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François Rebsamen veut "protéger" les travailleurs

Cécile Maillard , ,

Publié le

Le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social a fait sa première sortie publique lundi 7 avril, en fin de journée. Organisations syndicales et patronales lui ont fait part de leurs attentes sur le pacte de responsabilité que doit détailler le premier ministre ce mardi après-midi.

François Rebsamen veut protéger les travailleurs © Parti Socialiste - Flickr - CC

Pour un ministre du Travail qui débarque dans l’univers du dialogue social, François Rebsamen a su trouver le mot qu’il fallait pour s’attirer les bonnes grâces des organisations syndicales : "travailleurs". "J’aurai à cœur d’être tout à la fois un ministre qui protège les travailleurs et prenne en compte l’emploi, a-t-il déclaré sur le plateau d’un colloque du groupe Alpha (Secafi, Sodie) consacré au pacte de responsabilité, lundi 7 avril, en fin de journée à la Mutualité, à Paris. Car derrière les courbes qu’on n'inverse pas pour le moment, il y a des hommes et des femmes, des jeunes et des seniors." "Ca fait du bien d’entendre un ministre du Travail parler de travailleurs !", a immédiatement salué Jean-Claude Mailly, patron de Force ouvrière, qui avait déjà rendu hommage à François Rebsamen lors de sa nomination.

Le nouveau ministre, qui ne pouvait pas dire grand-chose à la veille du discours de politique générale du chef de son gouvernement, a ajouté qu’il allait "mettre ses pas dans ceux de Michel Sapin" et "amplifier le dialogue social engagé, dont les effets positifs vont se faire sentir pour les entreprises et pour les salariés". Afin de réhabiliter "ce beau mot de compromis social". Il dit avoir toujours été frappé par "l’intelligence des salariés, des travailleurs, sur leur entreprise et perdue à tort" par des employeurs qui ne l’utilisent pas assez. Deuxième petite note de musique douce aux oreilles des organisations syndicales...

Manuel Valls attendu au tournant

C’est peu dire que la belle brochette de représentants syndicaux présents (Jean-Claude Mailly pour FO, Laurent Berger pour la CFDT, Philippe Louis pour la CFTC, Thierry Lepaon pour la CGT) et patronaux (Jean-François Pilliard pour le Medef) attendent avec impatience les annonces de Manuel Valls sur le pacte de responsabilité.

Jean-François Pilliard rappelle que le Medef espère "des actions en faveur d’un allègement du coût du travail et un investissement dans le champ de la simplification", car si "le coût du travail est un élément de la compétitivité, il y en a des tas d’autres, dont la capacité à avoir des relations sociales constructives". Il se montre critique sur la politique d’aides aux bas salaires, "qui encourage les bas salaires" et représente "une régression sociale ".

Dans le pacte, le représentant patronal accepte l’idée sinon de contreparties, du moins d’engagements de la part des employeurs : "Si l’Etat apporte sa contribution en créant un environnement plus favorable pour les entreprises, il est légitime qu’elles s’engagent sur des objectifs en termes d’emploi et de dialogue social. (…) Si les annonces du Premier ministre sont en adéquation avec nos attentes, nous serons capables de mobiliser nos branches et nos entreprises."

Compétitivité et aides publiques

Jean-Claude Mailly récuse la logique même du pacte. "On ne peut exiger des contreparties que quand il y a des aides ciblées, or là nous parlons de mesures d’ordre général", dit-il. Philippe Louis appelle à "ne pas dévaloriser le pacte de responsabilité. Ce n’est pas un cadeau aux entreprises, mais une responsabilisation des entreprises". Pour Laurent Berger, "le pacte n’est pas une méthode miracle, mais il peut y avoir quelques leviers à actionner (…) parce que oui, il y a un problème d’investissement et de compétitivité. La compétitivité concerne aussi les salariés parce qu’elle concerne leur emploi".

Thierry Lepaon porte, lui, une très ancienne revendication de la CGT : la mesure de l’efficacité des aides publiques aux entreprises. "Certaines ont besoin d’être aidées, et même plus qu’aujourd’hui, d’autres non, souligne-t-il. On est passé d’une politique d’aides à une politique de droits, c’est une erreur. "

François Rebsamen écoute et prend des notes. Pour un ministre nouvellement nommé, l’initiation aux positions des uns et des autres est idéale ! "C’est par le dialogue social qu’on arrivera à faire du ministère du Travail le ministère des solutions", conclut-il. Pour le moment, c’est surtout du Premier ministre que les partenaires sociaux attendent des solutions...

Cécile Maillard

 

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