Francéole et Vergnet symptômes d’une filière éolienne française fragile

La fin de la fabrication de mats d’éolienne par Francéole et la mise en redressement judiciaire de Vergnet ne signent pas forcément le déclin de la filière éolienne en France, mais pointent sa fragilité.

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Francéole et Vergnet symptômes d’une filière éolienne française fragile

L’été 2017 aura été sombre pour la filière éolienne française. Le 31 août, l’unique fabricant français d’éolienne, Vergnet, était placé en redressement judiciaire. L’entreprise qui emploie 113 personnes à Ormes (Loiret) et dont le capital est détenu à 42 % par la Banque publique d’investissement, cherche un repreneur, suite à de gros problèmes de trésorerie, qui ne lui permettent plus d’attendre que des projets à l’international, - notamment deux gros contrats en Afrique -, se débloquent. Le 18 août, on apprenait que l’usine dijonnaise du fabricant de mâts d’éoliennes Francéole avait finalement retrouvé un repreneur, le groupe Matière basé à Arpajon-sur-Cère (Cantal). Mais que ce dernier ne garantit que 46 emplois sur 100 et va arrêter la production de mâts pour la remplacer par celle de ponts en métal, son activité historique.

Deux défaillances et une production en baisse

Pour clore ce sombre tableau, selon les dernières données du ministère de la Transition écologique et solidaire, le développement du parc éolien français a marqué le pas au premier semestre 2017. Avec 519 nouveaux mégawatts installés, soir 9 % de moins qu’à la même période l’an passé, le parc a atteint 12,3 gigas watts. Mais, à cause de conditions météos défavorables, la production d'électricité éolienne a baissé de 7,1 % sur les six premiers mois de l'année.

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De mauvaises nouvelles pour la filière, qui n’entame pourtant pas l'optimisme du Syndicat des énergies renouvelables. "D’une manière générale, l’éolien et le solaire se développent fortement et restent en croissance dans le monde et en France. Certes, il y a encore des à coup et la baisse du solaire, notamment, nous éloigne de la programmation pluriannuelle du marché. Cela a un impact sur les industriels du marché", reconnaît Marion Lettry, déléguée générale adjointe en charge des filières électriques. Mais, selon elle, dans l’éolien, la dynamique reste forte en terme de puissance installée et "il y a moins d’incertitudes sur la cadre réglementaire de la filière". La filière française est surtout composée de sous-traitant, plus de 200.

En attendant Poma...

Les constructeurs de génératrices eux, tous présents en France, sont étrangers. Cela pourrait changer. "Le fabricant de remontées mécaniques Poma veut créer une éolienne 100 % française", rappelle Marion Lettry. Et, selon le SER, entre 2012 et 2016, cinq nouveaux sites industriels pour l’éolien terrestre et maritime ont été implantés en France. Ils sont dédiés à l’assemblage de nacelles (Alstom/GE et Poma Leitwind), à la fabrication de mâts d’éoliennes (Usine WEC mât béton ENERCON), à la confection de fondations pour les projets éoliens en mer (STX France) et à la production de pales d’éoliennes. De son côté, Eiffage Métal produit dans son usine de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) des fondations d’éoliennes en mer de type jacket et des fondations pour les quatre éoliennes flottantes de la zone de Leucate (Aude). Les quelque 200 PMI sous-traitantes se sont structurées autour de ces sites de production.

...Et l'éolien offshore

Selon l’ADEME, en 2015, la filière représentait 18 000 emplois directs et indirects, répartis au sein de 600 entreprises en France. Leur chiffre d’affaires à l’export était de 660 millions d’euros. Le marché éolien français était estimé à près de 1 800 millions d'euros (hors valorisation de l’électricité produite). Les défaillances de Vergne et Francéole, ne devraient pas apparaître dans les chiffres mis à jour qui seront publiés mi-septembre.

Et certes, grâce au programme Windustry France (2012 – 2016), piloté par le SER et soutenu par la DGE et BPI France, 16 entreprises nouvelles entrantes ont décroché des contrats dans la filière éolienne. Mais l’éolien terrestre est un marché mature, ou la concurrence est vive. Et les projets d’éolien offshore en France, ne sont qu’émergents.

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