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French Tech, un Cocorico planétaire

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Analyse En trois ans, le label french tech a rallié tous les entrepreneurs français et fait le tour du monde. Il lui faut maintenir sa dynamique.

French Tech, un Cocorico planétaire
Lancée en novembre 2013, la french tech, dont Paris a été désigné d’office comme la capitale, a pour mission d’identifier les territoires les plus favorables au développement des start-up. Fin 2014, à l’issue d’un appel d’offres qui a suscité un large engouement, neuf métropoles ont été labellisées. Quatre nouvelles villes se sont ajoutées en juin 2015. Évaluées au début de l’année, elles ont toutes vu leur label confirmé par Emmanuel Macron, le 25 juillet dernier.

En lançant le label french tech, le 27 novembre 2013, Fleur Pellerin, alors ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, avait-elle pressenti le succès de cette initiative ? Avait-elle imaginé que le coq rose, symbolisant l’écosystème de start-up français, deviendrait connu comme le loup blanc ? Trois ans plus tard, Paris, treize autres métropoles et quatre territoires ont reçu ce label qui a suscité tant d’engouement [voir la carte]. À l’étranger, douze villes ont, elles aussi, reçu la précieuse estampille valorisant le dynamisme des start-uppers tricolores qui s’y sont installés : San Francisco bien sûr, mais aussi New York, Montréal, Londres, Barcelone, Abidjan, Le Cap, Israël, Moscou, Hongkong, Séoul et Tokyo. À peu près autant de villes devraient être labellisées d’ici à la fin du mois d’octobre, nous a-t-on confié au ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

Dotée de seulement 15 millions d’euros issus du Programme d’investissements d’avenir (PIA) pour améliorer « l’attractivité internationale » des start-up hexagonales, l’initiative french tech a plus que rempli sa mission. « Il y a par exemple maintenant des articles sur la France dans TechCrunch [un site d’information américain sur les start-up, ndlr] très régulièrement, chose inimaginable il y a trois ans », remarque David Monteau, le président de la mission. Le secret ? Mettre en valeur l’existant et forcer localement entrepreneurs et institutions à se parler pour monter les dossiers et espérer obtenir le label. Ce dispositif, « les entrepreneurs se le sont approprié, et c’est la plus grande réussite de ce projet », soulignait, le 28 septembre, Christophe Sirugue, le secrétaire d’État chargé de l’Industrie. « Le coq rose en origami a créé chez beaucoup un sentiment d’appartenance et ça, c’est fort ! », observe de son côté Jean-David Chamboredon, le président du fonds d’investissement Isai et coprésident de l’association France Digitale.

L’équipe de France à Vegas

C’est au CES de Las Vegas, la Mecque de la tech où se retrouvent chaque année les start-up du monde entier, que l’effet french tech a été le plus visible. Alors qu’elle ne comptait que 80 entreprises en janvier 2014, la délégation française en avait 120 en 2015 et 210 cette année. La France est devenue une « start-up nation », comme aime à le répéter Axelle Lemaire, la secrétaire d’État au Numérique et à l’Innovation. « L’impact est plus important à l’export qu’en interne », analyse Xavier Niel, qui assure qu’il « ne connaît pas d’équivalent aussi fort dans d’autres pays ». Pour tirer parti de cette attractivité et nourrir l’écosystème, les services du ministère de l’Économie ont mis en place le french tech ticket, un dispositif d’accueil pour les entrepreneurs étrangers. 23 start-up se sont ainsi installées à Paris en janvier. 70 autres arriveront début 2017 et seront réparties dans les métropoles french tech.

Au-delà de cette visibilité, des leviers plus discrets soutiennent cet écosystème. Les bourses french tech aident les entrepreneurs à se lancer, en leur accordant entre 10 000 et 30 000 euros selon leur projet. Bpifrance en a financé 655 en 2015. La même année, 48 entreprises en hypercroissance ont pu bénéficier du Pass french tech. 66 entreprises l’ont obtenu en 2016 (dont 45 hors de l’Ile-de-France). AB Tasty l’avait déjà reçu en 2014 alors qu’il était encore en version bêta et s’appelait Fast Track. Sa cofondatrice et présidente, Alix de Sagazan, fière d’être « la seule à l’avoir eu trois fois » ne tarit pas d’éloge sur ce coup de pouce : « Tout devient plus facile avec ce pass. Nous avons obtenu un prêt Bpifrance en un mois quand la procédure classique en prend six, reçu une aide de la Coface très rapidement, été sélectionnés pour le programme Ubi i/o à New York… » Enfin, le fonds French tech accélération dispose de 200 millions d’euros du PIA pour investir dans des accélérateurs. « Ce fonds a généré de nombreuses initiatives créant un environnement d’accompagnement de l’entrepreneur très “early stage” qui est favorable », estime Jean-David Chamboredon.

Querelles de clocher

Mais tout n’est pas aussi rose que le coq. Si à l’international, la french tech apparaît soudée, dans l’arène nationale, chaque métropole labellisée cherche à briller davantage que sa voisine. Les acteurs publics impliqués ont des préoccupations de marketing territorial et veulent exister. « L’architecture est bonne. Mais les métropoles french tech en région n’ont pas très envie d’être connectées à Paris », regrette ainsi le patron d’Isai, que les neufs réseaux thématiques [lire l’encadré] labellisés en juillet laissent dubitatif. Cette nouvelle labellisation pour embarquer toujours plus de monde et se défaire un peu d’une image très numérique n’a pas eu le retentissement des précédentes.

Voilà sans doute le plus grand défi de la mission french tech : faire perdurer cette dynamique. « La maturation d’un écosystème de start-up prend du temps, affirme David Monteau. Des dispositifs comme le french tech ticket ou les french tech hubs doivent s’inscrire dans la durée. Nous arrivons aussi à un moment où tout l’écosystème doit se demander que faire maintenant pour accélérer encore et avoir encore plus d’impact. » La french tech pourrait par exemple élargir ses actions de mise en valeur aux initiatives de transformation numérique des PME, sur la base des travaux réalisés par le Conseil national du numérique (CNNum)…

La présidentielle de 2017 ne tuera pas la french tech. Tous les candidats déclarés s’accordent sur le fait que son bilan est très positif. « C’est une initiative qui ne coûte rien ou presque et qui s’est montrée fructueuse en mettant en réseau des gens qui ne se connaissaient pas et en leur donnant une visibilité internationale », souligne Alain Juppé, qui assure en avoir vu les effets à Bordeaux. Qui serait assez fou pour tuer une marque française qui s’est imposée dans le monde en moins de trois ans ?

 

Neuf réseaux thématiques

Le 25 juillet, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a annoncé la labellisation de neuf réseaux thématiques de la french tech visant à fédérer les start-up de l’ensemble du territoire travaillant sur un même sujet.

#HealthTech implique 9 des 13 métropoles et 15 écosystèmes, du pôle de compétitivité Cap Digital aux associations d’entrepreneurs comme France Biotech.

#IoT #Manufacturing mobilise 9 des 13 métropoles french tech et 7 écosystèmes, dont Angers, ville d’accueil de la Cité de l’objet connecté, et Usine IO, l’accélérateur de projets hardware à Paris.

#EdTech #Entertainment compte 8 métropoles french tech et 7 écosystèmes axés sur la culture, comme Avignon-Provence French Tech et le Syndicat national du jeu vidéo.

#CleanTech #Mobility fédère 7 métropoles french tech et 8 regroupements d’entreprises, dont Cleantech Open France et le pôle de compétitivité parisien Systematic.

#FinTech regroupe 3 métropoles french tech Brest+, LornTech et Montpellier, le pôle Finance Innovation et l’association France Fintech.

#Security #Privacy rassemble les french tech Rennes Saint-Malo, Montpellier et Côte d’Azur, ainsi que l’association Hexatrust.

#Retail réunit les 4 métropoles french tech Lille, Bordeaux, Nantes, Toulouse et l’association Fevad.

#FoodTech rallie les 4 métropoles french tech Brest, Rennes Saint-Malo, Montpellier et Lyon, et a été très portée par l’écosystème dijonnais.

#Sports concentre les 4 métropoles french tech Normandy, Aix-Marseille, in the Alps et Montpellier, ainsi que l’écosystème de Reims et La Ocean Tech du littoral basco-landais. 

 

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