Fukushima : Tepco planche sur le retrait du combustible

La compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) va opérer d'ici quelques jours le retrait des centaines de crayons de combustible stockés dans la piscine suspendue du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima Daiichi. Le retrait marque le début officiel du démantèlement de la centrale.

 

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Fukushima : Tepco planche sur le retrait du combustible
Le gouverneur de la région de Fukushima, Yuhei sato (casque orange), visite la centrale nucléaire, le 15 octobre 2013

L’opération de retrait des crayons de combustible stockés dans la piscine suspendue du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima Daiichi aura bien lieu d’ici quelques jours, a confirmé Tepco. Le retrait devait avoir lieu dès vendredi 8 novembre mais a été reculé à la dernière minute suite à la demande de l’Autorité de régulation du nucléaire japonaise de procéder à des derniers tests. La piscine abrite 1 331 assemblages de combustible usé et 202 assemblages de combustible « frais » ou neufs. Les crayons seront soulevés un à un par une machine puis transférés à l’intérieur d’un immense container sécurisé. Un fois rempli, le container sera fermé hermétiquement et emmené dans une autre piscine de stockage plus stable situé à une centaine de mètres. Le combustible y sera stocké pendant 10 à 20 ans. Tepco en profitera pour vérifier l’état des combustibles, sachant que les deux assemblages retirés il y a quelques mois semblaient avoir bien résisté. Après le nettoyage de la piscine du réacteur numéro 4, qui avait été gravement endommagée lors de la catastrophe du tsunami de mars 2011, Tepco devra s’attaquer au traitement des combustibles stockés dans les bassins de refroidissement des tranches 1, 2 et 3 de la centrale, où les taux de radioactivité sont beaucoup plus élevés.

Tepco va démarrer le démantèlement de la centrale alors même qu’il se trouve au plein cœur d’une polémique sur le problème de l’eau radioactive. L’électricien s’est en effet retrouvé dans une position délicate cet été lorsqu’il a été avéré que de l’eau radioactive fuitait d’un réservoir dans l’océan. « Nous ne savons pas si de l’eau radioactive se déverse dans la mer », avait déclaré un membre de la compagnie. L’entreprise refroidit en effet les réacteurs grâce à 400 mètres cubes d’eau par jour, ensuite stockée dans des réservoirs. L’un d’eux qui fuyait a jeté le doute sur les 300 autres réservoirs. La capacité de ceux-ci n’est de toute façon pas suffisante et l’eau doit après être décontamination être rejetée en mer. Accusé de graves négligences et de mensonges, beaucoup pensent à relever Tepco de ses responsabilités, à l’instar du gouverneur Hirohiko Izumida, alors que les sept réacteurs de Kashiwazaki Kariwa devraient bientôt être réouverts.

« Créer un nouveau futur »

Suite à la catastrophe de mars 2011, l’ensemble des centrales nucléaires japonaise ont été fermées jusqu’à nouvel ordre. Une forte mobilisation populaire anti-nucléaire a suivi l’accident qui a conduit le gouvernement japonais à annoncer une sortie progressive du nucléaire sur 30 ans. « Créer un nouveau futur », annonçait le gouvernement, dont la stratégie repose sur la limitation à 40 ans de la durée de fonctionnement des réacteurs et sur l’abandon de toute nouvelle construction. Les unités n’ayant pas encore atteint la limite d’âge devraient cependant pouvoir redémarrer, à l’instar de la centrale de Kashiwazaki Kariwa. Pour compenser l’arrêt à terme des centrales, le Japon veut réduire sa consommation énergétique d’au moins 10% et porter à 30% la part des énergies renouvelables dans la production électrique d’ici 30 ans.

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