Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

FUSIONSJusqu'où ?

, ,

Publié le

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

FUSIONS

Jusqu'où ?



A qui le tour ? A peine a-t-on posé la question, la réponse tombe à la radio ou à la " une " du quotidien. Société générale-Paribas, Axa-GRE, Ford-Volvo, Vodafone-Air Touch, British Aerospace-Marconi... Les fusions et achats géants d'entreprises seront, au rythme actuel, en 1999, encore plus nombreux qu'en 1998.

Le temps semble soudain s'accélérer. Car, au-delà de cette multiplication des annonces, beaucoup des dernières opérations ne sont, au fond, pas vraiment des surprises ! Cela faisait ainsi presque une décennie que l'on parlait épisodiquement d'un possible mariage entre Marconi et BAe. Volvo, pour sa part, avait, dans les années 1991-1993, expérimenté un " Pacs " avec Renault. Quant au secteur bancaire français, cela fait des années que l'on répète qu'il doit se concentrer. Pis, il devenait dangereusement sous-dimensionné (au dernier FT500 *, la Société générale et Paribas se plaçaient seulement aux 342e et 445e rangs mondiaux pour la capitalisation boursière, loin derrière le leader de leur secteur, Loyds TSB Group). Jusqu'où cela ira-t-il ? Cela dépend des secteurs. Il y a ceux où la mondialisation n'a pas encore produit ses effets, comme la banque ou les assurances. Là, les choses ne font que commencer, même si Axa, notamment, a pris une longueur d'avance... Il y a les secteurs jeunes et en forte croissance, comme les télécommunications et Internet. Là aussi, les fusions et achats vont se multiplier. Soit par nécessité d'acquérir une couverture mondiale (Air Touch etVodafone), soit parce que l'apparition de nouvelles technologies conduit les géants à avaler les nouveaux entrants (beaucoup attendent aujourd'hui Alcatel sur ce terrain...). Il y a enfin les secteurs plus matures, déjà bien installés dans la mondialisation, et où les avis peuvent être plus nuancés. C'est notamment le cas de l'automobile. A l'exception du mariage de Daimler et de Chrysler, qui doit encore convaincre, les fusions et achats n'ont, pour l'instant, fait disparaître que de petits acteurs, ne produisant que quelques dizaines ou centaines de milliers de véhicules par an (Jaguar, Rover, Volvo...). Pour Ford, ajouter Volvo à son portefeuille de marques est certes un joli coup ! Mais, en termes de chiffre d'affaires, de bénéfice ou d'unités produites (respectivement, 6,8 millions de voitures pour Ford et 400 000 pour le suédois), Volvo pèse toujours moins de 10 % de son nouveau propriétaire. Depuis dix ans, le classement du top 10 mondial de l'automobile a ainsi très peu changé. Il y a toujours six généralistes en Europe, alors que, en 1980, on nous promettait déjà la disparition prochaine de plusieurs d'entre eux. Qu'en sera-t-il demain ? Rester à 2 millions de véhicules par an, comme c'est le cas aujourd'hui pour Renault et Peugeot-Citro'n, serait dangereux. Renault l'admet quand il se fixe un objectif de 4 millions pour 2010. Ou quand il lorgne sur Nissan, qui appelle à l'aide. Le marché lui en laissera-t-il le temps ? On peut toujours méditer l'aventure de General Motors. Né de fusions successives ayant cumulé les marques (Chevrolet, Cadillac, Pontiac, Oldsmobile, Buick, Vauxhall, Opel...) et pionnier en matière de partage de plates-formes et d'organes mécaniques, le numéro 1 mondial a, pendant des décennies, dominé l'automobile américaine et mondiale. Depuis vingt ans, le géant perd des plumes face à ses concurrents, américains ou non. Au point d'être aujourd'hui à nouveau talonné par Ford. Le pire comme le meilleur ne sont, en la matière, jamais sûrs.

* Le " Financial Times " du 28 janvier 1999

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle