Fuite de vapeur : Lavéra à l’arrêt total

Suite à une fuite de vapeur samedi, le complexe pétrochimique de Lavera (Bouches-du-Rhône) est à l'arrêt total. Un événement rarissime qui n'a fait aucune victime.

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Fuite de vapeur : Lavéra à l’arrêt total

Le site de Lavéra s’est transformé le week-end dernier en immense cocotte minute. Une fuite de vapeur est survenue samedi vers 15h30 suite à la rupture brutale d'une tuyauterie. « Il s’agit d’un coup de bélier » explique Didier Mene, responsable Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE) de Naphtachimie joint par l’Usine Nouvelle.com. Le cadre rappelle néanmoins que l’enquête n’ayant pas encore eu lieu, tout diagnostic sur les causes semble aujourd’hui « prématuré ». L’incident est survenu lors de manœuvres sur le réseau vapeur géré par Naphtachimie, mais utilisé par Inéos, dans un atelier en aval pour lequel la vapeur permettait de « réchauffer les réactions chimiques », explique Didier Mene. Le vacarme étourdissant résultant de l’échappée de l’eau sous pression s’est poursuivi jusqu’à ce matin. La fuite a pu être isolée dans la nuit de dimanche à lundi.

Ineos et Naphtachimie en première ligne

Sur la plateforme de Lavera, Naphtachimie fournit en effet à cinq sociétés l’azote, l’air, la vapeur nécessaires à la marche des ateliers. Géré par Naphtachimie (société commune du Britannique Ineos et de Total Petrochemicals France, TPF), le site de Lavera accueille également Ineos avec une raffinerie en propre et le Français Arkema. Le tuyau sur lequel la fuite s’est produite se situe précisément entre l’entrée de l’atelier d’Inéos et l’arrivée de la fourniture de vapeur en amont par Naphtachimie.

« Il faut enquêter. Chacun doit vérifier de chaque côté de la frontière, inspecter les tuyaux endommagés par la fuite, identifier les dégâts sur les réseaux de Naphtachimie et d’Inéos. Puis réparer », souligne Didier Mene. « Pour l’instant, nous avons à peine pu nous approcher du tuyau », rapporte encore ce dernier. Marc Bayard, directeur de Naphtachimie et responsable du site, cherche d'ores et déjà du côté humain : « C'est probablement lié à des opérations, car l'équipement était parfaitement intègre et les réseaux sont inspectés régulièrement », a-t-il déclaré à l'AFP .

Petite fuite d’éthylène

La priorité a été de sécuriser le site : dommage collatéral plus gênant, l'incident a brièvement provoqué une fuite d'éthylène, potentiellement toxique. Cette fuite causée par le choc de la rupture du conduit de vapeur a néanmoins été rapidement maîtrisé : dans la demi-heure, le circuit d’éthylène était isolé. La vapeur ne présentant pas quant à elle de risques toxiques, les équipes sur place ont procédé à l'arrêt total de la plateforme pétrochimique le samedi en attendant que la canalisation rompue puisse être isolée.

« Cette nuit (dimanche à lundi, ndlr), nous avons pu détourner la vapeur », raconte Didier Mene. Une manipulation complexe : l’incident s'est produit sur un réseau central, touchant pratiquement l'ensemble des installations du site, qui comporte l'un des plus gros vapocraqueurs d'Europe. Il s’agit d’un circuit peu pourvu de vannes. A la différence de l’éthylène, qui « va uniquement là ou les industriels en ont besoin », la vapeur « circule dans tout le réseau, maillé entre les sociétés du complexe pétrochimique », détaille Didier Mene. Les industriels concernés ont donc dû procéder à des montages pour détourner le fluide.

la sécurité pointée du doigt

Certains ateliers ne pourront pas redémarrer tout de suite, en particulier celui d’Inéos où a eu lieu la fuite. Echaudée, la CGT réclame un débat sur la sécurité du site. Depuis le mois de janvier, quatre personnes sont mortes dans des accidents sur les sites de Total, dont deux le 15 juillet sur la plate-forme pétrochimique TPF de Carling dans une explosion qui a fait également six blessés. En août, trois salariés ont été blessés dont deux gravement à l'usine TPF de Gonfreville-l'Orcher. Total a annoncé vouloir terminer d'ici la fin de l'année une large inspection d'une douzaine de ses sites.

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