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Quotidien des Usines

Ford donne dix jours au potentiel repreneur de l’usine de Blanquefort pour revoir sa copie

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Le feuilleton se poursuit pour l’usine Ford de Blanquefort, en Gironde, menacée de fermeture. Le constructeur automobile américain ne laisse plus que jusqu’au 23 novembre au seul potentiel repreneur, Punch, pour présenter une offre "révisée".

Ford donne dix jours au potentiel repreneur de l’usine de Blanquefort pour revoir sa copie
Le feuilleton se poursuit pour l’usine Ford de Blanquefort, en Gironde, menacée de fermeture.
© Wikimedia/Marcin Mincer

Seul candidat à la reprise de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde) près de Bordeaux, le groupe belge Punch Powerglide, vient de se voir imposer par le constructeur automobile américain une nouvelle date butoir pour réviser son projet. "Afin de respecter le calendrier d'information et de consultation, Ford a demandé au potentiel repreneur une proposition, une lettre d'offre et un business plan révisés d'ici le 23 novembre prochain", écrit Ford, promettant de rendre sa décision au plus tard le 28 novembre.

Ce communiqué a été lu par le directeur général de l’usine FAI, Gerd Inden, lors d’une réunion du Comité d'Entreprise le 13 novembre.

Il ne laisse donc que dix jours à Punch, qui fabrique déjà ce type de matériel à Strasbourg (Bas-Rhin), un très court laps de temps qui a suscité l’indignation des syndicats. Vincent Alauze, délégué CGT du site, l’accuse ainsi de "stratégie mortifère pour l'usine" et d’agir "contre toute tentative de reprise. En effet, cette annonce de Ford arrive juste après que Punch ait demandé un délai jusqu'au 7 décembre afin d'être en capacité de présenter son business plan consolidé. Quelle autre raison aurait Ford d'accélérer son processus alors que la fin du calendrier des discussions concernant le PSE est à date du 18 décembre si ce n'est sa volonté de faire échouer toute tentative de reprise de FAI".

Les doutes de Ford sur la viabilité du projet

L’industriel américain ne cache pas ses doutes dans ce projet de reprise jugé trop fragile à terme, privilégiant toujours une fermeture du site. "En comparaison avec un plan social Ford comprenant un ensemble complet de mesures, nous ne croyons toujours pas que les plans de l'acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et protection, ni ne limitent le risque de possible pertes d'emploi futures, que nous souhaitons fournir aux salariés", reconnaît-il. Les dirigeants actuels ne veulent en effet pas revivre la situation de 2011 : à l’époque, les pouvoirs publics avaient contraint Ford à reprendre le site, cédé deux ans plus tôt à l’Allemand HZ Holding.

Le 9 novembre, Philippe Poutou, représentant CGT et ancien candidat NPA à la présidence de la République, avait appelé à une "rencontre urgente entre Ford-Punch-Etat/Pouvoirs Publics et Syndicats", dénonçant une absence de coordination entre les parties. "La situation est particulièrement urgente et aussi très complexe, écrit-il dans un mail adressé à la CGT. Ford dans sa logique refuse de rencontrer Punch pour coopérer en vue d'une reprise pour sauvegarder l'usine et quelques centaines d'emplois. De son côté Punch veut nous rencontrer, avant même d'avoir renforcé son plan de reprise, pour trouver un accord avec les syndicats remettant en cause des acquis sociaux (suppression des RTT, gel des salaires ...). De son côté aussi l'Etat semble agir pour imposer à Ford d'accepter la reprise mais nous n'en savons malheureusement pas plus. Enfin de leur côté, les collectivités territoriales ont déjà affiché leur volonté de donner des subventions publiques pour aider la reprise si elle avait lieu, sans savoir ce qu'il en est en réalité."

L'intervention de Bruno Le Maire

Le 12 octobre, le constructeur américain avait annoncé privilégier la fermeture du site de production de boîtes de vitesse, suscitant la colère des élus locaux et du ministre de l’Économie. Bruno Le Maire avait alors décidé d’entrer en contact avec l’administration américaine pour qu’elle fasse pression sur Ford. Le 16 octobre, le projet de reprise était présenté en comité d’entreprise extraordinaire par la direction, laquelle n’émettait plus que des "réserves", et non un veto pur et dur. Or le 17 octobre, le même Bruno Le Maire annonçait sur Radio Classique que le constructeur faisait machine arrière et n’envisageait finalement plus de fermer son usine fin 2019. Un prochain comité d'entreprise doit se tenir le 28 novembre, tandis que le Plan de sauvegarde de l'Emploi s’achèvera le 18 décembre.

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