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France Télécom et trois ex-dirigeants menacés de poursuite après la vague de suicides

Cécile Maillard , ,

Publié le

Le parquet demande le renvoi en correctionnelle de Didier Lombard, de son ex-bras droit et de l’ex-DRH de France Télécom pour harcèlement moral.

Si le procureur de la République de Paris est suivi par les juges, ce sera une première : l’entreprise France Télécom (devenue Orange), en tant que personne morale, et trois hauts dirigeants, seraient poursuivis pour harcèlement moral. Le parquet demande aussi de renvoyer en correctionnelle quatre autres cadres, pour complicité de harcèlement moral.

Il est rare que la justice mette en cause des responsables d’entreprise, pour des faits mis en œuvre par les supérieurs directs des salariés. France Télécom a été la première entreprise du CAC 40 mise en examen pour des faits de harcèlement moral. Un procès serait une première pour des faits de harcèlement touchant autant de salariés. Selon Le Monde, qui a eu accès au dossier, le parquet estime avoir "pléthore" de preuves de harcèlement, une "politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés et agents et à créer un climat anxiogène", selon le réquisitoire cité par la CFE-CGC.

Soixante suicides en trois ans

En 2006, la direction de l’entreprise se fixe pour objectif de faire partir 22 000 salariés (sur 110 000) et de faire changer de poste 14 000 autres, en trois ans. Cela se fera "d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte", déclare élégamment le PDG d’alors, Didier Lombard. Suivent des années de pressions, de méthodes visant au découragement des salariés, pour qu’ils quittent l’entreprise. Bilan : soixante personnes se suicident en trois ans, dont trente-cinq en 2008 et 2009. Les syndicats Sud et CFE-CGC portent plainte en 2009.

Sébastien Crozier, responsable de la CFE-CGC de l’entreprise, qui a beaucoup porté le combat contre les méthodes de la direction, ne se satisfait pas de la qualification de harcèlement moral retenue par le parquet, "terriblement réductrice" selon lui. Il demande aux magistrats instructeurs un renvoi en correctionnelle pour "mise en danger de la vie d’autrui et homicide involontaire".

En plus de Didier Lombard, seraient poursuivis le numéro deux de l’époque Louis-Pierre Wenes et l’ex-DRH Olivier Barberot. Les juges d’instruction devraient faire connaître leur décision – de poursuite ou non, et pour quelle qualification - d’ici quelques semaines.

Cécile Maillard

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