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François de Rugy, l’écologiste qui murmure à l’oreille des macronistes

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire n’est pas un novice en politique. Depuis Génération écologie, il a multiplié les expériences politiques avant de rejoindre La République en marche et d’obtenir le perchoir de l’Assemblée nationale.

François de Rugy, l’écologiste qui murmure à l’oreille des macronistes
François de Rugy quitte le perchoir pour l'Hôtel Roquelaure.
© ©Assemblee nationale

C’est un écolo réformiste, compatible avec le macronisme, qui rejoint le gouvernement pour remplacer Nicolas Hulot, qui a démissionné mardi 29 août dernier. Après les refus de certains illustres politiques comme Daniel Cohn-Bendit et Pascal Canfin, le directeur général de WWF France et l’apparition dans la short list de noms symboliques comme Laurence Tubiana, négociatrice pour la France à l’occasion de la COP 21, c’est donc François de Rugy, 44 ans, qui est sorti du chapeau.

Il a commencé sa carrière politique à Génération écologie, en 1991 avant de quitter le mouvement trois ans plus tard et de fonder son association Ecologie 44. En 1997, il adhère chez les Verts et recueille un peu plus de 3% aux élections législatives marquées par la victoire de la Gauche plurielle. Dix ans plus tard, maire adjoint de la ville de Nantes, il est élu dans la 1ère circonscription de la Loire-Atlantique. Il bénéficiait d’un accord avec le PS.

Après la primaire citoyenne, il rejoint Emmanuel Macron

Largement réélu en 2012, il quitte EELV en 2015 après avoir dénoncé "la dérive gauchiste" du mouvement, après le départ des ministres écologistes du gouvernement. Un peu plus tard, il rejoindra le groupe socialiste et se présente à la primaire citoyenne en tant que président du parti Ecologiste.
Après avoir pris publiquement, le 15 janvier 2017, l’engagement de soutenir le vainqueur de la primaire, il se dédie un mois après son piteux résultat (3,82%) et s’engage aux côtés d’Emmanuel Macron. En retour, il sera élu Président de l’Assemblée nationale.

Le voici donc ministre de la Transition écologique et solidaire. Une  nomination saluée par le Syndicat des énergies renouvelable (SER) au nom de son "engagement de longue date (…) dans la défense de l’environnement et sa connaissance approfondie du secteur des énergies renouvelables" et le Cluster maritime français qui rappelle que "François de Rugy s’est toujours montré très concerné par les questions maritimes."

Du côté d’EELV, c’est le doute qui prédomine. Tandis que "la désignation de François de Rugy comme successeur à Nicolas Hulot ne pourra être évaluée que sur la volonté du gouvernement de changer d’orientation et de mettre la transition écologique au cœur de sa politique. Nulle personnalité, seule et sans action collective déterminée, n'obtiendra une inflexion efficace de toutes les politiques publiques, seule susceptible de répondre aux enjeux déterminants qui sont devant nous", estime Michel Dubromel, président de France Nature Environnement.

"IL PEUT S’APPUYER SUR L’ASSEMBLÉE NATIONALE"

Chez Greenpeace, "il est à craindre que le nouveau ministre appliquera la politique d’Emmanuel Macron sans état d’âme, et suivra la voix de son maître. Il incombe donc à Emmanuel Macron de prendre enfin la mesure de son immense responsabilité. Les prochaines semaines montreront s’il a tiré les leçons de la démission de Nicolas Hulot ou s’il continue sa politique du faux semblant. Un des premiers tests sera la publication de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) : Emmanuel Macron va-t-il s’engager sur un calendrier précis de la fermeture effective de réacteurs dès maintenant et favoriser le développement des ENR, en résistant au lobby pro-nucléaire ? Va-t-il soutenir son nouveau ministre pour défendre une agriculture écologique dans le cadre de la PAC ?"

Contrairement à son prédécesseur Nicolas Hulot, "il a un avantage majeur: il peut s'appuyer sur l'Assemblée nationale", a indiqué Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé sur BFMTV. Pourtant, il était loin de faire l’unanimité comme président de l’Assemblée.

Opposé au projet Notre-Dame-des-Landes, même si légitimiste, il acceptait le verdict de la consultation. Opposé au nucléaire au point d’avoir brocardé l’ancien patron d’EDF, Henri Proglio qui incitait les salariés à défendre cette énergie, ses convictions écologistes ne sont pas à mettre en doute. S’il est sans doute plus souple pour éviter les heurts avec certains ministres que Nicolas Hulot, il est loin d’en avoir la notoriété.

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