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FranceLES FRANÇAIS EPARGNENT-ILS TROP ?Les Français n'ont jamais voulu autant épargner. Tant mieux pour l'investissement, mais tant pis pour la consommation immédiate !

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LES FRANÇAIS EPARGNENT-ILS TROP ?

Les Français n'ont jamais voulu autant épargner. Tant mieux pour l'investissement, mais tant pis pour la consommation immédiate !



En principe, les périodes de croissance favorisent la consommation au détriment du taux d'épargne. C'était notamment le cas à la fin des années 80, où ce taux variait entre 11 et 12 %, alors que l'activité caracolait. Aujourd'hui, la croissance est plutôt soutenue, mais le taux d'épargne des ménages aussi, puisqu'il frise les 16 %. L'indicateur résumé d'opinion des ménages de l'Insee du mois d'octobre indiquait en autres que les opportunités d'épargner des ménages sont en constante augmentation. Le solde (opinions positives moins opinions négatives) est largement positif : il est passé de 35 il y a un an à 53, avec une inflexion à la hausse ces quatre derniers mois. Dans le même temps, force est de constater que la consommation des ménages, notamment en produits manufacturés, patine un peu depuis l'été.

Le financement des retraites pèse sur l'épargne

" La relation inverse entre consommation et épargne se vérifie. Le paradoxe, c'est que, logiquement, le taux d'épargne devrait baisser en même temps que le recul du chômage ", analyse un expert de l'Insee. Le choc pétrolier et les accès de faiblesse de la Bourse ont sans doute constitué deux éléments conjoncturels propres à inquiéter les Français. Donc à les inciter à renforcer leur épargne de précaution, qui est normalement stimulée par la montée du chômage. De plus, les taux d'intérêt sont repartis à la hausse en Europe. Enfin, les revenus salariaux augmentent modérément et sont amputés par une montée de l'inflation consécutive à la flambée du pétrole. " Cela ne favorise pas a priori la consommation ", admet Roch Héraud, économiste au Crédit agricole. Le département des études économiques et bancaires du groupe a d'ailleurs réalisé une étude sur l'épargne et le crédit à l'horizon de 2004 concluant que le prochain motif d'épargner en France sera la montée des incertitudes concernant les retraites. Logique puisque les risques liés au chomage se sont nettement réduits. Cette évolution allongerait la durée des placements. Une analyse à laquelle souscrit Michel Laurens, P-DG d'Acer Finances : " Le financement des retraites sera le principal déterminant des comportements d'épargne à terme. " Parallèlement, l'étude du Crédit agricole prédit " un retour en grâce des produits à base monétaire au détriment des placements obligataires et de l'épargne contractuelle ". Un taux d'épargne élevé n'est pas forcément une mauvaise chose, puisqu'il constitue l'un des socles pour l'investissement des entreprises, de façon directe ou indirecte. Toutefois, il bride incontestablement la consommation à court terme, qui pourrait sans cela progresser à des rythmes plus rapides. " Les comportements en France sont encore très frileux et portent probablement les stigmates des crises passées ", ajoute Michel Laurens. On est effectivement à des années-lumière des Etats-Unis, où le taux d'épargne est devenu négatif et où une banque prête beaucoup plus rapidement (et imprudemment ?) aux ménages. A court terme, le taux d'épargne devrait rester à des niveaux élevés autour de 15,8 %, sans pour autant augmenter, selon l'Insee. Quelques éléments pourraient infléchir la tendance : d'une part, si les prix du pétrole se détendent dans le courant de 2001, comme le prédisent beaucoup d'économistes, l'épargne de précaution liée à ce renchérissement aura eu raison d'être. D'autant que l'inflation devrait se détendre, ce qui stimulera le pouvoir d'achat. Ensuite, les Pouvoirs publics misent gros sur le plan d'allégement fiscal pour " booster " les revenus des ménages en 2001, et notamment avec la ristourne de la CSG sur le Smic, jusqu'à 1,4 fois le salaire minimum. " Nous prévoyons que le salaire par tête va augmenter beaucoup plus rapidement en 2001 ", ajoute Roch Héraud. Du coup, la consommation augmenterait d'environ 3 % l'année prochaine... et ne serait plus bridée par l'épargne.







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