France : le photovoltaïque décolle, mais manque d'industrie amont

PricewaterhouseCoopers publie un premier rapport sur l'État de la filière en France. Un début de structuration prometteur, mais des points faibles, toujours.

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France : le photovoltaïque décolle, mais manque d'industrie amont
Va-t-on rattraper nos voisins européens leaders du solaire que sont l'Allemagne et l'Espagne ? Le cabinet PriceWater- houseCoopers apporte des éléments de réponse dans un premier rapport sur l'état de la filière photovoltaïque en France. Bâti à partir d'entretiens avec 32 acteurs clés du secteur, ce document fait état d'un début de structuration qui ne constitue pas encore, à proprement parler, une « filière », et met en évidence un amont atrophié et un aval atomisé.

Bien que la France reste à la traîne sur les grands pays solaires, le photovoltaïque commence enfin à s'y développer sérieusement et la croissance devrait s'accélérer. 105 MW ont été installées en 2008, dont 75 en métropole, selon Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire. Ce qui porte la puissance du parc installé à 175 MW. Une forte hausse de la capacité photovoltaïque installée qui devrait se poursuivre en 2009 à un rythme de 100 % à 200 % (soit 200 à 300 MW supplémentaires). Avec une centaine de dossiers déposés chaque mois, les installations professionnelles (entrepôts, grands magasins, parkings, exploitations agricoles, etc., supérieurs à 3kWh) connaissent la plus forte progression.

La hausse du tarif d'achat en 2006 (il avait été initialement instauré en 2002) a permis ce décollage du secteur, dont la capacité annuelle en 2005 n'avait pas dépassé 7 MW. Les bonnes conditions d'ensoleillement (notamment dans le sud) ont fait le reste.

Cette dynamique positive devrait durer au moins jusqu'à fin 2010 selon les experts de PricewaterhouseCoopers, grâce toujours au tarif d'achat et à l'ensoleillement mais aussi aussi à la baisse importante du prix des modules lié à la surproduction au niveau international et à des innovations technologiques (telles que celles mises au point par le CEA).

Atrophie en amont. Quelles entreprises profiteront de ce boom ? L'Hexagone compte un seul producteur de modules, Photowatt, dont la capacité de production n'excède pas 60 MW. Aujourd'hui, le développement du photovoltaïque en France bénéficie aux fabricants étrangers de cellules, qu'ils soient allemands (Q-Cells notamment), chinois (Suntech...) ou japonais (Sharp, Kyocera...). plutôt qu'aux emplois français et aux investissements étrangers. La santé de Silpro (qui devait développer une grande usine de production de silicium et de panneaux, avec le projet de reconversion d'un site du groupe chimique Arkema dans les Alpes de Haute-provence) n'est pas pour renverser la tendance : objet de l'attention élyséenne, Silpro a été placé en redressement judiciaire début avril.

Atomisation en aval. En aval, de nombreux petits acteurs (assemblage de modules et installation) se lancent sur le marché depuis deux ans. PricewaterhouseCoopers en a identifié pas moins de 180 et prédit une consolidation future, sous l'effet de la pression concurrentielle et d'une baisse envisagée des tarifs d'achat à partir de 2012. Le tarif de rachat par EDF des installations intégrées au bâti, actuellement de 60 c/kWh, est d'ailleurs le plus élevé au monde. Ce qui n'est pas le cas de celui concernant les centrales au sol, actuellement de 33 c/kWh.

Or les investissements nécessaires sont lourds, avec une masse critique qui croît à mesure que l'on remonte la chaîne de production. « Il y a un coup à jouer sur les couches minces, où la France pourrait jouer un rôle leader en matière d'innovation », assurent pourtant les experts de PWC. Malgré un manque de recul sur sa durabilité, les instituts de recherche estiment que cette technologie pourrait atteindre 50 % de parts de marché d'ici 5 ou 10 ans. Avec 20 % en 2008, les couches minces ont connu une pénétration nettement plus rapide que prévu. Les espoirs de la filière française reposent notamment sur le CEA, Photowatt et EDF EN, réunis au sein du projet PV Alliance consacré à la hausse graduelle du rendement des cellules de modules de silicium cristallin.

A.L.

Accéder au rapport complet de PricewaterhouseCoopers.


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