François Hollande détaille son plan pour relancer la croissance en Europe

Un mémorandum pour renégocier le traité européen sera envoyé dès le 7 mai aux dirigeants européens si le candidat socialiste est élu.

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François Hollande détaille son plan pour relancer la croissance en Europe

Sur son estrade bleu-roi qui fait face au parterre de journalistes, François Hollande a le sourire en ce 25 avril 2012. Crédité d'une avance confortable par les instituts de sondage sur son rival (+55 % des votes pour Ifop/Paris Match), il se croirait presque au soir du second tour. "L'alternance se dessine", avance-t-il même au milieu de la conférence de presse.

Le candidat socialiste peut aussi se féliciter d'avoir reçu un soutien de poids dans sa volonté de faire adopter une politique de croissance en Europe. A Francfort le matin même, Mario Draghi le président de la Banque centrale européenne a évoqué pour la première fois la nécessité d'un "pacte de croissance", un mot jusqu'à présent quasi tabou pour l'institution monétaire qui se concentre sur le contrôle de l'inflation.

"Sans la croissance, il n'y aura pas de possibilité pour l'Europe de sortir de la crise", a réaffirmé le candidat socialiste, qui a déroulé sa feuille de route pour renégocier le traité européen adopté en mars.

Dès le lendemain du 6 mai, François Hollande s'il est élu transmettra donc à ses partenaires européens un mémorandum en quatre points. Son contenu : le candidat veut pousser la création d'obligations européennes qui serviront non pas à financer des dettes des Etats mais des projets industriels et d'infrastructures.

La banque européenne d'investissement devrait aussi être mise à contribution pour financer davantage de grands projets. Une taxe sur les transactions financières pourrait aussi être instaurée "avec les pays qui le souhaitent" pour dégager des ressources supplémentaires pour le budget européen.

Enfin, François Hollande propose de faire les fonds de tiroirs des fonds structurels européens en réaffectant les reliquats non utilisés au financement là aussi de projets industriels. "Il y aura un dialogue nécessaire entre la BCE et les gouvernements européens pour l'économie réelle puisse être financée", poursuit le candidat socialiste qui croit que "l'élection française va être une élection décisive en Europe" et que "beaucoup de chefs d'Etat et de gouvernements européens attendent pour ouvrir des discussions".

Dans les faits, le candidat laisse ouverte la possibilité de négocier "un autre traité", qui ajouterait un volet croissance au traité actuel. "Nous y sommes presque, les idées cheminent", veut croire le candidat, même si la plupart des dirigeants européens, à commencer par Mario Monti, David Cameron ou Mariano Rajoy défendent davantage l'adoption de réformes structurelles plutôt que la relance de grands projets européens pour doper la croissance.

Avec la chancelière allemande, la plus réticente à la renégociation du traité, François Hollande prévoit une discussion "ferme mais amicale", rappelant le "devoir de solidarité" entre le sud et le nord de l'Europe.

François Hollande entend en tout cas convaincre ses partenaires européens de sa gestion rigoureuse des finances publiques. Dès son élection, le candidat socialiste prévoit de demander un audit à la cour des comptes sur les comptes publics, qui donnera lieu à collectif budgétaire fin juin si nécessaire. "Si nous sommes dans une situation plus difficile, j'en tiendrai compte pour agir", a déjà prévenu le candidat.

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