Fonds Novo, les assureurs se mettent à financer l’économie

Le démarrage a été lent et difficile. Mais les deux fonds Novo, ces fonds de prêts à l’économie abondés par des assureurs pour plus d’un milliard d’euros, semblent avoir atteint leur vitesse de croisière. Les critères d’investissement sont cependant encore très étroits et toutes les PME et ETI ne peuvent pas y prétendre.

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Fonds Novo, les assureurs se mettent à financer l’économie

Il aura fallu du temps et beaucoup de travail de pédagogie. Les deux fonds Novo orchestrés par la Caisse des dépôts et abondés par 24 investisseurs institutionnels (assureurs principalement) pour 1,015 milliard d’euros, commencent à atteindre leur vitesse de croisière un an après leur création. Après un an d’existence, ils ont investi dans 16 ETI pour 461 millions d’euros.

Ce type d’initiative correspond à une véritable attente du marché, les entreprises souhaitant diversifier leurs sources de financement en plus de leurs crédits bancaires. "Nous voulions compléter notre dette bancaire par de l’obligataire privé pour allonger le profil d’amortissement de notre dette", explique ainsi Gilles Pichou, le directeur général finances du chimiste Axson. Le financement à sept ans de Novo, payable in fine, lui permet de financer plus facilement l’acquisition de clients.

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Si les acteurs des deux fonds de prêt à l’économie se félicitent de leur premier bilan, ils ont cependant mis du temps à trouver leur cible. "La construction du portefeuille n’a pas été linéaire", déclare pudiquement Javier Peres Diaz, le responsable de la gestion de prêts Europe de BNP Paribas investment partners, qui gère le fonds Novo 1 (660 millions d’euros).

Les sociétés de gestion ont ainsi passé les six premiers mois d’existence des deux fonds, créés en octobre 2013, à expliquer aux entreprises l’objectif de ces deux fonds. Et à convaincre les assureurs de l’intérêt des dossiers. Ceux-ci ont en effet imposé de nombreux critères d’investissement pour réduire les risques, obligeant les sociétés de gestion à un gros travail de sélection.

De nombreux dossiers rejetés

Les rejets sont en effet nombreux. Selon Tikehau, la société de gestion de Novo 2 (355 millions d’euros), près de 150 entreprises ont manifesté un intérêt pour ces financements. Parmi ces dossiers, 121 ont été rejetés car ne correspondant pas aux critères des sociétés d’assurance et, sur le reste, seuls dix ont passé toutes les étapes. Le fonds Novo 2 a déjà réalisé 7 investissements dans des entreprises comme Daher (équipementier aéronautique), NGE (société de travaux publics) ou Séché Environnement (traitement des déchets), et trois autres sont en cours.

"Il est dommage que nous ne puissions pas faire plus en terme de montant, de critère de sélection et de taille d’entreprise, estime Bruno de Pampelonne, le président de Tikehau. C’est un appel lancé pour un prochain fonds…"

Mais les deux fonds Novo se sont pour l’instant concentrés sur des tickets d’investissement assez élevés, de l’ordre de 30 millions d’euros en moyenne. Les entreprises financées, en grande partie industrielles, réalisent un chiffre d’affaires compris entre 60 millions et 1,4 milliard d’euros. Reste toute un pan de l’économie à financer...

La prochaine initiative de la CDC viendra peut-être y répondre. "Nous allons bientôt lancer le fonds Novi, doté de 300 millions d’euros, pour généraliser l’offre de fonds propres aux entreprises de croissance avec un niveau moyen d’investissement ramené de 30 millions d’euros à 10 millions d’euros", confie Pierre-René Lemas, le directeur général de la Caisse des dépôts.

Arnaud Dumas

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