FRANCE1995 SUR LA LANCÉE DE 1994La croissance va se stabiliser en 1995 au niveau de 2,5%. La consommation sera en progression de 2,2%.

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1995 SUR LA LANCÉE DE 1994

La croissance va se stabiliser en 1995 au niveau de 2,5%. La consommation sera en progression de 2,2%.



La croissance aura finalement atteint 2,5% l'an passé, dopée par la reconstitution des stocks (en particulier dans les biens intermédiaires) et les mesures de relance dans l'automobile et le bâtiment. Or ces effets vont s'épuiser cette année. Les stocks ne feront qu'accompagner la marche des affaires, l'immobilier a d'ores et déjà pris le chemin de la rechute, et l'automobile risque de retomber à l'été, lorsque la "prime Balladur" aura pris fin. La demande intérieure prendra la relève, mais pas suffisamment pour que l'expansion s'accélère. Résultat, la croissance atteindra 2,5% cette année, pas plus que l'an passé. L'investissement productif sera le principal moteur de l'activité. Les entreprises affichent, en majorité, une bonne santé financière, et elles disposent de véritables trésors de guerre (le taux d'autofinancement approche 120% en moyenne), limitant ainsi leur dépendance vis-à-vis des banques. La demande, surtout étrangère, sera plus vive, entraînant une remontée du taux d'utilisation des capacités de production. Les chefs d'entreprise ne pourront donc pas retarder encore davantage l'achat de nouvelles machines, au risque de voir s'éroder leurs parts de marché. Mais les secousses financières en provenance de Wall Street risquent de freiner la propension à investir. Enfin, même si, dans l'industrie, les investissements sont plus nombreux, ils continueront encore de chuter dans le B-TP. La consommation des ménages restera largement sous contraintes. Les créations d'emplois, qui ont bondi l'an passé, vont se normaliser, de sorte que le chômage se stabilisera seulement. La hausse des salaires ne dépassera pas de beaucoup celle des prix (+2,0%), et le pouvoir d'achat sera sérieusement amputé par l'alourdissement des prélèvements après l'élection présidentielle. Or les Français ne puiseront pas davantage dans leurs bas de laine, car ils restent inquiets sur l'avenir du financement des retraites. Enfin, le commerce extérieur ne tirera guère l'activité, car nos achats (dopés par le redémarrage de l'investissement et un léger restockage) progresseront plus vite que nos ventes. Ce qui devrait provoquer un effritement de l'excédent commercial. Au total, la conjoncture, en 1995, sera certainement moins florissante que ce que nous affirment les experts gouvernementaux. Et 1996 ne s'annonce pas meilleure, car nous cumulerons les conséquences de la rigueur budgétaire et de la récession américaine. B.M.







NOS PRÉVISIONS 1995

PIB (accroissement en volume et en %)

1995. + 2,5%

Comme l'an passé, la croissance approchera 2,5% cette année. L'"effet stock" va s'atténuer, et les mesures gouvernementales vont perdre de leur influence. La demande intérieure prendra péniblement la relève.

Exportations

1995. + 5,5%

Nos ventes profiteront de l'accélération de la croissance mondiale. Mais nos achats progresseront plus vite (+6,7%), de sorte que l'excédent commercial s'effritera.

Consommation

1995. + 2,2%

Les ménages resteront prudents. Les salaires seront peu relevés, et leur pouvoir d'achat sera amputé par l'alourdissement des prélèvements après l'élection présidentielle.

Investissements des entreprises

1995. + 6,0%

L'investissement redémarrera, en particulier dans l'industrie, car les goulets d'étranglement vont se multiplier. Mais les dépenses d'équipement reculeront encore dans le B-TP.

Inflation

1995. + 2,0%

La hausse des prix à la consommation atteindra 2% au plus fin 1995. La flambée des matières premières se répercutera peu sur les prix de détail, car les consommateurs maintiennent la pression sur les détaillants.



LA DEMANDE MARQUE UNE PAUSE

Les carnets de commandes ne se remplissent plus depuis l'automne, en particulier dans l'automobile. Les biens de consommation sont mieux lotis, car la demande étrangère se renforce nettement.

LES INDUSTRIELS PEINENT à RELEVER LEURS TARIFS

Les patrons prévoient un redressement des prix industriels, mais sont prudents pour leurs propres tarifs. Dans la mécanique, le matériel électrique et l'équipement ménager,les prixrestent à la baisse.

LES ACHATS DE TEXTILE PLONGENT

La consommation des ménages en produits manufacturés se redresse, grâce à l'équipement ménager. Mais les achats de textile plongent encore : -2,2% en novembre après -7% en octobre.

LES EXPORTATIONS TIRENT L'INDUSTRIE

Les ventes de produits industriels à l'étranger ne cessent de progresser. Celles de biens d'équipement enregistrent un nouveau record. De janvier à octobre, l'excédent industriel atteint 39,2 milliards .





USINE NOUVELLE N°2485

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