Freiner fort, mais pas trop

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Freiner fort, mais pas trop

Rien ne résume mieux les dilemmes de la politique économie en période de crise, que l’effet de la prime à la casse automobile. Comme l’avaient prévus les économistes, et comme l’anticipaient les experts du ministère de l’Economie qui ne sont pas ignorants de ces matières, la fin de la prime à la casse a un effet récessif sur la production industrielle. Celle-ci a baissé de 0,3 % le mois dernier, quand l’activité automobile reculait de 7,2 %. Les effets positifs de la mesure en 2009 sont contrebalancés par le recul ultérieur des ventes d’automobiles.

C’est le dilemme des gouvernements aujourd’hui. Réduire les dépenses, les aides et autres subventions pour se désendetter est incontestablement le signe d’une gestion rigoureuse. Mais gare à ne pas inverser les gaz trop rapidement, le remède pouvant être pire que le mal. Le risque de déflation est toujours là, si on en croît, Martin Wolf,l’éditorialiste vedette du Financial Times, repris chaque semaine par le Monde. Selon lui le monde occidental devra godiller entre deux risques : un scénario grec(où l’accumulation de dette oblige à réduire drastiquement les dépenses publiques) ou un scénario japonais (où la déflation s’installe sans que rien n’arrive à relancer la machine).A l’en croire, rien ne serait plus dangereux qu’une multiplication des plans de rigueur, comme celui que vient de mettre en place l’Allemagne et tel que cela semble se dessiner dans toute la zone euro.

100 milliards à trouver d’ici à 2013

La chute du moral des ménages allemands montre l’ampleur du danger des plans de rigueur. Si les économistes savent que trop de dépenses publiques peuvent évincer la dépense privée – notamment d’investissement – il apparaît de plus en plus qu’un coup de frein trop rapide de la dépense publique peut aussi inhiber les dépenses de consommation dans un premier temps : c’est une sorte de multiplicateur à l’envers. A terme, l’assainissement financier produira ses effets. En économie, le plus grand risque est souvent de mourir guéri.

Il n’empêche, après un dîner annulé, Paris et Berlin se sont mis d’accord. Les Etats membres devront être plus respectueux des critères dits de convergence : les mauvais élèves, les plus laxistes, perdront leur droit de vote au sein du conseil.

La France, dont le déficit n’est vraiment pas exemplaire, devrait donc suivre l’exemple allemand. Le Premier ministre, François Fillon l’a dit : les déficits devront être réduits de 100 milliards, la France s’étant engagée à ramener les déficits de 8 % du Pib prévus cette année à 3 % d’ici à 2013. Les plus observateurs remarqueront que l’objectif est repoussé à après 2012, l’année de l’élection présidentielle et législative, ce qui n’est sûrement pas innocent.

Pour les observateurs, l’attitude de Laurence Parisot est intéressante. Lors de son point presse mensuelle, la présidente du Medef a certes défendu les subventions dont bénéficient les entreprises. Toutefois, a-t-elle estimé « ce n’est pas le moment d’envisager des dépenses publiques nouvelles », alors qu’on lui demandait si elle souhaitait un soutien pour le développement du tutorat des seniors ou d’exonérations de charges pour l’emploi de ceux-ci.

Et le monde dans tout ça ? - Il tourne


Une fois encore le solde du commerce extérieur français est déficitaire en avril de 3,5 milliards d’euros. Paradoxalement, Vladimir Poutine, de passage à Paris dans le cadre de l’année franco russe, regrettait une présence insuffisante des entreprises françaises au pays de Michel Strogoff, ce personnage russe inventé par le français Jules Verne. La part de marché de la France n’était que de 3,8 % en 2008, celle-ci se classant au rang de neuvième fournisseur de la Russie. C’est dire si il existe des réserves de croissance pour les entreprises françaises. Il est vrai qu’il est plus simple de tancer l’Allemagne pour ses succès à l’exportation que de mettre en place les conditions idoines pour transformer les entreprises françaises en champions de l’export.

Christophe Bys



Christophe Bys Grand reporter management, ressources humaines
Christophe Bys

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