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L'Usine de l'Energie

François Hollande sans concessions pour les gaz de schiste et le nucléaire

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Dans son discours d’ouverture de la conférence environnementale, à Paris, le chef de l’Etat a ouvert de nombreuses  pistes de réflexion sur la fiscalité écologique, la gouvernance, la biodiversité… Il a surtout annoncé la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2016 et le rejet de sept permis d’exploration pour les gaz de schiste.

François Hollande sans concessions pour les gaz de schiste et le nucléaire © Travel Aficionado - Flickr - C.C.

Sommaire du dossier

La décision semble définitive.  Au grand ravissement des manifestants anti-gaz non conventionnels réunis devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), François Hollande a enterré l’exploitation des gaz de schiste en France pour au moins cinq ans.

Dans son discours d’ouverture de la conférence environnementale, le chef de l’Etat a annoncé qu’il avait "demandé à Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie de prononcer sans attendre le rejet des sept demandes de permis déposés auprès de l’Etat  (…). S’agissant de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, telle sera ma ligne de conduite tout au long de mon quinquennat ".

Les sept permis évoqués sont ceux de Brignoles (Var), Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne), Montélimar-extension (Drôme), Lyon-Annecy (Savoie), Valence (Drôme), Montfalcon (Isère) et Cahors (Lot). Le président justifie sa décision : "Personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schistes (…) est exempte de risques lourds".

Du côté des pétroliers et du Medef, c’est le choc ! Laurence Parisot, présidente de l’organisation patronale, qui se disait prête à défendre les gaz de schiste, s’énerve : "La transformation écologique ne peut pas se faire sans la richesse économique. Je ne veux pas que la France se prive d’un atout majeur. Il y a des innovations technologiques tous les ans. On ne peut pas se fermer la porte."

" L’urgence était de clarifier la position du gouvernement sur les gaz de schiste. Le but de cette conférence n’a jamais été de faire un débat sur ce sujet", décrypte un conseiller de l’Elysée. Pour mémoire, Delphine Batho, clairement opposée à cette exploration, s’était opposée à Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, au début de l’été, alors que celui-ci voulait rouvrir le débat.

Un calendrier pour la fermeture de Fessenheim

Très attendu par les ONG écologistes, François Hollande a annoncé une date précise pour la fermeture du la centrale alsacienne : "La centrale de Fessenheim, qui est la plus ancienne de notre parc sera fermée à la fin de l’année 2016 (…). Nous devons en faire un exemple de démantèlement."

Pour le Président, cette décision s’inscrit dans le projet de ramener la part de l’électricité d’origine nucléaire de 75 à 50 % à l’horizon 2025. Le chef de l’Etat a pris soin d’affirmer sa volonté de "moderniser notre énergie nucléaire." En coulisses, plusieurs ONG regrettent déjà que la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) ne soit pas programmée pour 2013.

Là encore, l’Elysée se justifie. L’arrêt de Fessenheim nécessite qu’on branche sur le réseau électrique de nouvelles sources de production. Or, en 2016, l’EPR de Flamanville (Manche) devrait entrer en production.

Enfin, la reconversion du site demande la mise en place d’un dialogue entre les différents acteurs. François Chérèque, le patron de la CFDT, juge que "le Président a donné une date qui laisse du temps. D’ici là, il faut réfléchir à comment former les hommes et les femmes du nucléaire à d’autres activités dont l’économie verte".

Le second appel d’offres éolien offshore

Pour François Hollande, la transition écologique repose sur deux principes : "L’efficacité énergétique et la priorité donnée aux énergies renouvelables." Un deuxième appel d’offres sur l’éolien offshore sera lancé d’ici la fin de l’année. Et un autre concernera les grandes installations solaires. La conférence environnementale a également pour but de définir des mesures de simplification des règles administratives, de stabilité des aides et de soutien à l’innovation.

François Hollande a estimé que les économies verte, sociale et solidaire sont créatrices de richesses et d’emplois. Mais les arguments ne tiennent pas pour Laurence Parisot : "Ce qui nous préoccupe, c'est que le Président a mis de côté le modèle économique qui peut aller avec les objectifs qu'il a fixés".

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1 commentaire

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14/09/2012 - 22h10 -

Par son discours à la conférence environnementale, Hollande vient d'annoncer la multiplication par 2 ou 3 du prix de l'électricité dans les 5 ans à venir. Ce facteur 2 ou 3, et plus, est déjà celui pratiqué par EDF pour racheter l'électricité des panneaux solaires et des éoliennes; il est de plus notoire que l'électricité des éoliennes en mer coutera encore plus cher. Pour camoufler cette augmentation qui va fortement grever le pouvoir d'achat des français, Hollande a demandé à son ami le sénateur Brottes de mettre au point un système de tickets de rationnement de l'énergie se traduisant par une loi, type usine à gaz, sur les bonus-malus attribués aux particuliers utilisateurs d'énergie électrique et autres. Le malus sera appliqué immédiatement dès que l'on dépassera l'allocation de KwH attribuée par le gouvernement, ce qui sera assimilé à du gaspillage. Il faut lire (discussion à l'assemblée du 6-09-2012) l'introduction à la loi rédigée par Brottes pour prendre pleinement conscience de la soviétisation de la société dans laquelle nous entraine ce gouvernement. J'extraie cette phrase du pathos de cette présentation: "Le premier objectif est d’accélérer la transition énergétique. Celle-ci ne se fera pas sans une diminution de l’énergie consommée par les ménages". Tout est dit, tous nos maux viennent du fait que les français consomment trop d'énergie! et pour consommer moins, c'est comme pour les cigarettes, il suffit d'augmenter fortement le prix. Sauf, bien évidfemment, pour les personnels d'EDF, actifs et retraités qui continueront à payer l'électricité à 10% de son prix, et continueront donc à gaspiller allègrement. La politique énergétique de Hollande est digne de l'ancienne URSS, dont il a étudié les principes quand il était étudiant à l'ENA. Depuis, le mur de Berlin est tombé, il devrait se recycler
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