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Front commun pour la défense d’Alteo à Gardanne

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Le fabricant d’alumines de spécialité Alteo a inauguré le 22 mars à Gardanne (Bouches-du-Rhône) deux nouvelles unités, l’une pour améliorer la qualité de ses produits, l’autre pour purifier à 99,98% ses rejets liquides des composants métalliques. Les institutionnels présents ont martelé tour à tour devant les dirigeants et salariés combien ils saluaient les efforts de l’entreprise pour réduire ses nuisances. 

Front commun pour la défense d’Alteo à Gardanne

Après les dernières semaines très agitées où des associations environnementales l’ont accusé de mille maux et le préfet l’a rappelé à l’ordre, Alteo a connu ce 22 mars une atmosphère plus apaisée à l’occasion de l’inauguration de deux nouvelles unités à Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Son nouvel atelier de production d’alumine "haute pureté" représente un investissement d’1,5 million d’euros pour une capacité de 1 100 tonnes par an. "Il va nous permettre de fournir des produits adaptés aux exigences de pureté de la microélectronique, explique le président d’Alteo, Frédéric Ramé. Nos équipes de R&D ont travaillé trois ans sur ces améliorations pour passer de 99,5 % à un taux de 99,9 % d’alumine, en la débarrassant des éléments de sodium et de silice".

La nouvelle station de traitement de l’eau par injection de CO2 a nécessité, elle, près de 7 millions d’investissement dont 2,5 millions d’euros apportés par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Elle permettra de purifier à 99,98 % les résidus liquides, en les débarrassant de leurs composants métalliques. "Nous étions déjà à 99,7 %, rappelle Frédéric Ramé. Il y a trois ans, nous ne savions pas que nos recherches et expérimentations nous permettraient d’aller aussi loin dans la qualité de l’eau. Ces projets impliquent un énorme travail d’ingénierie et l’appui de partenaires externes. Nous pourrons respecter complètement les seuils et même, faire mieux que la règlementation ne le réclame. Quoi qu’on dise, nous sommes dans un plan d’amélioration continue et accélérée". Cette unité consommera chaque année 6 000 tonnes de CO2 qui ne seront pas émis dans l’atmosphère.

Nouveaux projets en vue

Le dirigeant a confirmé la réalisation d’ici 2020 d’installations de traitement de la demande chimique en oxygène (DCO) et de la demande biologique en oxygène (DBO5) qui lui permettront de traiter les deux derniers paramètres liés à sa dérogation préfectorale.

Quant aux accusations dont l’entreprise a été la cible, il les qualifie de "contre-vérités" en rappelant que depuis cinq ans, le groupe a investi 35 millions d’euros uniquement sur des projets à vocation environnementale. S’il s’est refusé à commenter l’arrêté préfectoral du 20 mars lui réclamant des travaux "sur les eaux de ruissellement provenant des aires de stockage des déchets d’extraction" sur son site d’entreposage des résidus solides "Mange Garri", Frédéric Ramé a rappelé que l’entreprise était suivie scrupuleusement par tous les services de l’Etat et des collectivités. "Il y a eu des contraintes techniques et administratives pour la réalisation des projets relatifs à la gestion des eaux, mais les travaux ont commencé et sont en cours et tout sera fait pour qu’ils soient achevés dans les délais".

"Fake news" et "actions mensongères"

Avant la coupure de ruban des deux unités, les dirigeants et les quelques dizaines de salariés présents d’Alteo auront pu se réjouir des soutiens affirmés des personnalités présentes, même du représentant du Préfet. Nicolas Dufaud, secrétaire général adjoint de la Préfecture des Bouches-du-Rhône, a insisté sur l’attitude de "transparence" de l’industriel dans ses efforts d’amélioration, en arguant que "la transparence n’est pas l’exposition continue de "fake news" sur la place publique". Le député écologiste de la circonscription, François-Michel Lambert, n’était pas le moins agacé par les dernières manifestations associatives de ZEA, EELV ou José Bové. "Leurs arguments sont faux, les analyses le démontrent. Les 500 opposants du week-end dernier ont provoqué plus de pollution en venant avec leurs voitures qu’un mois d’activité d’Alteo. Que veulent-ils ? Si Alteo ferme son usine et que ses alumines de spécialité sont fabriquées en Guinée ou en Turquie, est-ce que ce sera dans de meilleures conditions sociales et environnementales ? Même s’il peut toujours aller plus loin, plus vite pour mieux faire, il faut défendre Alteo face aux actions mensongères".

Engagements financiers pour solutions innovantes

Yves Picoche, directeur des interventions et actions de bassin de l’Agence de l’Eau RMC, a souligné que l’agence avait abondé pour plus de 14 millions d’euros aux investissements environnementaux réalisés par le groupe ces dernières années. La CCI Marseille Provence, de son côté, œuvre pour trouver des pistes de valorisation à la "Bauxaline", le résidu solide issu des procédés instaurés pour stopper les rejets en mer de "boues rouges". "Alteo a su rester en Provence au lieu de choisir la facilité d’aller ailleurs chercher des réglementations plus souples. Il a pris des virages pour s’adapter et s’améliorer, malgré les contraintes et les procès d’intention. Cela, c’est une attitude économique, écologique et responsable," souligne Jean-Luc Chauvin, président de la CCI.

Même le président du Parc national des calanques à Marseille, Didier Réault, pourtant premier concerné par les impacts des rejets en mer, salue le comportement de l’industriel. "Le comité de suivi mis en place a permis que l’Etat fasse le travail de contrôle qu’il n’avait jamais effectué sous Péchiney ou Rio Tinto, dit-il. Le Parc a mis la pression et nous avons eu en face des interlocuteurs mobilisés, motivés, qui ont su mettre des moyens avec l’Agence de l’Eau dans des solutions innovantes. Aujourd’hui, les résultats des rejets sont conformes, la pollution en métaux lourds est traitée. Je préfère les faiseurs que les diseurs". Alteo emploie à Gardanne 480 salariés pour un chiffre de 240 millions d’euros en 2018.

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