Fukushima : les risques de contamination chronique persistent

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) estime que la contamination est désormais "chronique et pérenne".

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Fukushima : les risques de contamination chronique persistent

En se basant sur les compte-rendus de ses équipes sur place, et sur les données fournies par le Japon directement, l’IRSN vient de révéler que les principaux rejets de la centrale nucléaire accidentée s’étaient produits entre le 12 et le 25 mars 2011, "en une quinzaine d'épisodes dont les plus importants auraient eu lieu avant le 17 mars".

Depuis la contamination radioactive a fortement décru. En effet, les rejets d’iodes radioactifs ont atteint 408 milliards de milliards de becquerels. Mais leur radioactivité a très rapidement diminué de moitié. Selon le type d’iode, cela peut prendre quelques heures à 8 jours.

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Seulement lors des explosions d’hydrogène dans les bâtiments de la centrale, de grandes quantités de césiums radioactifs ont été libérés. Leur durée de vie est, elle, beaucoup plus longue. Selon les experts de l’IRSN, leur durée de vie est de 30 ans. Il reste donc aujourd’hui 98% de sa radioactivité initiale dans l’environnement. En 2020, elle sera encore de 81%.

"La contamination initiale liée à l'accident a fortement décru. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a plus, loin s'en faut. Aujourd'hui, et pour de nombreuses années, nous sommes dans un état de contamination chronique et pérenne de l'environnement", explique Didier Champion, directeur de la crise à l’IRSN. "Il y a des risques d'exposition chronique, à des faibles doses certes mais qui peuvent s'accumuler au cours du temps si l'on n'y prend pas garde", prévient-il. C’est la raison pour laquelle il faut continuer à suivre la contamination de certaines denrées alimentaires.

"A niveau de contamination égal, les superficies concernées au Japon sont nettement inférieures à celles des territoires contaminés autour de Tchernobyl, ce qui s'explique notamment par le fait qu'une part importante des rejets (...) s'est dispersée au-dessus du Pacifique", selon ce bilan.

L’évacuation de Tokyo envisagée

A quelques jours du funeste anniversaire de l’accident de Fukushima, le 11 mars 2011, les compte-rendus d’experts pleuvent. Mardi 28 février, une commission d'enquête indépendante publie un rapport établissant que l’évacuation de Tokyo avait un temps été envisagée après la catastrophe.

En effet, les autorités auraient travaillé sur un scénario prévoyant la fin de mégapole japonaise. Le porte-parole du gouvernement Yukio Edano, a déclaré aux enquêteurs, peu après l’accident: "J'ai pensé à un scénario diabolique" où les réacteurs nucléaires auraient explosé les uns après les autres. "Si ça arrive, Tokyo est fini", a expliqué y avoir pensé le responsable à l'époque.

Des plans avaient alors été dressés au cas où une immense évacuation de la capitale aurait été nécessaire, à la mi-mars au moment où la maîtrise de la crise nucléaire en cours était encore très incertaine.

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