Forte mobilisation dans les ports autonomes

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L'appel à la grève de 24 heures de la fédération CGT des ports et docks (FNPD-CGT) est très suivie aujourd'hui parmi les grutiers et conducteurs de portiques. L'activité de tous les ports autonomes français (Dunkerque, Le Havre, Nantes-Saint-Nazaire...) s'avère fortement perturbée, voire totalement à l'arrêt comme à Marseille-Fos où les grévistes ont installé, ce matin, des barrages filtrants aux accès routiers des terminaux à conteneurs.

Selon la direction nationale des Ports, « on compte 100% de grévistes dans la manutention, tandis que la grève est un peu moins suivie chez les dockers et assez peu suivie chez les administratifs. » Pour la FNPD-CGT, premier syndicat du secteur portuaire, « la grève est largement suivie, à la fois chez les dockers et les personnels des établissements. »

Contre la privatisation par la loi

Les grévistes expriment leur opposition au plan de relance des ports, annoncé début janvier par François Fillon. Celui-ci envisage une reprise des investissements de l'Etat, une « modernisation de la gouvernance des ports » et le transfert vers le privé des outillages et des personnels de manutention, qui représentent 2000 personnes. Salariés des établissements publics que sont les ports autonomes, les grutiers et portiqueurs (qui déchargent les navires) s'opposent particulièrement à ce dernier point. Ils reçoivent le soutien des dockers (qui transbordent les conteneurs vers les camions), dont l'activité a été privatisée en 1992.

La FNPD-CGT se dit favorable à un commandement unique pour les dockers, grutiers et portiqueurs, ainsi qu'à une évolution des conventions collectives des deux corps de métier. Mais elle conteste l'imposition par la loi de la privatisation des outillages et personnels. « On est prêts à avoir des ambitions pour les ports français mais, nous ne sommes pas d'accord avec une dérèglementation totale », a prévenu Daniel Lefebvre, secrétaire général de la fédération CGT des ports et docks.

Sous l'égide d'un médiateur, une réunion devait se tenir dans l'après-midi, au secrétariat d'Etat aux transport, entre les représentants des ports autonomes, ceux du patronat de la manutention portuaire et la FNPD-CGT. « On va mesurer la volonté des acteurs d'engager de vraies négociations », a déclaré Daniel Lefebvre. Sur le terrain, un élargissement de l'action est envisagé si aucune avancée ne ressortait de la réunion.

Matthieu Maury

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