Forest Liné, victime des dédales administratifs

Le fabricant de machines-outils pourrait accélérer son développement à l'international. Sauf que les blocages administratifs pénalisent parfois son activité.

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Forest Liné, victime des dédales administratifs
"Pas facile d'exporter dans des pays lointains quand il faut parfois faire remonter le dossier jusqu'à Matignon , tempêtait Claude Carbon, le directeur général de Forest Liné Capdenac, lors d'un colloque organisé par la convention d'affaires Aeromart. Cette entreprise est l'une des stars de la machine-outil française, avec de belles références : ce sont ainsi quatre de ses machines de nappage pour composite qui fabriquent la voilure en carbone du Boeing 787, dans l'usine de Nagoya de Mitsubishi Heavy Industries.

Pour le français, spécialiste des machines à commande numérique de grande taille, l'exportation représente plus de 75 % de son activité (65 millions d'euros de chiffre d'affaires). « Sans l'export, nous serions morts depuis longtemps », ajoute Claude Carbon. Mais autant le Japon ne pose pas de problèmes de Licences d'exportation, autant avec d'autres pays, comme la Chine, c'est la croix et la bannière.

De la signature du contrat jusqu'à la livraison effective de l'équipement, il peut parfois s'écouler plusieurs mois car l'entreprise doit obtenir des autorités françaises le fameux sésame : la licence d'exportation. Pendant ce temps, les développements et la production sont bloqués. Les machines Forest Liné comportent en effet des composants sensibles qui pourraient être utilisés à des fins non avouées (équipements de défense, pièces pour le nucléaire...) Les équipes de Forest Liné doivent constituer un dossier très fourni, où sont détaillées la destination de l'équipement et son utilisation. Cette opération
leur prend quelques jours. « Mais il nous est arrivé d'attendre six mois la licence qui, de toute façon, nous aurait été accordée », se désole Claude Carbon.

On voit mal en effet la France interdire une exportation vers la Chine et risquer un incident diplomatique. Récemment, Claude Carbon a écrit à Martin Malvy, le président de la région Midi-Pyrénées pour qu'il débloque une commande chinoise. Pendant ce temps, son concurrent américain, Cincinnati (groupe Mag), prend les marchés. En 2002, Forest Liné représentait 30 % des machines de grande dimension vendues en Chine. Sa part est tombée à moins de 10 %.

Une fois obtenue l'autorisation, la Chine n'est pas un pays difficile. « Nous fonctionnons avec un crédit documentaire. C'est la Banque de Chine qui paie à la place de notre client ce qui représente une grande sécurité.» La plupart des contrats en Chine sont libellés en dollars. Pour éviter unemauvaise surprise, Forest Liné prend une assurance Coface. Le constructeur regarde aussi du côté de la Russie, où il vient de remporter une jolie commande. Mais là encore, il attend toujours la licence d'exportation.

Guill aume Lecompte-Boinet


Aeromart : objectif Pékin
La convention d'affaires pour les PME de l'aéronautique, organisée tous les deux ans à Toulouse par Midi Pyrénées Expansion et la CCI de Toulouse, a décidé de lancer une édition à Pékin, les 17 et 18 septembre 2007. Objectif : inciter les PME du secteur à sortir de leurs frontières, en créant des contacts avec l'industrie chinoise. Lors de la dernière édition, les 29 et 30 novembre dernier, près de 400 sous-traitants ont rencontré 200 donneurs d'ordres à travers 10 000 rendez-vous préprogrammés.


Une date et des chiffres
  • Filiale de la Société française de participations industrielles (SFPI), Forest Liné est né en 1982.
    65 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 38 millions pour l'usine de Capdenac (Lot).
    Plus de 75 % de ses ventes sont réalisées à l'export.
    Le constructeur compte trois sites de production (Lot, Somme, Canada).

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