlos Ghosn. Avec les révélations faites au Japon, Thierry Bolloré se retrouve propulsé à la direction exécutive de Renault. « Temporairement empêché », Carlos Ghosn conserve toutefois son poste de PDG... pour l’heure. Dans un tel contexte, Thierry Bolloré risque de devoir prouver sa capacité à prendre les rênes de Renault plus tôt qu’il ne l’avait sans doute prévu.

Certains commentateurs y voient le « Brutus » de Carlos Ghosn. Il faut dire que Hiroto Saikawa, DG de Nissan depuis un an, n’a pas mâché ses mots vis-à-vis de celui qui lui « [faisait] entièrement confiance ». « Il a vécu avec moi tout le processus de transformation » de Nissan, expliquait il y a encore quelques années Carlos Ghosn, qui ajoutait : « Il pense ce que je pense. » Entrée en 1977 chez Nissan, à la fin de ses études, Hiroto Saikawa a pourtant mené un véritable réquisitoire contre celui qu’il a côtoyé vingt années durant. « Indigné », « déçu », le dirigeant de 65 ans a dénoncé le « côté obscur » du règne de Carlos Ghosn. En avril, l’homme avait déjà affiché des opinions tranchées sur la possible fusion entre Renault et Nissan, ne voyant dans cet éventuel processus « aucun intérêt ».

Usine Nouvelle N°3587-3588

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