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François Hollande inaugure la première LGV construite par le privé

Olivier Cognasse ,

Publié le

Le Président de la République, François Hollande, a inauguré mardi 28 février 2017, la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. C'est la première LGV conçue et construite par une entreprise privée. Lisea, filiale de Vinci, l'a livré avec un mois d’avance.

François Hollande inaugure la première LGV construite par le privé
Première classe du TGV L'Océane
© THUILLIER Jean-Claude

"C’est le plus grand chantier de génie civil. C’est la concession la plus importante au monde. Le chantier aura duré cinq ans. Un quinquennat, c’est court, même si c’est trop long pour certains", a déclaré avec humour le Président de la République, François Hollande, lors de l’inauguration de la ligne à grande vitesse Sud-Europe Atlantique, la LGV SEA, sur le site de Villognon (Charentes), mardi 28 février 2017.

Comme un air de déjà-vu, cet évènement a eu lieu par un temps agité, même si quelques rayons de soleil ont percé les nuages à l’arrivée du chef de l'Etat. "Il faut croire dans le génie français en matière de travaux publics, de ligne à grande vitesse, de technologies ferroviaires et de grandes infrastructures. La France est leader dans le monde et son génie est encore une fois ici démontré", a-t-il conclu après avoir loué la réussite de cette première : confier la conception et la réalisation d’une LGV au secteur privé.

"C’est une bataille que j’ai commencé en 1998 et nous inaugurons aujourd’hui le premier chantier ferroviaire d’Europe", avait indiqué Alain Rousset, le président (PS) de la Nouvelle Aquitaine, quelques minutes plus tôt lors de son discours avant de demander un prolongement jusqu’à Toulouse.

A quelques kilomètres d’Angoulême, Villognon est aussi le centre névralgique de la maintenance de la ligne, où se trouve le siège de MESEA (maintenance SEA Tours-Bordeaux), contrôlé à 70 % par Vinci Concessions et 30 % par l'ingénieriste Systra. Au total, trois bases vont assurer le bon fonctionnement de la nouvelle ligne.

Un mois d’avance sur le planning

Les premières rames circuleront le 2 juillet et relieront Paris à Bordeaux en deux heures et quatre minutes. La première ligne Paris-Bordeaux inaugurée en juillet 1853 permettait de relier les deux villes en 12 heures… Un chantier sans dépassement de budget et livré à la date prévue. "Nous avons même un mois d’avance sur le planning", se félicite Patrick Jeantet, le Pdg de SNCF Réseau. Tous les tests commencés en juillet dernier sont achevés depuis la fin de l’année. Depuis le 20 février, la marche à blanc a commencé pour la maintenance et la formation de 500 conducteurs.

Six ans de travaux ont été nécessaires pour construire 340 kilomètres de voies entre Tours et Bordeaux : 302 km de voies principales et 40 km de raccordement au réseau traditionnel. "Le tracé est conçu pour rouler à 350 km/h, mais les équipements limitent sa vitesse commerciale à 320 km/h", explique Laurent Cavrois, président de Lisea, le concessionnaire désigné par SNCF Réseau qui finance le projet à hauteur de 3,8 milliards d’euros sur un total de 9 milliards, SNCF Réseau finançant 2,2 milliard, le reste provenant des collectivités locales, de l'Etat et de l'Europe. Son premier actionnaire est Vinci Concessions (33,4%) et son contrat commencé en 2011 court jusqu’en 2061.

800 ouvrages de transparence écologique

Le chantier placé sous la responsabilité du groupement COSEO, piloté par Vinci Construction, a accueilli jusqu’à 10 000 personnes. Il a nécessité la construction de 500 ouvrages d’art dont 24 viaducs. Le plus grand enjambe la vallée de la Dordogne sur 1,6 km. La nouvelle LGV a été développée à partir de deux bases travaux qui ont consommé 1 400 km de rails soudés, 1 100 000 traverses béton, 3 millions de tonnes de ballast, 14 000 poteaux et 640 km de fils caténaires, 150 aiguillages,….

Cette LGV est aussi  "la première post-Grenelle de l’environnement, précise Patrick Jeantet à L’Usine Nouvelle. On a allongé certains viaducs, on a créé 800 ouvrages de transparence écologique pour le passage de la faune. Dans les 35 postes d’aiguillage, la climatisation a été remplacée par des puits canadiens". LISEA a reboisé 1 500 hectares et assure avoir développé 3 500 hectares pour les espèces protégées.

La nouvelle LGV pourrait permettre de développer le fret ferroviaire sur la ligne classique, pour supprimer une partie des camions qui engorgent l’autoroute A10. Seul point noir : SNCF Mobilités envisage de perdre 90 millions d’euros sur les six permiers mois d’exploitation, en 2017. Peut-être un moyen de faire avaler aux 18 millions de  voyageurs attendus et aux pouvoirs publics une future augmentation des tarifs, qui devrait être annoncée le 18 mars.

Olivier Cognasse, en Nouvelle Aquitaine

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