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François Girbaud : "Je veux démocratiser le délavage des jeans au laser"

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Entretien Les procédés toxiques de délavage des jeans seront-ils bientôt un lointain souvenir ? Le créateur de mode François Girbaud propose avec le fabricant espagnol Eurotrend un système alternatif écologique qui utilise le laser. L'Usine Nouvelle a pu l'interviewer au salon Colombiatex, à Medellin (Colombie), le plus grand rendez-vous des industriels du textile en Amérique latine où il expose pour la première fois.

François Girbaud : Je veux démocratiser le délavage des jeans au laser © Adrien Cahuzac - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle - Vous présentez une technologie de délavage de jean dite écologique. Baptisée "Wattwash", elle a été développée avec le fabricant de machines espagnol Eurotrend et sa filiale Jeanologia. En quoi consiste-t-elle ?  
François Girbaud - C'est une technique révolutionnaire de morsure du jean au laser. Ca permet d'avoir un effet de délavage ciblé et durable sur la toile denim et surtout d'économiser 97,5 % d'eau. Combiné au traitement par l'ozone, on peut réduire jusqu'à 60 % la consommation d'énergie et de 80 % celle des produits chimiques.

Après deux années de recherche avec Jeanologia, nous avons réussi à combiner la technologie du laser avec des systèmes de modélisation qui nous permettent d'avoir un rendu beaucoup plus précis que par les techniques classiques. Nous pouvons obtenir tous les motifs que l'on souhaite par simple dépigmentation ou repigmentation du jean, voire même votre photo reproduite au laser. Nous servons de directeur de création aux machines laser en quelque sorte. Toute la recherche et le développement a été effectué à Valence, en Espagne, avec 3 ingénieurs et moi-même. La fabrication des machines se fait à Barcelone ou au Portugal.

On n'attendait pas forcément un créateur de mode sur le développement de technologies innovantes de fabrication. Pourquoi ce choix ? A qui vous adressez-vous ?
Nous avons été les premiers dans les années 1970 à industrialiser le délavage des jeans, puis, en 1972, nous avons imaginé le procédé "stonewash", le délavage par pierres ponces aujourd'hui largement répandu. A l'époque, nous ne connaissions pas les effets très toxiques à la fois sur l'environnement et sur la santé des producteurs. En 1989, nous avons été aussi les premiers à dénoncer les procédés chimiques épouvantables utilisés sur les jeans.

Près de 6 milliards de jeans sont fabriqués dans le monde chaque année par 2 millions de personnes. Il faut absolument faire évoluer les techniques de fabrication et démocratiser le laser. C'est une croisade que j'entends mener.

Nous nous adressons principalement aux laveries industrielles et aux marques qui ne savent pas faire. Grâce à notre système, nous donnons la possibilité à des marques de développer à grande échelle des créations de jeans durables grâce à notre banque de données constituée depuis 40 ans. Pour cela, nous sommes en train de créer une société commune avec Jeanologia.

Parallèlement, vous cherchez des investisseurs pour entrer au capital de votre société de prêt-à-porter Marithé + François Girbaud. Est-ce un désengagement ? Vous aviez pourtant repris la marque en main en 2007…
En 2007, quand  nous avons établi un accord industriel avec la famille Ferretti en Italie, nous voulions transmettre et rester une des dernières maisons de création indépendantes. Mais la crise est passée par là, particulièrement aux Etats-Unis où nous sommes très présents. Notre activité s'est réduite là-bas de 50 % d'un seul coup. Aujourd'hui, à près de 70 ans, j'ai besoin d'avoir des gens à mes côtés. Nous avons confié ce dossier à la banque Rothschild, pour nous aider à développer la marque dans les pays émergents, notamment en Asie, avec un réseau de vente plus important.  Nous espérons déboucher sur un accord en avril. Je ne veux pas faire entrer des financiers, je souhaite avant tout des gens du métier.

Propos recueillis, à Medellin (Colombie), par Adrien Cahuzac.

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