François Hollande et Manuel Valls défendent le pacte de responsabilité

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

Opération déminage, lundi 28 avril après-midi. A la veille du vote sur le plan d’économies à l’Assemblée nationale, qui doit intervenir ce mardi, le président de la République, entouré du Premier ministre et de huit autres membres du gouvernement, a défendu la cohérence de sa politique de l’emploi devant les représentants de l’Etat dans les territoires. Et annoncé une retouche au contrat de génération.

François Hollande et Manuel Valls défendent le pacte de responsabilité © Benjamin Geminel - PS

Brochette des grands jours, lundi 28 avril après-midi, à la Maison de la chimie, à Paris. Le président de la République et le Premier ministre, accompagnés des ministres de l’Economie, des Finances, de l’Intérieur, du Travail et de quatre femmes ministres - qui n’ont pas eu droit aux honneurs de la tribune mais sont restées assises au premier rang, sont venus défendre la politique de l’emploi de l’exécutif. Officiellement, pour mobiliser autour du pacte de responsabilité préfets, sous-préfets, commissaires au redressement productif, directeurs régionaux de l’emploi, représentants de l’administration fiscale et  de Pôle emploi, sur l’ensemble du territoire. Mais aussi, à la veille du vote sur le programme de stabilité à l’Assemblée nationale, qui a du mal à passer auprès de nombreux députés socialistes, pour tenter de rassurer leur majorité.

Le premier ministre a fait le lien entre les efforts d’économies demandés au pays et les allègements de charges accordés aux entreprises dans le cadre du CICE et du pacte de responsabilité. "Le plan de 50 milliards d’euros d’économies est nécessaire, pour réduire nos déficits et pour financer le pacte de responsabilité", a déclaré Manuel Valls. Plusieurs ministres reprendront, comme pour la marteler, cette même idée qu’il ne s’agit pas d’un "cadeau" fait aux patrons, mais du meilleur moyen de redonner des forces aux entreprises françaises pour qu’elles créent richesses et emplois. "Les marges dégagées par les entreprises sont le carburant de la reprise économique", a affirmé Manuel Valls, qui a rappelé qu’elles ne devaient pas servir à augmenter les dividendes ou les rémunérations des patrons. Une façon de replacer ce plan d’économies dans une perspective générale de baisse du chômage, donc de faire passer la pilule.

Pour les contreparties, faire confiance aux entreprises

Le président de la République a fait mine de ne parler que d’emploi, tout en évoquant à plusieurs reprises le vote de ce mardi. Comme son Premier ministre, il a insisté sur ce qui rassure sa majorité : l’Etat veillera à l’usage que feront les entreprises des allègements de charges du CICE et du pacte de responsabilité. Mais "ne commençons pas à avoir des suspicions", a poursuivi le président de la République, "le pari, c’est de faire confiance aux chefs d’entreprise et aux partenaires sociaux, parce qu’ils souhaitent tous une diminution du chômage". De plus, a-t-il rappelé, pour le CICE, "ceux qui feront les contrôles, ce sont les partenaires sociaux".

Pour le pacte de responsabilité, les préfets ont été appelés à organiser, dans les semaines qui viennent, des réunions à l’échelle de chaque arrondissement avec les forces vives économiques du territoire, pour lancer les discussions sur les contreparties dans les branches. De son côté, le ministre du Travail recevra le 5 mai partenaires sociaux, représentants des régions et des branches, dans la même optique. Michel Sapin a conclu par un message aux préfets et directeurs de l’emploi : "vous avez une tâche : expliquer que faire des économies, c’est aussi positif !"

Deux nouvelles pistes pour aider les chômeurs de longue durée

François Hollande a annoncé un ajustement du contrat de génération, dispositif qui peine à décoller. Il souhaite que les entreprises puissent l’utiliser pour embaucher un senior, et pas seulement pour le maintenir en emploi, et qu’elles soient aidées un peu plus si elles recrutent un chômeur de longue durée grâce à ce dispositif. Autre réforme proposée par le chef de l’Etat : ouvrir le statut d’alternant aux chômeurs de longue durée, quel que soit leur âge. Accueillis en entreprise, ils continueraient à toucher leur indemnisation de demandeurs d’emploi. Les entreprises pourraient aussi être autorisées à financer sur leur budget formation l’accueil et la formation de chômeurs. Ces deux dernières idées sont issues du rapport que Gérard Mestrallet lui a remis le 25 avril, a précisé le président de la République.

Les préfets sont repartis regonflés et confortés dans leurs missions : "c’était un discours de mobilisation, commente celui du Cantal, Jean-Luc Combe. Il va falloir faire de la pédagogie sur les allègements de charges. Beaucoup de chefs d’entreprise ne savent toujours pas ce qu’est le CICE et ce qu’ils vont en tirer. Même quand ils ont des responsabilités dans les organisations patronales !" Un commissaire au redressement productif apprécie "d’avoir pu recoller tous les morceaux de la politique de l’emploi dans une vision d’ensemble". Beaucoup plaisantent sur la mission qui leur a été confiée par tous les ministres, faire vivre sur le terrain le pacte de responsabilité. "Bon, ben on va réunir les syndicats, les entreprises, et on va leur redire tout ça !", commente l’un des participants à  l’issue de la rencontre.

Cécile Maillard

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte