France Télécom - TeliaSonera : le syndrome du membre fantôme

Depuis que France Télécom a officialisé son offre d'achat de TeliaSonera, investisseurs et salariés agitent le traumatisme financier de 2002. Pourtant, la donne a changé et il ne faudrait pas que le syndrome du "membre fantôme" empêche l'opérateur d'aller

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

France Télécom - TeliaSonera : le syndrome du membre fantôme
France Télécom serait-il victime du syndrome du membre fantôme ? La littérature médicale décrit le phénomène à travers l'exemple de patients qui gardent des sensations de douleurs sur des membres amputés plusieurs années auparavant. Le lien avec l'opérateur français ? Depuis qu'il a officialisé son offre d'achat de TeliaSonera, investisseurs et salariés, à travers leurs représentants syndicaux, agitent le traumatisme de 2002.
Cette année là, France Telecom est au bord du gouffre. L'ex star du Cac 40 est en quasi faillite avec près de 70 milliards d'euros de dette, des fonds propres négatifs, un cours de bourse au plus bas et des banques qui rechignent à financer le redressement. Il faudra un changement de PDG -Thierry Breton succède à Michel Bon- et le soutien financier de l'Etat actionnaire pour éviter la catastrophe. Entre 1999 et 2001, France Telecom, à l'instar de ses concurrents européens, s'est jeté bras ouverts dans la folie internet et télécom. Sur la période, le groupe, avec le consentement de l'Etat, a levé 60 milliards d'euros pour espérer garder sa place dans la cours des grands. Trop lourd à supporter, d'autant que les marchés se retournent.

Faut-il s'inquiéter aujourd'hui de la fringale de Didier Lombard, jusque-là gestionnaire prudent du redressement ? Il peut engager 32 milliards d'euros dans la bataille tout en conservant un niveau d'endettement raisonnable, affirme-t-il. En outre, avec la fusion, il dégagerait de substantielles économies grâce aux synergies. Des arguments utilisés en leur temps par Michel Bon.

Cependant, on aurait tort de juger cette opération à l'aune des excès de 1999/2002. En effet, il n'est plus question de bulle spéculative autour des valeurs télécom. Ensuite, le montage financier envisagé est prudent. Alors que début 2000 France Télécom était contraint de financer ces acquisitions en cash pour ne pas diluer la participation de l'Etat, le groupe peut aujourd'hui se permettre de payer une grosse partie de la note en action (en l'occurrence près de la moitié).

On ne peut pas reprocher aux investisseurs et aux salariés d'avoir de la mémoire. Il ne faudrait pas, toutefois, que le syndrome du membre fantôme empêche France Télécom d'aller de l'avant.


Thierry Del Jésus

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS