Quotidien des Usines

François Hollande dans la bataille entre Fralib et Unilever

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[ACTUALISE] - L'intersyndicale CGT-CFE/CGC était reçue le 31 août à l'Elysée pour évoquer les modalités d'un projet de reprise de l'usine de thés et infusions de Gémenos (Bouches-du-Rhône).

François Hollande dans la bataille entre Fralib et Unilever © CGT Fralib

Encore simplement candidat à la Présidence de la République, François Hollande avait rendu visite aux salariés de l'usine de thés et infusions Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône) pour les assurer de son soutien dans leur lutte contre la fermeture de cette unité du groupe Unilever qui employait 182 personnes.

Désormais élu, ses conseillers recevaient vendredi 31 août les représentants syndicaux CGT-CFE/CGC pour évoquer leur projet de relance de l'activité. A la sortie de l'Elysée, les délégués de Fralib ont indiqué avoir reçu l'assurance que le ministère du Travail allait poursuivre l'examen de ce dossier et notamment comment la marque "Eléphant", propriété d'Unilever, pourrait être récupérée pour mettre en œuvre le plan de reprise.

Ils devraient également recevoir prochainement les éclaircissements qu'ils réclament sur les conditions dans lesquelles l'Etat, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et par l'intermédiaire de l'ancien ministre du Travail Xavier Bertrand, a pu intervenir pour faciliter la mise en œuvre par Unilever du troisième plan de sauvegarde de l'emploi, après l'annulation en justice des deux premiers. Accusation que Xavier Bertrand a formellement démentie.

Cette rencontre qui débouchera sur la tenue d'une nouvelle table ronde dans une quinzaine de jours intervient au terme d'un mois d'août riche en rebondissements pour les salariés...

Toutes les avancées du plan alternatif

A la tête de la délégation, Gérard Cazorla et Olivier Leberquier ont pu exposer les différentes avancées de leur plan alternatif, sous forme de société coopérative, et notamment détailler les soutiens dont ils ont bénéficié depuis quelques semaines.

La communauté urbaine Marseille Provence Métropole, sous l'impulsion du président socialiste Eugène Caselli, a exercé son droit de préemption sur la vente du terrain et des bâtiments où se situe l'usine, en acceptant de payer au propriétaire, les SCI Gounod, le prix estimé par l'administration des Domaines, à savoir 5,3 millions d'euros. L'officialisation de la cession devrait s'effectuer le 5 septembre.

La collectivité envisage ensuite soit de les louer au prix du marché à un éventuel repreneur, soit de les revendre à un acquéreur. Elle récupère également les machines qu'Unilever a accepté de laisser pour un euro symbolique. Les syndicats se prévalent également de l'appui de repreneurs potentiels, français et étrangers. Un ancien cadre dirigeant de Lustucru-Rivoire&Carret, Jean-Pierre Jouve, a annoncé son intention d'investir sur le site 15 millions d'euros et de créer 30 à 60 emplois qui s'ajouteraient aux 78 salariés prêts, selon l'intersyndicale.

Le 16 août, les syndicats avaient eu une autre bonne nouvelle : le refus, de surcroît extrêmement motivé puisqu'il rejette la justification économique d'Unilever de fermer l'usine, de l'Inspection du Travail d'autoriser le licenciement des élus du personnel.

Le même jour, le conseil des prud'hommes de Marseille fixait une mission à deux conseillers pour étudier la réalité de l'activité du site depuis le début de l'année, suite à l'arrêt en mai du paiement des salaires des délégués syndicaux. L'audience, fondée sur leurs conclusions, se déroulera le 17 septembre.

Dans la foulée de ces nouveaux éléments, le président d'Unilever Monde, Paul Polman, accordait un entretien au Figaro, le 20 août, et répétait, une fois encore, que le groupe n'accorderait jamais des volumes en sous-traitance si un projet de relance se concrétisait à Gémenos à l'initiative d'un repreneur et surtout qu'il ne cèderait jamais la marque "Eléphant".

Il confirmait cependant la cession des machines pour un euro symbolique et ses efforts en matière de revitalisation du territoire. "Nous ne ferons pas plus" assurait-il, en invitant le gouvernement à ne pas prendre de mesures qui puissent constituer un mauvais signe aux investisseurs étrangers. Une position qualifiée de "chantage" et de "manœuvre assez balourde" par les syndicats de Fralib.

Cependant, suite à la réunion à l'Elysée, Unilever confirme bien qu'il "ne participera à aucune réunion sur un projet impliquant la marque Eléphant ou des volumes en sous-traitance", réclamant de l'Etat une "attitude impartiale" sur "le respect des lois en matière de propriété intellectuelle et de droit des marques". En revanche, il se dit toujours disponible "concernant toute discussion future sur la revitalisation du site en accord avec la convention signée avec les services de l'Etat" à laquelle il soutient consacrer près de 15 millions d'euros en machines, indemnités transactionnelles, formation, aide à la création d'entreprise ou revitalisation du territoire, "pour permettre la création d'emplois sur des projets autonomes".

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