Frédéric Saint-Geours, grand commis de PSA

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Frédéric Saint-Geours, grand commis de PSA

Actualisation : Frédéric Saint Geours a retiré sa candidature après sa défaite à la primaire de l'UIMM. Il n’en demeure pas moins le président du syndicat des métallurgistes.

Depuis le 12 mars dernier, il n'a plus de poste opérationnel chez PSA, il est "chargé de mission" auprès de Philippe Varin. Voilà qui lui laisse les mains libres.

"La présidence du Medef, pourquoi pas moi ?", s’est dit ce fils et frère d’énarque. Débutant en cabinet ministériel, Frédéric Saint-Geours aurait pu devenir un grand commis de l’État. Il a bifurqué vers l’industrie automobile. Il mène adroitement sa carrière chez PSA, une entreprise où le poids de la famille actionnaire rend la politique incontournable. Il est financier, puis directeur général de la marque Peugeot de 1998 à 2007. Il n’a pas la légitimité technologique et industrielle du clan des ingénieurs pour renverser la table et, en 2007, Christian Streiff le met au placard lorsqu’il croit que la famille Peugeot lui laisse les mains libres.

Son job : chargé de mission auprès de Philippe Varin

C.A. 2012 : 38 milliards d’euros

Mandataire social d’une entreprise de 200 000 salariés

 

Il rejoint l’Union de la Métallurgie, où ses qualités pour le dialogue social sont reconnues, et remet de l’ordre dans les comptes après le scandale des caisses noires. Affable et efficace, il est très apprécié à l’UIMM où il forme un bon tandem avec le délégué général Jean-François Pilliard. Son organisation a ainsi pu continuer de mettre son expertise social au service du Medef en récupérant peu à peu présidence de commission et grand mandat. Ce qui ne l’a pas empêché d’être le premier président d’une grande organisation professionnelle à s’insurger contre le projet de Laurence Parisot de modifier les statuts.

Son parcours professionnel ne cadre toutefois pas forcément avec l’image idéal que se font nombre de patrons de PME de celui qui pourrait les représenter. "Saint-Geours, ce n’est pas un entrepreneur mais un cadre dirigeant… Cela n’a rien à voir", affirme un haut gradé de PSA qui l’a bien connu. En 2011, il a perçu 1 266 000 euros, mais cette rémunération a dû baisser de moitié l’an passé, car le directoire ne se verse plus de variable depuis l’exercice 2011. Cette attitude, dont l’éthique est à souligner car elle ne coure pas dans tous les états-majors, est motivé par la situation délicate de son entreprise. Une autre petite casserole à traîner aussi.

Il voulait annoncer sa candidature aux adhérents de l'UIMM avant de se déclarer publiquement. C'est ce qu'il a fait au cours d’un bureau et d’un conseil d’administration de l’UIMM ce jeudi 4 avril. Le soir même, il annonce officiellement sa candidature dans une interview donnée au Figaro.

Mais le 18 avril Frédéric Saint-Geours se retire finalement de la course à la présidence du Medef. Les métallurgistes ont été clairs : Pierre Gattaz sera le candidat de l'UIMM en juillet prochain lors de l'élection pour succéder à Laurence Parisot.

Anne-Sophie Bellaiche

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