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L'Usine de l'Energie

"Fukushima impose de repenser tout ce qui a été fait"

Ludovic Dupin

Publié le

Claude Birraux, député UMP de Haute-Savoie et président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, a accompagné l'Agence de Sureté Nucléaire (ASN) lors d'une visite inopinée sur la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le mercredi 30 novembre. Il raconte à L'Usine Nouvelle sa visite, qui a révélé des failles dans la documentation.

Fukushima impose de repenser tout ce qui a été fait © Japan Atomic Energy Agency

L'Usine Nouvelle - La visite inopinée vous a réservé quelques surprises. Que s'est-il passé ?
Claude Birraux - Les opérateurs de la centrale ont été prévenus un quart d'heure avant notre arrivée vers 19h30. L'ASN leur a soumis le scénario suivant : perte de l'alimentation électrique sur la tranche 1 de la centrale et pas de générateur diesel disponible. Un scénario qui rappelle Fukushima. Les opérateurs devaient donc récupérer l'électricité depuis le réacteur n°2. Il a fallu, tout d'abord, réunir l'équipe d'intervention. Cela a pris 25 minutes, un délai normal puisque l'intégrité du cœur n'est pas touchée.

La première surprise a été de constater qu'un des outils nécessaires à l'opération était manquant, une clé dynamométrique qui était en commande. Ensuite, les opérateurs ont constaté un manque d'indications sur les documents d'intervention et sur le bloc électrique. L'équipe s'est donc rendue sur la tranche 3 du réacteur pour y trouver de l'information. Ceci représentant autant de déplacements et d'étapes de contrôle. Ils se sont rendus-compte qu'il y avait une non conformité des instructions à leur disposition.

A ce stade là, nous avons mis fin à l'exercice puisque les agents d'EDF pouvaient correctement relier la tranche numéro 1 à l'alimentation électrique. Nous sommes revenus sur le déroulé des opérations avec le directeur du site et sommes partis vers 2h00 du matin. L'ASN prépare une lettre de suivi pour EDF. Elle sera rendue publique sur le site web de l'agence, comme d'usage.

Cette description est inquiétante. Si l'accident avait été réel, le réacteur aurait été coupé de son alimentation pendant plusieurs heures…
Non, non. Sur les réacteurs français, contrairement au modèle de Fukushima, il y a des ailettes activées par la vapeur qui fournissent une alimentation. Par ailleurs, l'équipe au poste de contrôle a été efficace. Ils ont tout de suite repéré les failles et ont discuté les solutions possibles. Ils n'ont été bloqués à aucun moment.
De plus, ils ont parfaitement "joué le jeu" du scénario imposé par l'ASN. Quand nous avons recroisé l'équipe d'astreinte après le débriefing final, les agents réfléchissaient encore à l'événement et ils nous ont dit qu'ils proposeraient dès le lendemain une réécriture de la fiche d'intervention.

A quoi cela vous sert en tant qu'OPECST de participer à un tel événement et de le médiatiser ?
Nous avons décidé de faire une descente inopinée avec l'ASN pour voir comment cela se passe réellement et rappeler que le post-Fukushima impose de repenser tout ce qui a été fait jusqu'alors. Concrètement, cette visite montre qu'il faut re-balayer toutes les fiches actions et toutes les procédures. Il faut s'assurer que tous les outils, comme cette clé dynamométrique, soient disponibles. Ce type de démarche sert à rappeler que la sureté nucléaire nécessite une vigilance de tous les instants.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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