France : la baisse des exportations fait chuter la balance en mai

Facture énergétique élevée, euro fort et marchés européens en repli: tous les facteurs sont réunis pour creuser le déficit commercial en mai. Il atteint un nouveau record, à 45,6 milliards d'euros en rythme annuel.

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France : la baisse des exportations fait chuter la balance en mai

La balance commerciale penche encore un peu plus dans le rouge en mai, et cette fois, ce n'est pas très bon signe. Le déficit de la France a ainsi enregistré sa plus mauvaise performance mensuelle depuis une dizaine d'années, à 4,7 milliards d'euros contre 3,7 milliards en avril. En rythme annuel, il atteint 45,6 milliards.

Ce creusement est imputable à un raffermissement en mai des importations (à 39,4 mrds €) en même temps qu'un repli assez net des exportations (-1,7% à 34,7 mrds €). Ce n'est pas une bonne nouvelle, car il témoigne, comme toujours dans ces cas là, d'un manque d'attractivité des produits nationaux sur le marché intérieur et dans la zone euro. Mais aussi du prix trop élevé du "made in France" sur les marchés tiers. Au rang des coupables, l'euro fort et la facture énergétique et alimentaire qui pèsent dans les performances commerciales de la France.

Ralentissement marqué dans la zone euro

Mais le manque de compétitivité des produits hexagonaux n'explique pas tout. Pour Alexander Law, du cabinet Xerfi, l'économie française subit aussi les conséquences du ralentissement mondial. «La descente aux enfers des économies britannique et espagnole [très affaiblies par la crise de l'immobilier] a un impact direct sur la France », analyse l'économiste. Selon l'enquête des Douanes qui publient ces chiffres, «Allemagne exceptée, les exportations se contractent auprès de la plupart des partenaires de l'UE». Le déficit avec les pays de l'Union se creuse en mai pour atteindre 2,5 Mrds €. Quant à la robustesse des exportations outre-Rhin, elle est surtout liée « au programme Airbus qui dopent les échanges entre les deux pays », fait-remarquer A. Law. En mai, 20 Airbus (830 M€) ont été vendus contre 22 en avril (1 Mrd). Et l'Allemagne, premier exportateur mondial, montre aussi ses premiers signes d'essoufflement avec un excédent commercial en baisse plus que prévu en mai.

Les ventes d'équipements professionnels en repli

Autre élément pénible pour l'économie française, « les ventes industrielles reculent de 800 millions d'euros », note les Douanes. Dans le détail, les ventes d'équipements professionnels est en forte baisse depuis deux mois. C'est « le signal le plus inquiétant » estime Nicolas Bouzou, du cabinet Astérès, qui l'analyse également comme « la conséquence d'un freinage de l'investissement chez les grands partenaires commerciaux de la France ». Et «si le secteur venait à s'enrayer, sous les coups de boutoirs de l'environnement international, c'est toute la branche manufacturière qui souffrirait», prévient Alexander Law.

Du côté de l'industrie civile, le déficit automobile «plus structurel» selon l'enquête, s'alourdit encore en mai, dû au repli marqué des ventes de véhicules en Europe, tandis que les biens intermédiaires, en dents de scie, repartent à la baisse. Seul les biens de consommations «confirment leur rebond d'avril» indique les Douanes, grâce notamment à la bonne tenue des produits cosmétiques français, toujours très demandés à l'étranger.

Dans un contexte si déprimé, associé à une consommation toujours en berne et des entreprises qui anticipent une baisse de leurs investissements au second semestre, les conjoncturistes doutent que la France puisse atteindre les 1,7% de croissance cette année, tant promis par le gouvernement.

Carmela Riposa

A lire aussi :

Déficit commercial : les produits français pas assez innovants, 07/02/2008 : Interview de Marion Cochard, économiste à l'OFCE

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