Economie

François Chérèque se lâche et se fâche

Cécile Maillard ,

Publié le

Face à la situation dramatique de l’emploi, le secrétaire général de la CFDT presse le gouvernement d’agir, et tacle les syndicats qui refusent les réformes.

François Chérèque se lâche et se fâche © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Quelle mouche a piqué François Chérèque ? Est-ce la liberté de parole qu’il a gardée pendant l’élection présidentielle, qui lui donne des ailes ? Son ras le bol de jouer l’unité syndicale alors qu’il désapprouve de plus en plus les positions de la CGT ? Ou l’approche des élections professionnelles dans les TPE, le 28 novembre, qui exacerbe la concurrence entre centrales ? A moins que ce ne soit la perspective de son départ de la tête de la CFDT, en  juin 2014…

Toujours est-il que le secrétaire général de la CFDT parle sans ménagement pour ses partenaires dans les colonnes du Journal du dimanche du 2 septembre 2012. Traditionnellement proche des pouvoirs socialistes, la CFDT, grande adepte du dialogue social à tous les étages, ne peut pas se permettre de critiquer le temps pris par le nouveau gouvernement pour consulter les partenaires sociaux, notamment lors de la conférence sociale. François Chérèque s’en prend d’ailleurs à Jean-Luc Mélenchon, qui "veut faire sans les partenaires sociaux" quand il reproche au gouvernement de ne pas avoir légiféré sur les plans sociaux.

Mais même la CFDT a ses limites, et François Chérèque réclame une accélération des réformes. Ce week-end, le gouvernement a confirmé que la barre des 3 millions de chômeurs était franchie. "Il est grand temps d’agir, presse le secrétaire général de la CFDT. Le gouvernement doit accélérer les réformes, les partenaires sociaux aussi."

Un virage vers le développement durable

La CFDT est très attachée aux négociations sur le marché du travail, qu’on les appelle accords compétitivité emploi ou de sauvegarde de l’emploi ou de flexibilité. "Il y a urgence à réformer, car de plus en plus d’équipes syndicales signent ce type d’accord dans les entreprises. Mais elles le font sans cadre juridique, sans garde-fou."

Très offensif sur le sujet, François Chérèque "dénonce les syndicalistes qui se lavent les mains de ce qui se passe à la base". Une flèche dans le jardin de la CGT et de FO, qui refusent mordicus toute négociation sur toute "flexibilité" du travail.

François Chérèque ose faire tomber un tabou syndical en reconnaissant que "le coût du travail est aussi un facteur de perte de compétitivité", et en rappelant que la CFDT est favorable à un transfert d’une partie des charges sur la CSG. Il réaffirme aussi l’attachement de la CFDT à un virage de l’industrie vers le développement durable

Décidément très énervé par la CGT, le leader cédétiste regrette l’appel à la mobilisation de la centrale de Montreuil pour le 9 octobre, date d’un mouvement des salariés de l’industrie décidé par les syndicats à l’échelle européenne. Il voit dans cet appel séparé à défiler, "des fins politiciennes nationales et internes". Les nombreuses négociations à venir cet automne et début 2013 entre partenaires sociaux promettent d’être mouvementées !

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