Electronique

France Télécom perd du terrain dans les entreprises

Hassan Meddah ,

Publié le

Dans les zones denses, les opérateurs alternatifs proposent aux professionnels des offres de téléphonie à prix cassés. En face, France Télécom doit fournir des prestations au même prix sur l'ensemble du territoire.

France Télécom avait raison de redouter le dégroupage. Depuis qu'ils ont la possibilité de raccorder directement leurs clients à leur réseau de téléphonie, ses concurrents cassent les prix. Le 18 novembre, Cegetel a dévoilé des tarifs d'abonnement divisés par deux par rapport à l'opérateur historique. L'opérateur s'aligne ainsi sur l'offre de LDCom lancée en septembre dernier. « La concurrence sur l'abonnement constitue un réel élément de rupture du marché. C'est ce que craignait France Télécom depuis longtemps », explique Isabelle Chapis, du cabinet de conseils en télécommunications Arcome. Jusqu'ici France Télécom ne bataillait que sur les communications, le voici contraint de partager son trésor de guerre. « L'abonnement représente environ 30 % de la facture téléphonique d'une entreprise », explique Daniel Coté, directeur marketing de Cegetel.

Sur le terrain, les résultats se font déjà ressentir. « Deux mois après son lancement, 250 à 300 entreprises ont opté pour notre nouvelle offre. Les deux tiers sont des nouveaux clients », indique Pierre- Olivier Giffard, responsable de la ligne Produits Entreprises de LDCom. Cela ne surprend pas Didier Jouanneau, du cabinet d'études en télécommunications Cesmo : « Il y a une pression très forte en terme de réduction des coûts sur les responsables télécoms. A partir de 10 % d'économies, les entreprises sont prêtes à changer de fournisseurs. »

Chez France Télécom, on tire la sonnette d'alarme. « Dans certaines zones denses, notre part de marché est tombée à 30 % », constate Jean-Pierre Temime, directeur marketing Entreprises de France Télécom. Au niveau national, l'opérateur contrôle entre 60 à 70 % des communications d'entreprise.

Un lobbying de France Télécom

Mais les choses pourraient évoluer rapidement. Début 2002, l'opé-rateur avait déjà subi le choc sur le seul segment des appels locaux : en trois mois, sa part de marché avait chuté de 98 % à 80 %, après la mise en place d'un reroutage automatique vers l'opérateur de l'entreprise, quel que soit le préfixe sélectionné. « En matière tarifaire, nous sommes mis hors-jeu dans les zones d'affaires des grandes villes à forte concurrence car nos coûts sont obligatoirement "péréqués" (ndlr, obligation de fournir au même prix un service quel que soit l'endroit du territoire) alors qu'ils sont plus faibles dans ces zones et que nos concurrents n'ont pas les mêmes contraintes. Pour les appels d'offres des entreprises, nous demandons au régulateur la liberté de fixer nos tarifs dans les zones denses où nous ne sommes ni en monopole ni opérateur dominant, soit environ dans une dizaine de grandes villes », explique le responsable de France Télécom Selon lui, ces coûts varient sensiblement en fonction de la longueur de la ligne téléphonique, or celle-ci varie de 150 mètres à Paris à 2 kilomètre en province. Alors que France Télécom plaide sa cause auprès du régulateur, ses concurrents continuent de déployer leurs équipements. Cegetel et LDCom devraient couvrir les trois quarts des entreprises françaises d'ici à la fin 2004 avec leur offre de dégroupage.

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