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L'Usine Santé

Fragilisé en France, le laboratoire Servier contraint de licencier

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Dernier laboratoire à avoir échappé aux plans sociaux, Servier est condamné à se restructurer à son tour. Plombé en France par un marché pharmaceutique morose et l’affaire Mediator, il devrait supprimer 610 postes de commerciaux.


Laboratoire Servier en Normandie  - Crédits Servier

Il était le dernier groupe pharmaceutique à avoir échappé à une restructuration dans l’Hexagone. Un an après son concurrent Pierre Fabre, le laboratoire français Servier a annoncé à son tour, jeudi 26 novembre, un plan social.

Ses commerciaux – les visiteurs médicaux – sont directement visés : 610 postes sur les 690 devraient être supprimés d’ici le second semestre 2016. Incluant des licenciements.

Interrogé par L’Usine Nouvelle, le groupe dit vouloir trouver des solutions de reclassement interne ou externe et les meilleures solutions d’accompagnement possibles pour ses collaborateurs. Le processus d’information-consultation débutera le 3 décembre.

Les ventes en France ont dégringolé de 15% en deux ans

"Ce projet est difficile mais nécessaire pour sauvegarder la compétitivité de notre groupe dans un contexte de marché de plus en plus difficile" estime Olivier Laureau, le président du groupe cité dans un communiqué.

Comment le groupe veut sauver sa compétitivité
Le laboratoire se recentre dans les maladies qu’il couvre et mise beaucoup sur l’oncologie. Il va renforcer la promotion de ses médicaments dans les pays émergents, sur lesquels il mise beaucoup. Mais aussi intensifier sa politique de partenariats et développer ses activités génériques (il détient notamment la marque Biogaran en France) et les bio-similaires.
Servier a vu en deux ans son chiffre d’affaires France s’écrouler de 15%, pour atteindre 892,6 millions d’euros sur un chiffre d’affaires mondial d’environ 4 milliard d’euros. Les causes sont multiples. Les baisses de prix sur les médicaments imposées par le gouvernement pour soulager le budget de la Sécurité Sociale plombent toute l’industrie. Ce dont convient Servier, qui se dit "pénalisé par des pressions concurrentielles, réglementaires et économiques (pertes de brevet, progression rapide des génériques, déremboursements, baisses de prix imposées, retards dans l’obtention d’Autorisations de mise sur le marché) qui se sont considérablement accrues au cours des dernières années, et par la complexité à développer de nouvelles solutions thérapeutiques".

Des mesures pour préserver l'emploi il y a un an

Il souffre également de l’impact de l’affaire Mediator, cet adjuvant au diabète au centre d’un scandale sanitaire déclenché en 2010. Depuis, les procédures judiciaires sont en cours et l’image du laboratoire a été fragilisée en France, notamment auprès des médecins qui prescrivent ses médicaments.

Le laboratoire avait tout fait pour préserver l’emploi dans l’hexagone, annonçant en janvier dernier qu’il réorganisait sa R&D et se lançait dans la sous-traitance, afin de préserver l’expertise de ses usines françaises. "La politique de la maison est d’essayer de trouver des solutions pour éviter de prendre des décisions démotivantes, estimait alors Olivier Laureau. Jusqu’à ce jour, la maison a pu faire l’économie [d’un plan social]". Mais pour combien de temps ?, s’interrogeait alors L’Usine Nouvelle.

Gaëlle Fleitour

 

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5 commentaires

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01/10/2016 - 12h50 -

Encore une fois personnes ne parlent des cols blancs qui vont perdre leur travail Ni Media ni journaliste ne se préoccupent de ce licenciement de masse Quel beau pays que la France
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02/12/2015 - 17h44 -

Merci aux politiques qui auront detruit des milliers d'emploi de visiteurs medicaux, etat providence, ou etat destructeur d'emploi. Et apres on fait quoi pour les re orienter professionnellement... rien ou pas grand chose! C'est honteux !
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29/01/2017 - 19h02 -

Pour une fois on ne peut pas accuser uniquement les politiques. Les dirigeants du laboratoire. Ont creuse leur tombe avec le mediator ..en attendant d autres scandales
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28/11/2015 - 13h57 -

Un coup extrêmement dur, le secteur pharmaceutique et en général de la chimie est complètement bouché en France, ces pauvres gens licenciés se retrouveront sur le carreau et n'ont aucun avenir.
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27/11/2015 - 13h22 -

En cette periode de chomâge croissant, c'est une honte que la direction de Servier licencie des centaines de collaborateurs. Le groupe gagne de l'argent et se situe dans le classement des entreprises les plus riches de France.
Discours mensongers vis à vis des salariés, DRH incompétent et dépassé et absence de syndicats : quels sont les recours des salariés ?
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27/11/2015 - 12h38 -

Il faut décoder :
Comme il devient beaucoup plus délicat d'inciter les prescripteurs pour des produits hors A.M.M., c'est très logique de tailler dans les effectifs d'activités de marketing médical : Pendant que les victimes du Médiator attendent encore les "réparations", Servier peut sortir le champagne et dire merci à Irène pour l'argent facilement récupéré avant même d'assumer...
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