François Hollande promet un soutien aux investissements de STX

Le chantier STX France à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) dont l'activité est au plus haut a reçu le 13 octobre la visite du président de la République. Devant les salariés, François Hollande a indiqué que l'État prendrait ses responsabilités en tant qu'actionnaire et en soutien aux investissements.

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Dernier grand chantier naval civil, STX France, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), est un passage obligé pour tout président de la République. En général, ces visites présidentielles interviennent quand l'activité du chantier est au plus haut. C'est le cas le mardi 13 octobre pour François Hollande. STX France, qui emploie 2 400 salariés, affiche un carnet de commandes de six grands paquebots auxquels s'ajoutent trois options, ce qui lui assure une visibilité jusqu'en 2020. Ce niveau d'activité vient d'être rehaussé par des marchés dans le domaine de l'éolien offshore. Dans ce domaine, deux contrats portant sur 50 et 100 millions d'euros ont déjà été signés, a rappelé Laurent Castaing, le directeur général de STX France.

Etat actionnaire

François Hollande a donc parcouru cet après-midi le chantier, visitant les ateliers de découpe de tôle, s'extasiant devant le nouveau grand portique d'une capacité de 1 400 tonnes et admirant l'Harmony of the Seas, le plus grand paquebot du monde, actuellement en construction à Saint-Nazaire. Le président a également rencontré les syndicats. Le représentant de la CGT a un peu refroidi l'ambiance en refusant de serrer la main de François Hollande, évoquant "la violence patronale" dans le dossier Air France et les 40 licenciements en cours sur le chantier lorientais de STX, annexe de Saint-Nazaire.

De son côté, la CFE-CGC a posé la question de l'actionnariat de STX France, le chantier étant détenu à 33,3% par l'Etat français et à 66,6% par STX Europe, filiale du groupe sud-coréen STX Shipbuilding, lequel entend se désengager du chantier, bien que la procédure soit aujourd'hui à l'arrêt. "Si cette cession doit se faire, il y a deux écueils à éviter, a expliqué François Janvier, de la CFE-CGC. Le premier serait de trouver un actionnaire par défaut, sans stratégie pour notre entreprise, forcé de nous reprendre et qui n’aurait de cesse de nous céder à son tour. Le second serait un accord déséquilibré avec un groupe concurrent étranger, de forte taille, intéressé par notre seul carnet de commande."

Le syndicat désigne là, sans le nommer, l'italien Fincantieri. "Je m'engage à ce que l'État prenne ses responsabilités", a répondu François Hollande, évoquant l'hypothèse où l'actionnaire actuel serait défaillant ou celle d'un repreneur qui ne serait pas conforme aux intérêts du chantier.

4 millions d'euros en R&D

Lors d'un bref discours, devant une assemblée de casques blancs, François Hollande a indiqué que l'Etat continuerait à soutenir les investissements du chantier naval. Il a mentionné une aide de 4 millions d'euros, dans le cadre du programme des Investissements d'avenir, en faveur du programme de R&D Genesis Plus, visant à créer le paquebot du futur. Il évoqué le projet de l'agrandissement d'un espace de prémontage.

Le président a aussi mentionné le projet urbain d'une déviation du boulevard des Apprentis, une rue bordée d'entreprises industrielles, afin d'améliorer les flux sur la zone industrialo-portuaire de Saint-Nazaire-Montoir. "Et bien, on déplacera le boulevard des apprentis, à condition qu'il y ait encore des apprentis à venir, a lancé le président. Tous ces investissements seront soutenus par l'Etat."

François Hollande s'est par ailleurs félicité de la vente des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral à l'Egypte, un pays "qui ne menaçait personne", a-t-il souligné, contrairement à la Russie. "STX ne perdra pas un centime dans l'opération."

Emmanuel Guimard

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