Fukushima, quand le Japon avait trop confiance dans son nucléaire

Selon un rapport de l'AIEA, la catastrophe de Fukushima a été largement aggravée par le manque de préparation de l'Etat et de l'industrie au Japon. Tous deux étaient convaincus que les centrales nucléaires étaient parfaitement sûres.

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Fukushima - Entrée de la zone (Crédits Recoquillé-Bression / IRSN)

Alors que le Japon tente, non sans difficultés techniques, de relancer deux réacteurs de sa centrale nucléaire de Sendai, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) publie un rapport à charge pour l’administration et l'industrie japonaises sur l'accident de Fukushima survenu en mars 2011. Le document, fruit du travail de 180 experts internationaux, analyse les causes et conséquences de la catastrophe.

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Selon Yukiya Amano, directeur général de l'AIEA, "le facteur majeur qui a contribué à l'accident a été le postulat largement répandu au Japon selon lequel les centrales nucléaires de ce pays étaient si sûres qu'un accident de cette ampleur était tout simplement impensable". Il ajoute que "ni les organismes de réglementation ni le gouvernement ne le remettaient en question".

Pas d'autorité nucléaire

Aussi, Tepco, l'exploitant de Fukushima au moment de l'accident, n'était absolument pas préparé à ce que la centrale perde son alimentation électrique pendant une longue durée (ce qui a entraîné la fonte des cœurs), ni à ce que plusieurs réacteurs subissent des avaries en même temps. De plus, le manque de clarté en matière de responsabilité de la sûreté nucléaire n'a pas permis de réactions efficaces et rapides. Ce défaut a été repensé depuis par le Japon qui a créé une autorité de sûreté nucléaire indépendante, comme l'exigent les principes internationaux.

Dose reçue inconnue

Par ailleurs, du fait de cette mauvaise organisation en situation accidentelle, le rapport estime aussi qu'il y a une mauvaise connaissance de la dose de rayonnements reçus par les populations. "Une augmentation de cancers de la thyroïde chez les enfants est peu probable (...), mais on ne sait pas exactement à quelle dose de rayonnement ont été exposée les enfants dans le voisinage de la centrale", peut-on lire. Un argument qui ne convint pas Greenpeace Japon : "Si on ne connaît pas les doses, on ne peut pas conclure sur les conséquences (Ndr : en matière de cancers de la thyroïde). Pour le dire autrement, c'est de la rhétorique politique, pas de la science", explique un porte-parole.

Ludovic Dupin

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