Formation : « Il faut adapter les formats et les parcours »

A travers plusieurs études et outils, la branche plasturgie insiste à la fois sur la nécessité de développer l’usage du numérique dans les entreprises et d’intensifier les efforts en matière d’innovation pédagogique. Le point avec Aurélie Bruder, la nouvelle responsable Formation de la Fédération de la plasturgie et des composites.

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Formation : « Il faut adapter les formats et les parcours »

Comment évoluent aujourd’hui dans le secteur les demandes des entreprises et des salariés en matière de formation et d’innovation pédagogique, notamment par rapport au numérique ?

En parallèle de l’étude sur les impacts du numérique sur les emplois et les compétences en plasturgie qui a été récemment menée dans le cadre de l’Edec Plasturgie, il a été mis en place un outil d’autodiagnostic à destination des entreprises pour mesurer leur degré de maturité par rapport au numérique. Force est de constater qu’un certain nombre de nos entreprises, notamment les plus petites, n’ont pas suffisamment anticipé ce virage qu’est le numérique. Il y a donc tout un travail à accomplir et pas seulement en matière d’innovation pédagogique pour faire entrer le numérique dans nos entreprises. La branche y travaille déjà en ayant mis en place, toujours dans la cadre de l’Edec plasturgie, une expérimentation Afest (Action de formation en situation de travail) qui s’achèvera à la fin de l’année. La période exceptionnelle que nous venons de passer va sans aucun doute à accélérer les choses.

La branche vient de sortir un rapport sur l’adaptabilité pédagogique en plasturgie. Quelles en sont les principales conclusions ? Quels sont les freins à la formation rencontrés par les entreprises ?

Le principal constat que nous pouvons faire, c’est que nous avons encore beaucoup de travail en matière d’innovation pédagogique. Il va falloir avant tout sensibiliser les salariés, les entreprises, sur les possibilités étant à leur disposition et par là même appuyer l’intégration de l’existant dans les entreprises. Du coté des organismes de formation, ces derniers avaient déjà engagé des travaux qui se sont accélérés avec la dernière crise dans le but de maintenir les parcours engagés ou de répondre aux besoins urgents des entreprises et de leurs salariés. Des modules de formation entièrement à distance existent aujourd’hui mais il faut poursuivre ces travaux. Tous les acteurs sont concernés.

Quelles préconisations pour développer de nouveaux formats pédagogiques et faire en sorte qu’entreprises et salariés les connaissent et s’en saisissent ?

Il convient avant tout répondre aux besoins, aux attentes. Être dans le concret et l’opérationnel. Il faut des formations pratiques, courtes, répondant aux besoins de chaque métier et adapté aux parcours de chaque individu. Le numérique est partout désormais, il faut donc adapter les formats et les parcours. Ensuite, c’est comme tout, il faudra faire savoir, promouvoir ces nouveaux formats. Il va aussi falloir réfléchir à des formations mêlant présentiel et distanciel pour minimiser les temps de déplacement et d’absence en entreprise des collaborateurs.

La crise sanitaire va-t-elle accélérer ce mouvement ?

Très certainement. Les entreprises comme les salariés ont été confrontés à une situation inconnue et nouvelle dont il va falloir tirer les conséquences et notamment en matière de formation. La branche, dans le cadre de l’Edec plasturgie, ouvre tout juste une étude d’opportunité sur les CCP (certificats de compétences professionnelles) pour permettre la mise en place de formations de courte durée à destination des salariés qui souhaitent faire reconnaître des compétences spécifiques qu’ils détiennent. Nous n’allons pas nous interdire de réfléchir à proposer ces formations en e-learning, en tout ou partie.

Après le parcours Expert, la branche propose maintenant un Mooc de sensibilisation à l’économie circulaire : quels contenus et quels objectifs ?

Contrairement au Spoc, qui est une formation destinée à des experts de l’économie circulaire avec un parcours pédagogique établi pour être suivi sur plusieurs semaines, le Mooc est ouvert à tous. Son principal objectif est de sensibiliser à l’économie circulaire et de donner des clés de langage sur ce sujet. Il s’agit par exemple de donner des éléments de réponse à un salarié qui travaille dans une entreprise de plasturgie et ambassadeur de nos métiers, il disposera d’éléments de réponse concrets à des propos qui peuvent être trop souvent à charge, de façon injustifiée, contre les pièces et produits plastique. Le grand public, les jeunes en recherche d’orientation, les lycéens, les ingénieurs en formation, toute personne qui souhaite comprendre ce qu’est l’économie circulaire ; quels sont ses enjeux ; ce qu’est l’éco-conception des produits de la plasturgie est invitée à suivre ce Mooc. Il est important que tous, nous soyons sensibilisés à ce sujet, de l’éco-conception jusqu’au recyclage qui mobilise également chacun de nous et fait partie de nos gestes citoyens.

Cette initiative illustre-t-elle le type d’actions à mener pour lever certains freins à la formation ?

Ce n’était pas l’objectif premier du Mooc, ni même du Spoc. Mais la crise sanitaire est passée par là. On ne sait pas ce qui nous attend dans les mois qui viennent. Alors oui, finalement ces outils seront peut-être des moyens de lever des freins à la formation et de former des personnes qui n’avaient jusque-là pas envisagé de s’engager dans une formation. Un individu qui souhaite contribuer à cet enjeu, agir en matière d’écoconception ou pour améliorer les propriétés des matières par exemple et se former pour cela.

La transformation numérique touche par ailleurs les entreprises de la plasturgie. Quels impacts sur les besoins en compétences relèvent l’étude sur la question publiée en début d’année ?

Comme déjà dit, il faut avant tout répondre aux besoins, aux attentes. Le numérique est désormais présent dans tous les métiers, que ce soit en production, en maintenance, en fonction support ou bureautique. Les machines sont de plus en plus connectées, la dématérialisation des documents ou du transfert des données passe aussi par la digitalisation et ce à tous les niveaux (réception de commande, gestion des stocks, maintenance des machines…). La formation des salariés mais aussi des jeunes est nécessaire au maintien de la compétitivité des entreprises.

Quelles stratégies les entreprises peuvent-elles adopter pour accompagner les salariés dans cette transition numérique ?

La stratégie n’est pas nécessairement différente entre les grands groupes et les TPE/PME. Dans tous les cas elle va passer par de l’investissement. Pour les grands groupes la démarche est déjà engagée, pour les TPE/PME il y a encore du chemin à parcourir mais c’est en cours. Dans tous les cas, l’objectif est de gagner en compétitivité et/ou en agilité tout en s’adaptant pour répondre aux besoins et aux attentes des clients.

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