Fusion EADS-BAE : les syndicats avancent en ordre dispersé

Les représentants des syndicats d'EADS en Europe étaient réunis hier à Elancourt (Yvelines) pour une réunion interne. Leur divergence n'a pas permis d'arrêter de position ou d'action commune.

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Fusion EADS-BAE : les syndicats avancent en ordre dispersé

Décidement, le projet de fusion EADS/BAE Systems a surpris tout le monde. Si les Etats impliqués continuent de tergiverser, les syndicats d'EADS au niveau européen ont également du mal à prendre position. Ils étaient réunis hier à Elancourt (Yvelines) dans les locaux de Cassidian, la branche Défense du groupe, lors d'une réunion interne du comité européen prévue de longue date. A l'issue de leur rencontre, les 16 syndicalistes présents venus d'Allemagne (6), d'Espagne (2), de France (5) et du Royaume-Uni (3) n'ont pas arrêté de position commune et ne prévoient pas dans l'immédiat d'action commune à l'échelle européenne.

Si le sujet de la fusion n'était pas à l'ordre du jour, la journée devant être consacrée plutôt aux nouvelles nominations des différentes comissions ainsi qu'à la réorganisation EADS/Airbus sur le plan financier et des ressources humaines, il s'est tout de même imposé dans la journée.

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En fait, les points d'accords ont été minimes, portant essentiellement sur les critiques liées au manque de transparence de la direction sur ce projet. "Cette réunion a été l'occasion de lister nos interrogations et nos inquiétudes. Nous n'avons pas encore de réponse commune à apporter. La direction doit préciser son projet", explique l'un des syndicalistes français présents à ce comité. Maigre bilan face aux enjeux industriels soulevés par la fusion!

La divergences des points de vue et des centre d'intêrêts peut expliquer ce pauvre résultat. En effet, les inquiétudes des uns ne sont pas celles des autres. Côté Anglais, les syndicalistes ont fait état des pressions de la part de BAE Systems. Le groupe anglais menacerait de procéder à des licenciements au Royaume-Uni si la fusion ne se faisait pas.

Côté Allemands, leurs homologues ont noté la crainte de leur pays de perdre en influence au sein des instances dirigeantes du nouveau groupe. Côté Français, les craintes concernent les autres industriels hexagonaux laissés au bord de la route de cette fusion, notamment Dassault et Thales.

"Sur un tel dossier, les directions des entreprises vont plus vite que nous à se rapprocher", reconnaît le syndicaliste présent. Pour rattraper le temps perdu, les syndicats d'EADS ont prévu de se rapprocher de ceux de BAE Systems par l'intermédiaire de la fédération européenne de la métallurgie.

Cette difficulté à accorder ses violons au niveau européen n'est pas une surprise. En France, les syndicats ne sont déjà pas tous sur la même longueur d'onde. Sur la pertinence de la fusion elle même, tout d'adord. La CGT s'y oppose clairement. "Nous sommes hostiles à ce projet. A travers cette fusion, on ne développe rien. Ni les emplois, ni les technologies, ni les territoires. On s'accapare juste une activité pour être plus gros alors qu'EADS n'a pas de problèmes financiers", estime Jean-Jacques Desvignes, coordinateur EADS pour la CGT. La CFE-CGC conditionne son soutien: "Ce qui est important c'est que les intérets stratégiques de l'Etat français soient préservés. Si cette opération structure l'Europe de la défense et renforce l'emploi, cela va dans le bon sens", indique Bernard Valette, de la CFE-CGC.

De même, sur la gouvernance du futur géant, les points de vue divergent. "Avec 9% du capital, l'Etat français ne pourra pas peser sur les décisions. Une action préferentielle pourrait peut-être être plus efficace", estime Bernard Valette. La CFDT hésite : "Nous n'avons pas tranché sur la question de la gouvernance. Ce qui est sûr, c'est que sans les Etats allemand et français, il n'y aurait eu ni EADS, ni Airbus", souligne Didier Hacquart, de la CFDT. La CGT milite pour un rôle prépondérant des Etats. "Il doit y avoir une forte présence publique pour donner l'impulsion. Les industries stratégiques comme la Défense, le spatial et l'aéronautique doivent être pilotées par des visions politiques", soutien Jean-Jacques Desvignes.

Une prochaine réunion interne des syndicats du comité européen est prévu le 9 octobre, soit une journée avant l'ultimatum fixé par l'autorité des marchés boursiers britannique à EADS et BAE pour présenter leur projet. Si l'Europe de la défense reste à construire, celle des syndicats également.

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