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L'Usine de l'Energie

Fukushima a besoin de l’aide étrangère

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Dépassé par d’astronomiques quantités d’eau à gérer à Fukushima, Tepco fait appel à l’expertise. Les groupes français qui ont fourni la première unité de décontamination, dès juin 2011, ont une belle carte à jouer.

Fukushima a besoin de l’aide étrangère
Ici Tchernobyl, l’un des sites à risques concernés par la surveillance spatiale.

Mais que fiche Tepco à Fukushima ? C’est un peu ce que tout le monde se demande, à commencer par le gouvernement japonais et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) après un été 2013 catastrophique. L’électricien japonais a été confronté à de nombreuses fuites d’eau contaminée, suffisamment graves pour interdire de nouveau la pêche au large de la centrale accidentée. Une cuve dégradée a laissé fuir 300 tonnes d’eau, un événement classé comme incident grave sur l’échelle internationale des incidents nucléaires. Dans le même temps, Tepco avouait que les estimations de quantités d’eau contaminée ayant rejoint l’océan avaient été sous-évaluées depuis deux ans. Le ministre japonais de l’industrie, Toshimitsu Motegi, est venu constater les faits : " Nous avons autorisé Tepco à s’occuper seul du problème de l’eau contaminée, et ils ont transformé cela en whack-a-mole [ndlr : un jeu d’arcade où l’on tape sur la tête de taupes avec un marteau]. " Tepco ne pouvant plus faire face seul, les autorités japonaises ont fait appel aux expertises étrangères.

Tchernobyl et Fukushima surveillés depuis le ciel

L’agence spatiale ukrainienne et l’université de Tokyo ont signé un accord afin de mener conjointement un programme de surveillance spatiale des rejets radioactifs autour des centrales de Tchernobyl, détruite en 1986, et Fukushima, submergée en 2011. Le projet consiste à déployer en orbite huit petits satellites, de 50 kilogrammes et 60 centimètres de diamètre.

Ils seront conçus par le Japon et mis en orbite par des lanceurs ukrainiens. Ils seront situés à 600 kilomètres d’altitude et prendront des photos des zones autour des centrales toutes les deux heures. Les satellites seront par ailleurs couplés à des sondes de mesure de radioactivité situées au sol. Le déploiement est prévu dès 2014. 

Fuites hautement radioactives à endiguer

Dans les faits, l’électricien japonais a dû gérer deux priorités vitales : refroidir les cœurs des réacteurs et les piscines contenant le combustible usé. Il lui a fallu injecter des quantités gigantesques d’eau dans des systèmes non étanches : 100 mètres cubes par jour pour chacun des trois cœurs endommagés. Cette eau doit être récupérée et traitée. Même décontaminée, la législation japonaise n’autorise pas encore de la déverser dans l’océan. Tepco entrepose des quantités phénoménales : 300 000 m3 aujourd’hui, 700 000 à l’horizon 2015. " La gestion des installations annexes n’a pas été traitée avec autant de rigueur que le refroidissement des cœurs ", analyse Thierry Charles, le directeur de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

REJETS RADIOACTIFS SUR LE SITE

  • Autorisés annuellement avant l’accident 220 milliards de becquerels
  • Au moment de l’accident 100 millions de milliards de becquerels
  • Depuis mai 2011 (post-accident) 30 000 milliards de becquerels

L’expertise internationale viendra en premier lieu des États-Unis, qui fournissent déjà de nombreux robots iRobot. Mais les Français ont une carte à jouer. C’est Areva, grâce à des technologies du CEA et de Veolia, qui a fourni dès juin 2011 la première unité de décontamination d’eau, une semaine avant que l’eau irradiée accumulée dans les bâtiments ne déborde. L’usine traite près de 18 000 mètres cubes d’eau dès juillet 2011. Elle fonctionne jusqu’en septembre, date à laquelle des installations Toshiba prennent le relais.

Aujourd’hui, les Français ont quasiment disparu du site. Seul demeure Areva qui a fourni, avec Kobe Steel, des emballages métalliques pour retirer le combustible usé. L’entreprise réalise aussi, avec le japonais Atox, des études sur l’accès aux zones irradiées et la mesure du niveau d’eau dans les tores, situés sous les cuves des réacteurs 2 et 3. Des discussions sont en cours avec Tepco sur les solutions à apporter pour le retrait et le conditionnement des déchets. Ce volume d’affaires ne satisfait pas Armand Laferrère, le président d’Areva au Japon : " Nous pensons que l’accroissement de notre présence à Fukushima est légitime compte tenu de nos expertises. Nous comptons sur notre partenariat avec le japonais Atox, avec qui nous allons créer un joint-venture. Notre but est de développer des solutions de mesure permettant un accès aux zones les plus contaminées du site. "

Un fonds de 2,7 milliards d’euros

Même enthousiasme chez le CEA à l’idée de retourner sur le site. " Le CEA dispose de nombreuses technologies de décontamination des sols, des composés métalliques, du béton ", explique Jean-Michel Morey, le directeur adjoint de l’innovation et du soutien nucléaire à la Direction de l’énergie nucléaire. " Intervenir à Fukushima est pour Areva une question de responsabilité. C’est un lieu crucial pour l’industrie nucléaire. Il faut que Tepco ait accès à la meilleure solution possible, dans tous les domaines ", renchérit Armand Laferrère, conscient que les événements de l’été nuisent à l’image de l’atome. " L’intérêt de travailler à Fukushima pour nous est de valoriser notre recherche. Cela permet aussi à nos industriels de faire des affaires ", ajoute Jean-Michel Morey. Et des affaires, il va y en avoir. Le gouvernement japonais a décidé de créer un fonds d’urgence doté de 2,7 milliards d’euros. De quoi pousser les grands groupes mondiaux à se battre pour sauver Fukushima !

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