Ford confirme sa volonté de se désengager de son site de Blanquefort en 2019

Les dirigeants de Ford Europe ont confirmé le 9 mars devant le comité de suivi de l’usine de Blanquefort (Gironde) leur volonté de se désengager courant 2019 de cette unité de production de transmissions qui compte 910 emplois.

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Ford confirme sa volonté de se désengager de son site de Blanquefort en 2019
Les dirigeants de Ford Europe ont confirmé vendredi devant le comité de suivi de l’usine de Blanquefort en Gironde leur volonté de se désengager dans le courant 2019 de cette unité de production de transmissions qui compte 910 emplois. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Les 910 emplois de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde) sont plus que jamais menacés. Le constructeur américain a confirmé son intention de se désengager du site courant 2019 lors d'un comité de suivi de l'usine le 9 mars. "Les projections actuelles de volumes de production sont saines jusqu'au cours de 2019, ce qui devrait permettre la poursuite de l'activité et des emplois associés (...). Nous ne voyons aucune opportunité de production Ford à plus long terme", a fait savoir le constructeur automobile par communiqué.

Le comité de suivi avait été mis en place en mai 2013 après la signature par les dirigeants de Ford Europe et les pouvoirs publics d'un accord-cadre d'une durée de cinq ans apportant 15 millions d'euros d'aides au site pour maintenir ses effectifs.

Les représentants syndicaux ont affiché leur déception à l'issue de la rencontre. "Les salariés de Blanquefort ont toujours relevé les défis qui leurs étaient présentés. Malgré tout, Ford a clairement dit aujourd’hui qu’il n’envisageait pas un avenir sur le site", a déclaré le délégué FO Jean-Marc Chavant à la sortie de la préfecture. Il précise que Ford envisagerait de trouver un repreneur.

Le délégué interministériel à la restructuration industrielle Jean-Pierre Floris qui a été désigné la semaine dernière par le ministre de l’Economie et des Finances pour présider un groupe de travail "au niveau de l'Etat", a indiqué ne pas avoir obtenu de réponse encore sur la façon dont la direction envisageait "le maintien d’un site pérenne du point de vue de l’activité et de l’emploi".

"Nous avons posé un grand nombre de questions à Ford sur les raisons de cette décision. (...) Les réponses nous ont été promises pour le prochain CE (Conseil d'entreprise, NDLR) de jeudi", a-t-il dit à la presse.

"PAS LE DROIT DE PARTIR"

La solution avancée par Ford de passer par un repreneur est unanimement rejetée par les élus et les salariés. "On ne leur reconnaît pas le droit de partir. On ne leur reconnaît pas la légitimité de décider. Il y a eu trop d’argent public en jeu", a déclaré le délégué CGT Philippe Poutou, candidat à l'élection présidentielle de 2017 et salarié de l'entreprise.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait dit le 2 mars attendre du constructeur américain "qu'il maintienne son engagement industriel sur le site", en rappelant que l'Etat et la région lui avaient "apporté des aides financières importantes". Le 3 mars le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux a demandé à être associé au dossier après avoir assuré qu’un grand groupe industriel allemand l’avait contacté pour une éventuelle reprise de la totalité du site.

En 2009, Ford avait déjà cédé son site de Blanquefort à HZ Holding, une entreprise allemande qui n’était pas parvenue à maintenir une activité suffisante. Sous la pression des syndicats et des pouvoirs publics, le constructeur américain avait repris son usine en 2011 et s’était engagée en 2013 à maintenir 1 000 emplois jusqu’à mai 2018 sous condition de versements des aides publiques.

Ce vendredi 9 mars les salariés ont organisé une journée "usine morte". Environ 500 d’entre eux ont rejoint la préfecture en cortège après avoir traversé à la mi-journée les artères du centre-ville. Ils ont reçu la visite d’anciens salariés de GM&S Industry qui ont mené un long combat syndical dans la Creuse pour sauver des emplois dans leur entreprise rachetée après une liquidation judiciaire.

Avec Reuters (Claude Canellas, édité par Caroline Pailliez et Eric Faye)

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