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L'Usine Agro

François Morinière, in vino veritas

Publié le

Après avoir dirigé « L’Équipe » pendant six ans, François Morinière, catholique pratiquant, a tout quitté pour rebondir et connaître « une vraie aventure entrepreneuriale ». Il dirige Œneo, une PME leader de la tonnellerie.

François Morinière, in vino veritas
Changer de travail me permet aujourd’hui de retrouver de l’énergie en inventant une nouvelle page de ma vie.
© pascal guittet

Après six années passées à diriger le groupe de presse L’Équipe, une nouvelle vie commence pour François Morinière. Dans son bureau, avenue des Champs-Elysées, ce quinquagénaire souriant, rompu aux méthodes de communication, a pris en décembre dernier la tête d’Œneo, le leader français des tonneaux et bouchons en liège pour le vin. Une décision qu’il dit avoir prise seul, sans la pression de son ancien actionnaire. « J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon travail, après avoir transformé L’Équipe en un groupe plurimédia », explique ce natif de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Six années « passionnantes ». Mais aussi difficiles, en raison « des bouleversements que connaît la presse ». « L’Équipe » ne fera pas l’économie d’un plan social en 2013.

Retour aux sources

Son meilleur souvenir professionnel, il le doit à cette filiale du groupe Amaury. « Le passage de notre chaîne L’Équipe 21 sur la TNT gratuite a été une immense victoire récompensant trois ans de travail », affirme-t-il. « François est une personne enthousiaste qui a une grande éthique. Il ne peut pas rester dans une activité quand il est en désaccord », estime son ami Nicolas de Tavernost, le président du directoire du groupe M6.

En quittant L’Équipe, il n’a pas de perspective professionnelle immédiate. Il songe à créer ou racheter une entreprise, quand il est « chassé » par un recruteur. Il choisit de rejoindre Œneo, une PME de 152 millions d’euros de chiffre d’affaires, ancrée dans le secteur du vin. Un retour aux sources en quelque sorte, après être passé des skis Rossignol à des multinationales comme le semencier Monsanto et le publicitaire Viacom. « J’avais besoin de rebondir et souhaitais connaître une vraie aventure entrepreneuriale, ce qui était impossible chez Amaury », tranche cet homme marqué par un drame familial. En juillet 2013, l’aînée de ses quatre enfants, Sophie, alors âgée de 21 ans, est victime d’un accident de la route dans un autocar en Guyane, alors qu’elle se rend aux Journées mondiales pour la jeunesse (JMJ), au Brésil. « Cela a changé définitivement ma vie, et fait relativiser énormément de choses. On a l’illusion de tout maîtriser et, tout d’un coup, on perd tout contrôle. Changer de travail me permet aujourd’hui de retrouver de l’énergie, en inventant une nouvelle page de ma vie », confie-t-il.

Ce fervent catholique va trouver la force de se reconstruire dans la religion. « Ma relation avec Dieu s’est renforcée. La certitude de l’existence d’une vie éternelle me permet de me raccrocher au fait que je reverrai Sophie », déclare-t-il. La rencontre avec la famille Hériard-Dubreuil, propriétaire du groupe de spiritueux Rémy Cointreau, mais aussi d’Œneo, arrive à point nommé pour ce passionné de vins, dont les préférences vont au Condrieu, un vin du Rhône. « Le projet d’Œneo est intéressant. J’ai été séduit par la vision à long terme et les valeurs de la famille Hériard-Dubreuil [qui possède 62 % du capital depuis le printemps 2013, ndlr] », souligne François Morinière. Connu pour ses bouchons Diam ou la tonnellerie Seguin-Moreau, la PME vend plus d’un milliard de bouchons en liège chaque année, sur les 9 milliards fabriqués dans le monde. Et bientôt 1,7 milliard grâce à un investissement en cours de plus de 30 millions d’euros, dans l’usine de Céret (Pyrénées-Orientales).

Grande loyauté

Pour s’imposer dans un nouvel environnement, François Morinière préfère déléguer et garder les équipes en place. Il fait confiance. Un peu trop parfois. « Il est vif, intelligent et humble. Il est d’une grande loyauté, mais il n’est pas toujours assez méfiant. Il faudrait qu’il filtre un peu plus », affirme son ami de plus de vingt ans, Éric Surdej, le directeur général de la Fnac en Espagne et ancien patron de LG France. Victime, selon ses propres mots, de « trahison » de la part d’anciens collègues, il n’hésite pourtant pas à sanctionner. Son objectif pour Œneo est de développer le groupe et de le diversifier vers des nouvelles technologies. La PME a déjà racheté l’été dernier les sociétés Vivelys, dédiée à l’ingénierie du vin, et Boisé France, spécialisée dans les produits boisés pour l’œnologie. « Nous pouvons apporter de la solidité financière à des PME qui ont des brevets et des solutions innovantes », affirme le nouveau directeur. Un plan stratégique sera présenté au printemps.

En quelques mots
 

Sensible Ses amis le décrivent comme un homme sensible et attentionné envers ses proches. Les relations personnelles sont prioritaires pour lui.

Mélomane Passionné de musique classique, il regrette que la salle Pleyel en soit privée depuis l’ouverture de la Philharmonie de Paris. « C’est une négation de l’histoire », selon lui.

Adaptable Des skis Rossignol au vin chez Œneo, en passant par Monsanto et la presse, il change facilement de métier et de secteur.

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