Economie

François Hollande fixe le cap de la compétitivité

Arnaud Dumas , , ,

Publié le

Face à 3 000 chefs d’entreprises réunis par Oséo, le président de la République a dévoilé sa feuille de route pour rétablir la compétitivité. Pas de choc en vue, mais plutôt une action dans la durée qui devrait comprendre des mesures aussi bien sur la réduction des charges sociales que sur le renforcement du financement de l’exportation et de l’innovation.

François Hollande fixe le cap de la compétitivité

C’était un discours à haut risque pour François Hollande, qui s’est rendu hier soir, jeudi 25 octobre, au Grand rendez-vous 2012 d’Oséo Excellence à la Halle Freyssinet à Paris. Face à un parterre de près de 3 000 dirigeants de PME et d’ETI, loin d’être acquis à sa cause, le chef de l’Etat a entrepris de fixer le cap du retour à la compétitivité des entreprises. Avec la volonté claire de renouer le dialogue avec une communauté encore remontée contre le projet de loi de finances 2013.

"Nous avons veillé à ce que ces entreprises (PME et ETI, NDLR) ne soient pas affectées par les mesures de redressement", a ainsi rappelé le président de la République. "J’ai veillé à ce que toutes les mesures en faveur de l’investissement des PME soient sanctuarisées pendant toute la durée du quinquennat", a-t-il continué en recueillant quelques applaudissements. Il a également évoqué le retour en arrière sur l’augmentation de la taxation des plus-values de cession de valeurs mobilières et le renforcement du statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Cette rencontre avec des chefs d’entreprises a surtout donné l’occasion à François Hollande de marquer le deuxième temps de sa stratégie de retour à la croissance. "Après le redressement des finances publiques et le retour à l’équilibre financier, mis en place depuis le mois de juillet, le deuxième temps, qu’il ouvre avec ce discours, est celui de l’agenda de la compétitivité", analyse-t-on dans l’entourage du président de la République.

Action résolue dans la durée

Pour bien faire passer le message, François Hollande a d’abord commencé par donner le contexte du lancement de sa stratégie de compétitivité. Déficit commercial de 70 milliards d’euros, pertes de parts de marché des entreprises françaises à l’international, chute des marges des entreprises industrielles à leur plus bas niveau historique, part de l’industrie dans la valeur ajoutée du pays à seulement 13 % contre le double en Allemagne"Depuis dix ans, notre compétitivité à décroché", a-t-il asséné.

Pas de choc de compétitivité en vue néanmoins pour redresser la situation, François Hollande préférant l’idée d’une "action résolue dans la durée". C’est donc plutôt vers un ensemble de mesures, liées aussi bien à la compétitivité coût que hors coût, que le gouvernement se dirige. Avec d’abord des engagements de l’Etat en faveur de la simplification des procédures, du renforcement des mesures d’aide à l’innovation, et de l’encouragement à l’export. La création de la Banque publique d’investissement (BPI) aura ensuite pour mission d’améliorer le financement global de l’économie.

Des réformes structurelles sont ensuite envisagées, telles que la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la taille de l’entreprise et le financement de la protection sociale. Sur ce point, François Hollande admet la lourdeur des charges sociales. "Cette réforme, qui entrainera un basculement ou un transfert, se fera dans le temps, a-t-il prévenu néanmoins. La compensation ne devra pas affecter la demande intérieure. Je regarderai donc avec attention les propositions du rapport de Louis Gallois."

Quant au calendrier de mise en place de cette stratégie, le président de la République est resté flou. Quelques mesures pourraient intervenir dès la remise du rapport de l’ancien président d’EADS, notamment celles sur le renforcement du financement à l’export ou de l’innovation. Pour le reste, notamment la réforme des charges sociales, le gouvernement semble prévoir plus de temps…

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1 commentaire

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26/10/2012 - 10h00 -

C'est affligeant l’incompétence de ce président girouette. Il nous explique que la France a décroché depuis 10 ans sur la compétitivité et il augmente encore les charges et impôts sur les entreprises entrepreneurs réveillez-vous :fabriquons du chômeur ! L’état a tout fait pour que nous soyons n°1 mondial en fabrication de chômeurs. Le pari est en passe d’être gagné !
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