Economie

François Hollande, droit dans ses bottes

Pascal Gateaud , , , ,

Publié le

Alors que les principaux indicateurs économiques sont au rouge, le Président de la République maintient le cap de sa politique de l'offre. A l’en croire, il n'y a pas d'alternative crédible.

François Hollande, droit dans ses bottes © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Faut-il paraphraser l’ancien Premier ministre Alain Juppé, qui avait un jour déclaré : "Je reste droit dans mes bottes et je ferai mon travail", ou plutôt Margaret Thatcher lorsqu’elle était Premier ministre du Royaume Uni, qui avait assuré : "There is no alternative" ? Sans doute un peu les deux... Prenant de court l’ensemble de la classe politique, François Hollande fait sa rentrée en déclarant qu’il ne compte pas changer de politique économique parce que c’est la seule possible.

Dans une longue interview accordée au journal "Le Monde", le chef de l’Etat se montre inflexible. "L’objectif est clair : moderniser notre économie en améliorant la compétitivité et en soutenant l’investissement comme l’emploi. Aujourd’hui, ce n’est pas parce que la conjoncture est plus difficile en France et en Europe que nous devons y renoncer", assure-t-il. Plan de relance du logement, Assises de l’investissement pour inciter les établissements financiers à prêter davantage aux PME, projet de loi sur le pouvoir d’achat qui s’attaquera aux professions réglementées... Le président de la République - et cela lui sera reproché - annonce peu de mesures nouvelles à court terme, quand bien même le pacte de responsabilité mettra du temps à produire ses effets.

L’offre plutôt que la demande

Ne faudrait-il pas relancer la demande, comme l’y incitent certains au sein même de son parti ? François Hollande a beau jeu de rappeler que toute mesure de relance de l’activité par des moyens budgétaires aurait "pour conséquence d’aggraver notre dette publique et de détériorer notre commerce extérieur". S’il y a "un problème de demande dans toute l’Europe", c’est "essentiellement dû aux politiques d’austérité menées depuis plusieurs années", juge-t-il. Un soutien de la demande ne pourrait avoir lieu qu’au niveau européen, "c’est ce que la France va porter dans le débat qui s’engage avec nos partenaires" annonce le chef de l’Etat. Pour quels résultats ? Il ne suffira pas d’une réunion des dirigeants sociaux-démocrates pour convaincre les Allemands de dépenser davantage...

Plus que jamais, François Hollande défend sa politique de l’offre, rappelant qu’il a trouvé en arrivant en 2012 "une industrie avec les taux de marge les plus faibles de ces trente dernières années". Et il prend soin d’invoquer la dégradation de l’environnement international et européen pour expliquer son absence de résultats en matière de chômage et de croissance. Un discours qui, au final, s’avèrera un peu léger pour redonner confiance à un pays qui a fait de la déprime son sport favori et remporte haut la main toutes les médailles du genre.

Pascal Gateaud

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