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L'Usine Agro

Fort d’une nouvelle organisation, le laboratoire Bayer doit changer de patron

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Inventeur de l’aspirine, le groupe allemand Bayer vient de se recentrer sur la santé et l’agrochimie. Mais affronte le départ de son président, en partance pour Unilever.

Six ans après son arrivée à la tête du groupe pharmaceutique et chimique allemand, le président de Bayer Marijn Dekkers a profité des résultats annuels du groupe le 25 février à Leverkusen pour annoncer son départ. En mai, il ira prêter main forte au géant anglo-néerlandais de l'agroalimentaire et des cosmétiques Unilever, en panne dans les pays émergents, dont il dirigera le conseil de surveillance.

La transition chez Bayer devrait se faire sans heurt : c’est Werner Baumann, ancien directeur financier devenu patron de la stratégie et de la gestion du portefeuille du groupe, qui prend le relais. Un cadre qui a réalisé toute sa carrière dans la maison, profil plus habituel pour Bayer que le recrutement externe de Marijn Dekkers, venu du fabricant d’instruments de laboratoire Thermo Fisher.

Le Top 3 de Marijin Dekkers

Ce dernier en a profité pour rappeler ses trois actions marquantes au sein du groupe allemand. Comme le rachat fin 2014 des activités de santé grand public de son concurrent américain Merck&Co. Il figure ainsi aujourd’hui dans le top 3 mondial des vendeurs de produits sans ordonnance en pharmacie, aux côtés du français Sanofi (qui devrait s’emparer de la division de Boehringer Ingelheim) et de l’anglais GSK (qui a fusionné cette activité avec celle de Novartis).

Trois divisions sur quatre en croissance chez Bayer
En 2015, Bayer a vu ses ventes augmenter de 2,7%, à 46,3 milliards d’euros. Pharmacie (un tiers du chiffre d’affaires), santé grand public (15% des résultats), agrochimie (un quart) : toutes ses divisions (la santé animale lui rapporte également 1,5 milliards d’euros) sont en hausse, sauf la chimie plastique avec Covestro (12 milliards d’euros), désormais cotée en partie en bourse mais dont il entend se séparer à terme. Son bénéfice net a grimpé à 4,1 milliards d'euros En 2016, le groupe allemand compte dépasser les 47 milliards d’euros de ventes.

Marijn Dekkers a aussi impulsé la cession de la branche de chimie plastique (Material Science) du groupe, jugée moins rentable. Introduite en bourse en octobre dernier sous le nom de Covestro, Bayer en détient encore 69% du capital, mais il en a abandonné la direction et promet d’en sortir "à moyen terme".

Des marchés très concurrentiels

Des opérations qui ont permis au géant allemand, recentré sur les "sciences de la vie" de disposer depuis janvier d’une nouvelle organisation autour de trois grandes divisions: la pharmacie, avec des médicaments vendus sur ordonnance (cancer, ophtalmologie…), la santé grand public (Consumer Health), et l’agrochimie (Crop Science), dans laquelle il figure en numéro deux mondial des pesticides et numéro cinq des semences.

Si Bayer affiche des belles performances en 2015 (voir encadré), il va devoir se battre sur des marchés en pleine consolidation. Comment résister ? Dans la santé grand public, confie la patronne de la division Erica Mann à L’Usine Nouvelle, le fabricant de la célèbre Aspirine compte sur la puissance de ses marques et sa capacité à les adapter aux modes de vie des consommateurs.

En vendant ces médicaments à l’unité dans les pays émergents, ou en misant sur le packaging et les nouvelles formulations : alors qu’elle n’est plus brevetée, l’aspirine cartonne toujours en Allemagne grâce à ses différents formats. Tandis que les crèmes solaires rachetées à Merck&Co, connues outre-Atlantique sous le nom Coppertone, vont être lancées en mars en Europe sous la gamme dermatologique de Bayer, Bepanthen. Tandis que le groupe reste sur le qui-vive pour profiter d’éventuelles opportunités de rachat.

Modification de l’ADN et agriculture numérique

Côté agrochimie, un secteur fragilisé par la demande en berne sur tout le continent américain, les cartes sont en train d’être rebattues. Les géants américains de la chimie Dupont et Dow Chemical ont récemment annoncé leur fusion, tandis que l’agrochimiste suisse Syngenta devrait passer sous pavillon chinois. Bayer va devoir enrichir son portefeuille de semences en blé, soja, et cultures potagères, confie Liam Condon, le dirigeant de Crop Science, à L’Usine Nouvelle.

Et croit au potentiel de nouvelles technologies. Notamment dans la modification de l’ADN, via une joint-venture avec l’entreprise Crispr Therapeutics qui lui donnera accès à des applications dans la pharmacie et l’agrochimie. Ou la digitalisation de l’agriculture, en proposant demain aux agriculteurs des solutions alliant produits physiques (pesticides…) et numériques (plate-forme de cartographie du champ, de prédiction de maladies…). Bayer vient ainsi d’annoncer le rachat de l'éditeur de logiciels proPlant, dont les services d’alertes de maladies et de diagnostic des plantes sont utilisés par 100 000 clients en Europe.

Gaëlle Fleitour, à Leverkusen

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