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Quotidien des Usines

FORMATION : DOSSIER APPRENTISSAGEApprentissage dans l'enseigne ment supérieur : l'engouementL'apprentissage, dans le supérieur, est aujourd'hui plébiscité. Par les écoles, qui y voient une façon d'étoffer leurs formations. Par les entreprises, qui peuvent recruter de jeunes cadres " à moindres ri...

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FORMATION : DOSSIER APPRENTISSAGE

Apprentissage dans l'enseigne ment supérieur : l'engouement

L'apprentissage, dans le supérieur, est aujourd'hui plébiscité. Par les écoles, qui y voient une façon d'étoffer leurs formations. Par les entreprises, qui peuvent recruter de jeunes cadres " à moindres risques ". Par les jeunes, séduits par une formation mêlant études et salaire.



Une multiplication par quatre en cinq ans : la progression est spectaculaire ! Le nombre d'apprentis dans les écoles et les universités explose littéralement. En 1998, ils étaient plus de 34 000 à partager leur temps entre les amphis et les ateliers. 34 000 à renoncer aux vacances universitaires. 34 000, aussi, à toucher un salaire. Encore marginal, au regard de la population étudiante (2 % environ), l'apprentissage, dans l'enseignement supérieur, a aujourd'hui largement gagné ses lettres de noblesse. Il fait même mieux que de gagner du terrain. Tous les ans les taux de progression frôlent des records : entre plus 63 %, score de 1993/1994, et plus 40 % en 1997/1998. Il est vrai que la formule a démarré très récemment. En 1987, le législateur l'a ouverte aux niveaux supérieurs en introduisant dans son champ " tous les diplômes de l'enseignement technologique et professionnel et les titres homologués ". Il a même permis de souscrire des contrats successifs. L'année 1991 marque l'ouverture des premières filières d'ingénieurs par apprentissage, la filière Decomps (Nouvelles filières d'ingénieurs, NFI), notamment, avec " Ingénieurs 2000 ", préparée au Conservatoire national des arts et métiers. Puis les écoles de commerce, l'Essec en tête, emboîtent le pas dès 1993.

Les écoles de commerce en première ligne

Aujourd'hui, l'engouement est bien réel. Pas un mois ne se passe sans qu'un IUT, une Sup de co, une école d'ingénieurs ou une université annonce l'ouverture d'une section par apprentissage. Et le supérieur pèse désormais pour 10 % dans le total des apprentis. Le foisonnement est tel que les pouvoirs publics sortent aujourd'hui de leur passivité. Notamment le ministère de l'Industrie, qui a commandé et vient de recevoir un " rapport bilan " spécifique sur le sujet. Pourquoi ce raz de marée ? Il est clair que les établissements d'enseignement poussent à la roue. En première ligne, les écoles de commerce. On estime que, sur la trentaine d'écoles, près de la moitié propose la formule à leurs étudiants. Soit par petites doses, comme à Clermont-Ferrand (20 % des effectifs), à la Rochelle (30 %) ou à l'IECS de Strasbourg, qui ouvre tout juste le dispositif pour une douzaine d'étudiants. Soit à dose plus massive, comme à l'ESC de Pau, qui compte une moitié d'étudiants-apprentis en deuxième et troisième années (115) ou à l'ESC de Saint-Etienne, qui, jouant du " tout-alternance " sous statut scolaire ou sous contrat de travail depuis 1995, en a fait un véritable slogan, l'" Ecole des entrepreneurs ". Clairement en compétition sur le recrutement de leurs effectifs, ces écoles l'utilisent comme argument de vente. " Sur un plan concurrentiel, il était important d'avoir l'apprentissage dans notre offre de formation ", souligne Laurent Hua, directeur de l'ESC de Clermont-Ferrand et promoteur de cette voie, en 1996.

Le mouvement n'épargne pas les grandes écoles : les deux tiers sont concernés. Et les départements d'université ne sont pas en reste. Les IUT, bien sûr, champions de l'apprentissage, avec leurs DUT tertiaires " techniques de commercialisation ", commencent à élargir leur palette sur les DUT industriels. Notamment en chimie, en informatique ou en réseau de télécommunications.

Des sections plus classiques sur le créneau

Les IUP, proposant des bac + 4 avec le titre d'ingénieur maître, tel celui de la vision, à Saint-Etienne, ou des systèmes automatisés de production en industries agro- alimentaires à Besançon, se sont mis aussi sur le créneau. Tout comme des sections très classiques en faculté. Aujourd'hui, une licence de gestion de production, un DESS de droit des assurances ou un DRT en génie mécanique peut se faire par apprentissage. " C'est l'avenir de l'université. Etant donné que la démographie étudiante a amorcé sa décrue, les facultés ont tout intérêt à ouvrir leurs locaux aux apprentis... ", explique Christian Forestier, recteur de l'académie de Versailles. Une manière aussi, pour ces établissements - et surtout les écoles -, de récupérer de façon très légitime, ou pas du tout, de la taxe d'apprentissage pour alimenter leurs caisses. Les régions elles-mêmes, qui ont pouvoir de décision pour toute ouverture de section d'apprentissage ont stimulé le mouvement. Elles ont souvent, pour des raisons politiques, soutenu la multiplicité des initiatives. C'est le cas de Rhône-Alpes, de l'Ile-de-France, et jusqu'à maintenant du Nord - Pas-de-Calais... De leur côté les industriels ont saisi l'occasion. Toujours friands de formations à leur mesure et de jeunes toujours plus opérationnels, ils réclament ces cadres-apprentis qui s'immergent dans leur environnement. Surtout quand il y a pénurie de qualifications !

C'était bien l'optique des NFI, jugées exotiques à l'époque, visant à former des techniciens au métier d'ingénieur de production, via la formation continue mais aussi via l'apprentissage. C'est cette modalité qui a mordu. Ingénieurs 2000, par exemple, consiste en du pur apprentissage, avec des groupes industriels pour partenaires : Renault, Snecma, EdF, Usinor, Thomson et Schneider. Depuis, les demandes des industriels, gros ou petits, se sont multipliées, parfois sur des métiers pointus : opticiens-lunetiers ou spécialistes en environnement... Les établissements n'ont eu qu'à les cueillir, avec plus ou moins de bonheur.

Des recrutements plus sûrs pour les entreprises

Autres raisons de ce formidable essor : l'économie, de temps et d'argent, réalisée sur un recrutement de cadre parfois risqué. " Nous gommons les aléas de l'embauche ; nous nous connaissons. Les apprentis ont baigné dans la culture de l'entreprise. Ils en connaissent le fonctionnement, les imperfections ", explique Thierry Ferrand, maître d'apprentissage chez Galva Eclair, à Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l'Allier (glissières de sécurité, galvanisation, 500 salariés). " Nous réalisons une réelle économie d'intégration. Chez nous, les techniques sont pointues. Avant qu'un technicien de maintenance soit opérationnel, il faut bien six mois. Un apprenti qui s'est bien adapté aura toujours la priorité sur un poste face à un candidat extérieur ", renchérit Gérard Fabry, responsable de formation aux Fonderies du Poitou, à Châtellerault (960 salariés), qui ont déjà embauché un étudiant-apprenti de l'IUT de Poitiers et qui en forment un second. Enfin, les grands groupes y trouvent un autre intérêt. " C'est aussi l'opportunité de diversifier nos sources de recrutement ", explique un responsable des ressources humaines chez L'Oréal, qui a adopté la formule en 1993. Et recrute même des apprentis en recherche. Les " desiderata " des entreprises sont naturellement relayés par les branches professionnelles, qui restent, en matière d'apprentissage, des acteurs incontournables. Ainsi, les NFI ont été soutenues par elles, notamment la métallurgie, qui, par ce biais, a contribué à propulser l'apprentissage des ingénieurs. L'UIMM en forme ainsi deux mille par an. Et, globalement, elle comptabilise 6 000 jeunes apprentis dans le supérieur. La plasturgie aussi, confrontée à une pénurie de compétences, a créé de toutes pièces une école, en partenariat avec la chambre de commerce d'Alençon, comprenant une voie par apprentissage : l'Ispa. Et, depuis l'an dernier, le titre d'ingénieur-apprenti étant homologué par la commission des titres (CTI), un candidat peut effectuer presque toute la filière sous contrat de travail, du BEP à l'ingénieur.

Autonomie et salaire pour l'apprenti

Reste le jeune ! Gratuité des études, rémunération progressive (41 % du Smic en première année, 49 % pour la seconde, et 65 % pour la troisième pour les apprentis de 18 à 20 ans), statut de salarié, autonomie..., la formule a de quoi séduire. " J'ai tout de suite accroché à l'alternance. C'est un moyen d'être indépendant, avec un salaire. Chez mon employeur, j'ai un bureau, un téléphone. Et j'ai tous les avantages de la fac : fax et Internet à volonté, équipements de laboratoire, professeurs re-nommés... ", confirme Ludovic Lecellier, 20 ans, apprenti-ingénieur à l'Ifitep (Institut de formation d'ingénieurs en techniques électroniques), sur le campus de Jussieu (Paris-VI). " C'est une expérience fabuleuse ! De plus, j'ai une allocation logement, j'ai ma carte d'étudiante et je cotise pour ma retraite. Et, à la fin de mon contrat, j'aurai droit aux Assedic ", ajoute Claire Dufour, 23 ans, apprentie de l'ESC Pau.

Des taux d'insertion records

Comment ne pas être attiré également par les taux d'insertion faramineux affichés par les écoles utilisant le dispositif ? 100 % pour l'ESC Clermont-Ferrand, 100 % pour l'Ifitep Paris, 95 % pour l'ESC Saint-Etienne, 85 % pour l'ESC Pau, 75 % dans le réseau des apprentis-ingénieurs de l'IUMM, un mois après la fin du contrat (certains poursuivent leurs études). Seul point noir, peut-être ! Etre apprenti suppose du tempérament et un gros investissement personnel. En gros, être capable de vivre deux vies à la fois, étudiant et salarié. La pression est forte. Et elle s'accroît en proportion des discours tenus par les politiques qui traitent l'apprentissage comme une ré-ponse au chômage des jeunes et non comme un outil de formation. Depuis des années, le dispositif a donc été encouragé, via des exonérations de charges, des primes à l'embauche et à la formation qui ont, bien entendu, profité aux niveaux supérieurs. " La formule s'est développée par le bas, sur le terrain et dans de multiples directions, analyse Patrick Lechaux, coordinateur de l'étude réalisée pour le ministère de l'Industrie par le cabinet Quaternaire. Elle relève d'une forme d'expérimentation aussi bien de la part des entreprises que de celle des établissements de formation qui ont multiplié les partenariats de toute nature. " Comme l'université de Jussieu qui accueille l'Ifitep créé avec la CCI de Versailles (voir ci-dessus). Expérimentation, sans doute, mais une chose est sûre : à ces niveaux de maîtrise ou de cadre, l'apprentissage semble bien faire le bonheur des PMI...



Alexandre Loubet : Ex-apprenti-ingénieur rappelé pour réorganiser l'imprimerie

L'imprimerie Garnaud lui doit une fière chandelle ! Lors de son apprentissage au métier d'ingénieur, entre 1994 et 1997, Alexandre Loubet avait préconisé des changements majeurs et judicieux : la création d'un service de maintenance, le regroupement des deux sites, le travail des machines en trois-huit, l'instauration d'une structure d'ordonnancement... Tout cela consigné dans un mémoire, relégué au fond d'un tiroir. A Voeuil-et-Giget, en Charente, l'imprimeur spécialiste des étiquettes de produits de l'agroalimentaire (80 salariés) avait alors modérément apprécié. " Quand j'ai posé ma candidature d'apprenti, c'est la directrice générale, fille du patron, qui a poussé à conclure le contrat. Et à devenir ma tutrice ", expose Alexandre Loubet. Le P-DG, à l'ancienne mode, avait en effet le goût de tout gérer lui-même, surtout en production. Naturellement, il ne diffusait aucun savoir. " Petit à petit, le futur ingénieur de production, formé à l'EIA d'Angoulême, grignote du terrain. D'abord en aidant à utiliser les outils informatiques. Puis en portant des petits projets dans l'atelier. " Je sentais qu'il y avait des choses à faire. Mais, au début, je suscitais la méfiance. Car étudier des fréquences d'arrêt de machines, c'est remettre en cause le travail des gens. " Diplôme en poche, ce Bordelais d'origine part à l'armée. Entre-temps, la société est achetée par un concurrent qui tombe... sur son mémoire. Séduit par la pertinence des conclusions, les nouveaux propriétaires l'ont retrouvé et embauché. Aujourd'hui, à 25 ans, responsable de l'ordonnancement, l'ingénieur repense les flux pour faire face à l'agrandissement actuel du site.



Franck Beguin : Technicien puis ingénieur toujours par apprentissage

La formule lui convient bien. Franck Beguin a fait partie de la première fournée des apprentis en DUT génie électronique et informatique industrielle de l'université d'Artois, à Béthune. Diplômé en 1994, il enchaîne à l'Institut supérieur de technologies de Lille pour préparer son diplôme d'ingénieur, toujours par apprentissage. " C'est un bon moyen d'entrer dans la vie active. La formation théorique n'est pas aussi poussée. Je voulais m'investir sur le terrain. Et puis, avec un salaire, cela m'a permis de continuer mes études. " Un apport non négligeable quand les parents sont tous deux ouvriers. En revanche, " décrocher un contrat de travail, c'est difficile. Cela prend des semaines. Et il faut convaincre ". Il entre d'abord comme apprenti-technicien au bureau d'études d'une entreprise d'installation électrique, où on le considérait " un peu trop comme un stagiaire ". Mais il s'épanouit ensuite comme apprenti-ingénieur chez Aubecq-Auxi, fabricant de poulies destinées aux moteurs d'automobiles à Auxi-le-Château (320 salariés)... à 80 kilomètres de l'école. Chargé de plusieurs missions, il travaille sur l'amélioration des méthodes de production. Diplômé ingénieur en 1997, il est rappelé par son employeur pour achever sa dernière mission et signe un contrat à durée déterminée jusqu'en juin. " Mais j'ai maintenant envie d'aller voir ailleurs. Pour prendre la responsabilité d'un service de maintenance ", confie-t-il. Un métier qu'il a apprécié in situ et qui l'enthousiasme.



Un centre de formation d'apprentis en université

Des locaux, des laboratoires, du matériel coûteux et des enseignants à disposition ! Au beau milieu du campus de Jussieu Paris-VI, l'université accueille un CFA (Centre de formation d'apprentis) de haut niveau. L'originalité ? Un partenariat a été monté en 1991 avec la Chambre de commerce et d'industrie de Versailles (Yvelines) qui gère et finance 50 % des enseignements. Il est soutenu par la métallurgie et la CGPME. L'idée : former des étudiants par apprentissage sur les métiers de l'électronique. C'est l'Ifitep qui forme ainsi les ingénieurs en cinq ans, exclusivement des bacheliers STI qui enchaînent deux contrats d'apprentissage (un pour technicien, un pour ingénieur) dans deux entreprises différentes. Ils sont 200 en 1998. Mais le CFA Pierre-et-Marie-Curie propose aussi plusieurs Deust (bac + 2) en sciences pour l'ingénierie et en bio-industries, ainsi que des DESS (bac + 5) en imagerie électronique et en téléinformatique. Les étudiants-apprentis peuvent ainsi suivre de véritables filières.











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