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Election présidentielle 2017

Formation : Armer les citoyens et les travailleurs

Cécile Maillard , , ,

Publié le

Formation : Armer les citoyens et les travailleurs
Cette année, les collégiens passeront une épreuve de programmation informatique lors du brevet.

Les entreprises citées

Qui sait que le code informatique a fait son entrée au CP à la rentrée 2016 ? Et qu’en juin les collégiens passeront une épreuve de programmation pour l’obtention du brevet ? Le numérique échappe aux informaticiens, sa compréhension devient une compétence de base, comme le calcul ou l’histoire. Il entre donc à l’école. L’enjeu économique est colossal. Les entreprises peinent à recruter les spécialistes dont elles ont besoin. Le ministère du Travail prévoit une croissance de 1,8 % par an du nombre d’emplois informatiques au cours des prochaines années. Quelque 190 000 recrutements dans les métiers informatiques sont attendus d’ici à 2022.

Au-delà de ces spécialistes, tous les métiers vont être touchés. Selon le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), la numérisation, qui pourrait détruire 10 % des emplois actuels, va surtout profondément modifier la moitié d’entre eux. Former massivement les jeunes, les salariés, les demandeurs d’emploi, mais aussi les patrons de PME, devient une priorité, collective et individuelle. « À mon grand désespoir, aucun candidat ne met ces enjeux en tête de son programme ! », regrette pourtant Guy Mamou-Mani, le vice-président du Conseil national du numérique (CNNum).

Emmanuel Macron prévoit un accès privilégié à la formation des salariés de TPE et PME engagées dans une transformation numérique, Benoît Hamon propose une vague « montée en compétences des actifs » sur le sujet, François Fillon porte des propositions précises, mais toutes concernent l’école et oublient les salariés. Or ceux-ci sont « très en retard », s’inquiète Frédéric Bardeau, le cofondateur de Simplon.co, une école qui forme au code en six mois. Il voit de nombreux salariés en « souffrance numérique ». « Les entreprises forment leurs cadres, mais oublient le responsable du service courrier », poursuit-il. Depuis la création du certificat Cléa, qui valide des compétences de base, les salariés les plus éloignés de la culture numérique peuvent exiger une formation minimale.

Lancée en 2015, la « grande école du numérique » entend former des demandeurs d’emploi aux besoins non satisfaits des entreprises. En un peu plus d’un an, ce réseau de 268 formations gratuites, courtes, a formé 5 000 personnes éloignées de l’emploi, partout sur le territoire. 80 % d’entre elles ont trouvé un emploi, créé une entreprise ou poursuivent leur formation.

Un enjeu démocratique

Accepter que certains citoyens soient exclus de cette mutation pose un problème démocratique. Les déclarations d’impôt se feront bientôt obligatoirement en ligne. Emmanuel Macron propose que la justice puisse être saisie directement sur internet. Quelle place pour le citoyen qui ne maîtrise pas ces outils ? L’absence de culture numérique pose également un problème de souveraineté nationale. Si les entreprises françaises ne s’adaptent pas à la révolution en cours, si les citoyens n’apprennent pas à protéger leurs données, ce sont les géants américains et asiatiques du numérique qui imposeront leurs normes et leurs visions.

Pour former tout le monde, il faut s’y mettre dès l’école. Le mouvement a démarré. Les propositions de François Fillon vont très loin. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon préconisent d’ouvrir massivement les universités, écoles d’ingénieurs ou d’informatique à la formation continue. Pour les demandeurs d’emploi, Pôle emploi va enfin intégrer, dans son prochain achat de formations, un « lot » qui sera consacré au numérique.

La solution pourrait venir des Moocs, ces formations accessibles en ligne au plus grand nombre, partout sur le territoire, le plus souvent gratuitement. L’offre, pléthorique, présente l’avantage de pouvoir s’adapter rapidement. Un point clé, étant donné que les technologies évoluent très vite. C’est l’approche même de la formation qui doit changer : le diplôme décroché à la fin de sa scolarité n’est qu’une étape, chacun est désormais appelé à se former tout au long de sa vie. Selon les différentes lignes politiques, cela relève de la responsabilité individuelle de chacun, de celle des entreprises et de l’État, ou de tous. 

La bonne idée

Jean-Luc Mélenchon souhaite redynamiser les espaces publics numériques, qui offrent des formations à tous, de mettre en place une médiation numérique en direction des milieux défavorisés (Benoît Hamon aussi), et d’adopter une démarche de « design pour tous » pour les sites des services publics (Emmanuel Macron aussi).

L’idée bidon

François Fillon a multiplié les propositions pour l’école, impossibles à tenir dans leur totalité : placer le numérique sous l’autorité du chef d’établissement, créer un Capes informatique, initier à la cybersécurité et au data mining, utiliser le numérique pour que les élèves apprennent « à regarder un tableau représentant une scène historique »…

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