Electronique

France-comte : GEC-Alsthom appuie le développement économique local

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A Belfort, des PMI profitent de la nouvelle stratégie industrielle de GEC-Alsthom, qui se recentre sur ses coeurs de métier.

A Belfort, la nouvelle stratégie industrielle de GEC-Alsthom fait le bonheur d'Amele. Courant mars, le leader européen dans la réparation de produits informatiques et électroniques a ouvert une unité à deux pas du vaste site de GEC-Alsthom, en plein centre-ville. " L'effectif actuel de sept personnes devrait être porté à trente-cinq en fin d'année ", affirme Thierry Voirin, directeur général. L'entreprise de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui réalise 100 millions de francs de chiffre d'affaires, fabriquera des plates-formes moyenne tension pour les turbines à gaz et assurera la réparation des cartes électroniques, jusqu'alors réalisée principalement en interne. Pour Amele, c'est une aubaine : " Cette opération nous donnera l'opportunité d'étendre nos activités jusqu'à la frontière allemande. " Pour GEC-Alsthom, le plus important employeur du Territoire, avec 7 000 salariés, " c'est une véritable révolution ", résume Didier Forget, P-DG d'European Gas Turbines (EGT), l'une des filiales du géant de l'électromécanique. L'époque où le monstre sacré faisait et défaisait le moral de l'économie locale au gré de l'état de santé de son carnet de commandes est en passe d'être révolue. Désormais, le local ne passe plus au second plan. Au contraire, le groupe s'appuie sur des compétences de proximité pour améliorer ses performances.

Abandon des activités les moins compétitives

Le postulat est simple. A l'instar du groupe tout entier, la division production d'énergie, dont Belfort est le plus grand site mondial, a l'obligation de réduire ses coûts de 30 % dans les trois ans. La concurrence mondiale est de plus en plus rude. Les prix des turbines à gaz chutent de 10 à 15 % par an. Et EGT a l'ambition de gagner 30 % de parts de marché d'ici à la fin de 1999. " Nous avons décidé de nous défaire de nos activités les moins compétitives pour les déployer à l'extérieur et, chaque fois que possible, avec des partenaires locaux ", explique Patrick Pouliquen, directeur des opérations. Dans cette logique, EGT abandonnera trois activités dans les six mois : la maintenance, la chaudronnerie et la fabrication des cartes et des sous-ensembles de contrôle. Les salariés occupés à ces postes seront transférés dans des services plus stratégiques. Début avril, EGT a suscité une autre implantation. Jean-Francisque Pain, ingénieur en électroérosion, vient de créer P2E Industrie. Avec quinze emplois au démarrage, la PMI reprend l'ensemble de l'usinage par électroérosion de la filiale de GEC-Alsthom. " Nous avions régulièrement recours à des sous-traitants étrangers, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. La proximité aura forcément des incidences sur les coûts ", précise Patrick Pouliquen. Le partenariat établi avec ces PMI sert d'exemple. Le groupe s'engage au départ à fournir l'essentiel de leur plan de charge pour, au bout de quelques années, se fondre dans leur chiffre d'affaires. " Le procédé utilisé, qui permet d'usiner les matériaux les plus durs, m'ouvre des perspectives dans l'aéronautique ", assure le patron de P2E Industrie. " Dans dix-huit mois, GEC-Alsthom ne représentera plus que 40 % de l'activité ", confirme Thierry Voirin, en contact avec d'autres donneurs d'ordres de l'est de la France. En contrepartie, les nouveaux partenaires d'EGT lui réservent leurs avancées technologiques. Et la mayonnaise prend grâce à l'intervention de deux marieurs.

Une autre façon de créer des emplois

L'agence de développement économique locale, l'Adebt, offre ses services de prospecteur et toute la panoplie d'aides à l'installation. GEC-Alsthom Partenaires, structure interne au groupe créée l'an dernier, apporte sa contribution en matière de recherche et de formation, voire jusqu'à une prise de participation. L'un et l'autre travaillent d'ailleurs actuellement à constituer dans le nord de la Franche-Comté un pôle de chaudronniers capables de répondre au cahier des charges du groupe. " GEC-Alsthom n'embauchera plus ; c'est donc une autre façon de créer quand même des emplois ", soutient Denis Karm, un ancien d'Alsthom reconverti dans le conseil.



Le plus gros site mondial

Avec 7 000 salariés, les sites de Belfort et de Bourogne constituent l'ensemble le plus important du groupe dans le monde. Les divisions production d'énergie et transport sont les mieux représentées, de la conception (ingénierie, bureaux d'études) en passant par la fabrication (mécanique, chaudronnerie et peinture) puis l'intégration (assemblages, contrôle qualité et essais). La baisse d'activité, en 1996, de la filiale European Gas Turbines (division production d'énergie), qui s'est traduite par un sureffectif de l'ordre de 10% (1958 salariés au total) a été compensée par du chômage technique. La division transport (1000 salariés), qui fabrique notamment les rames du TGV et du métro, subit davantage les aléas du plan de charge. Le plan social décidé en 1995 et concernant 289 postes s'achevant, un second a été annoncé, conduisant à la réduction de 200 postes à Belfort.



Un accueil avantageux

Grâce à leur installation dans la zone d'activités de Belfort Technopôle, située en zone franche, Amele et P2EI ont bénéficié de conditions d'accueil avantageuses aux niveaux fiscal et social. De surcroît, Amele occupe un ancien bâtiment de Bull, réaménagé par les collectivités locales il y a quelques années pour héberger Gigastorage. Et P2EI a reçu une avance remboursable pour adapter un bâtiment existant à son activité.
 

 

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