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France - Maroc : rencontre de haut niveau prévue à Paris d'ici juin

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A l'occasion de la visite "de travail" de Laurent Fabius au Maroc les 9 et 10 mars, les relations franco-marocaines semblent retrouver des couleurs. Une rencontre de haut niveau est programmée entre les deux pays à Paris d'ici juin. Elle fera suite à la visite prochaine de Manuel Valls en terre chérifienne, le 10 avril prochain.

France - Maroc : rencontre de haut niveau prévue à Paris d'ici juin
Accueil de Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération marocain, par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en octobre 2013
© Ministère des Affaires étrangères - Cyril Bailleul

30 novembre au 11 décembre 2015Rencontre de haut niveau franco-marocaine prévue "fin mai ou début juin". Il s'agit de la douzième édition du genre. Elle se tiendra à Paris, indique le communiqué du cabinet royal publié à l’occasion de la visite de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères les 9 et 10 mars au Maroc.

Forum Maroc France 2015
La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris organisera, au sein de la Bourse de Commerce parisienne, les 20 et 21 mai, le Forum de partenariat Maroc­ - France dans la continuité de celui qui s'est tenu à Casablanca en mai 2014. Il s'agit notamment d'accompagner les entreprises des deux pays dans leur développement.
Cette XIIème Rencontre de haut niveau permettra de "définir une feuille de route commune pour les deux années à venir et de lancer une série de nouveaux projets", précise le communiqué. La rencontre sera précédée d’un déplacement au Maroc le 10 avril de Manuel Valls, premier ministre français. Il sera suivi deux jours plus tard par Michel Sapin, ministre des Finances. L'entrevue la plus récente entre François Hollande et le Roi Mohamed VI a eu lieu à Paris le 9 février 2015.

Pour mémoire, la XIème rencontre de haut niveau entre les deux pays a eu lieu les 12 et 13 décembre 2012 à Casablanca et à Rabat. Elle avait réuni Jean-Marc Ayrault alors Premier ministre et Abdelilah Benkirane, chef du Gouvernement, ainsi que des délégations de chefs d'entreprises (Medef-CGEM). La rencontre s'était soldée par la signature de vingt-six accords à forte dominante économique.

perspectives d’avenir

Lors de la visite de Laurent Fabius, à côté des questions de politique générale et celles liées à la sécurité, les deux parties ont déjà abordé "les perspectives d’avenir".

Le ministre des affaires étrangères, accompagné entre autre d’une délégation de chefs d’entreprise a ainsi rencontré notamment Mohammed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances ainsi que Moulay Hafid El-Alamy ministre de l’Industrie.

Les deux pays entendent poursuivre leur partenariat dans les domaines du transport urbain (tramways de Rabat et de Casablanca), des villes durables (éco-cité de Zenata et ville nouvelle de Chrafate).

Pour rappel, La France truste (avec l'Espagne) les deux premières places à l'importation et à l'exportation pour le royaume comme l'a confirmé l'Office des changes marocain dans son rapport annuel 2013 définitif publié à l'automne dernier.

La France, via l'Afd notamment reste aussi un des premiers bailleurs de fonds bilatéral du Maroc. Une capacité d’engagement de 600 millions d'euros de  2014 à 2016 a été budgétée. Cette enveloppe sert d'appui aux politiques publiques et à l’accompagnement des opérateurs marocains en Afrique.

Quant au stock d’investissement direct français au Maroc, il a atteint fin 2012 le chiffre de 8,5 milliards d'euros. Il pèse plus de quatre fois le stock français en Algérie et près de 12 fois celui enregistré en Tunisie.

En termes de flux, cela représente plus de 40% des flux totaux des investissements directs étrangers (IDE) reçus sur la période 2003-2012 selon le service économique de l'ambassade de France au Maroc.

Le secteur industriel se taille la part du lion avec près de la moitié des investissements français. L'usine Renault de Tanger et les investissements "importants" dans l'industrie agro-alimentaire à travers les cas de la Centrale laitière avec Danone et Lesieur Cristal avec Sofiprotéol ont été parmi les exemples récents les plus marquants.

Au royaume, l'inverse s'est également produit avec la cession des 53% de Maroc Telecom détenue par Vivendi au groupe émirati  Etisalat en 2014 réduisant de facto le stock d'IDE français durant l'année écoulée. Le montant de cette cession s'est élevé à 4,2 milliards d'euros.

Enfin, en marge des sujets de politique bilatérale, de sécurité ou d'économie, Laurent Fabius a rappelé qu'un dossier rapprochait les deux pays, celui des négociations climatiques. Paris accueillera en effet la conférence internationale dite COP 21 espérée comme décisive. Et le Maroc en novembre 2016  la suivante, la COP 22, durant laquelle en cas de succès seront mises en musique les décisions prises à Paris.  Sur ce sujet "Nous allons travailler étroitement en liaison avec nos amis marocains, de la même façon que dans tous les champs d'expansion de nos deux pays", a indiqué Laurent Fabius le 9 mars dans son discours prononcé à Rabat.

Nasser Djamar

 

 

Verbatim
(extrait de l'intervention le 10 mars de Laurent Fabius à la radio Medi1)
Q - La France reste le principal partenaire économique du Maroc. Est-ce qu'il y a de nouveaux secteurs qui vont être exploités, je pense notamment à l'environnement ?
R - Oui, vous avez raison, nous sommes le principal investisseur. Du point de vue commercial, un certain nombre d'autres pays nous talonnent ; vous avez raison de citer l'Espagne et quelques autres.
Nous voulons rester le premier partenaire du Maroc et réciproquement, mais il faut, au-delà des domaines traditionnels, aller dans de nouveaux domaines. Vous avez cité avec raison les énergies renouvelables d'une façon générale, ce que l'on appelle la ville intelligente, c'est-à-dire aussi bien les transports, l'environnement, les villes économes en énergie, le tourisme, bien sûr - il y a énormément de choses à faire également dans ce domaine -, la formation.
Des grandes écoles s'implantent au Maroc - c'est une bonne chose. Il y a beaucoup d'étudiants marocains qui viennent en France. D'une façon générale, nous devons favoriser les secteurs créateurs d'emplois qui sont les secteurs du futur. Dans ces secteurs, tout ce qui est du domaine de l'environnement, des énergies renouvelables est à privilégier parce que le Maroc a de grandes perspectives, des grands programmes dans ce domaine ; nous-mêmes, nous avons des technologies excellentes.

Source : Quai d'Orsay

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