Foire de Hanovre 2006 : Le

Le bon fonctionnement d'un site industriel réside pour une large part dans la qualité de ses capteurs et de leurs liaisons. En la matière, les interconnexions radio, dont la foire a présenté un large éventail, concurrencent de plus en plus les solutions

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Wireless or not wireless? Autrement dit sans fil ou avec ? C'est la question que se posent de plus en plus d'industriels au moment de concevoir ou de rénover leur réseau d'automatismes. A cette question, la foire de Hanovre a tenté de répondre à travers l'espace "Wireless Pavillon".
Une "exposition dans l'exposition" dont la taille a doublé (une quarantaine d'entreprises) en un an et qui n'a pas désempli durant les cinq jours de la manifestation, du 24 au 28 avril dernier. Un succès toutefois prévisible si l'on en juge par une récente étude publiée par On World, estimant à 41 millions (dans le monde) le nombre de capteurs communicant par voie radio à l'horizon 2010, au lieu de 246 000 répertoriés l'an dernier.

Quatre technologies en concurrence

Dans la bataille qui s'annonce pour conquérir ce gigantesque marché, au moins quatre technologies se trouvent en présence: Bluetooth, Zigbee, Wi-Fi et Wimax. Sans compter les protocoles RFID, DECT, GSM, GPRS et UMTS, eux aussi susceptibles de jouer un rôle dans l'usine... Ni les solutions spécifiques que cherchent à imposer tel ou tel industriel. S'il règne encore une certaine confusion dans le domaine, l'engouement des utilisateurs, en revanche, est certain.
"La principale raison est économique, reconnaît Guntram Scheible, responsable capteurs chez ABB. La suppression du câblage fait bien sûr gagner du temps et de l'argent. Mais elle peut aussi faire gagner en fiabilité, les fils et les câbles constituant souvent le point faible des installations." A Hanovre, le groupe suèdois détaillait sa solution Wisa (Wireless Interface to Sensors and Actuators), capable de connecter 100000 objets et plus. "Basée sur un protocole qui nous est propre, Wisa distance largement Bluetooth en matière de portée et de robustesse vis-à-vis des perturbations électromagnétiques, affirme, enthousiaste, Guntram Scheible. Par ailleurs, il s'agit d'un mode de communication temps réel, avec un délai de transmission maximum de 15 ms". Autre point important, l'alimentation électrique des appareils est elle-même sans fil ni batterie et fonctionne au moyen d'une boucle d'induction dont la puissance peut être ajustée à l'application. De la sorte, il est possible de monter de façon très simple des capteurs ou des actionneurs sur des pièces en mouvement (arbre en rotation, bras de robot...)sans prendre le moindre risque de coincer un fil. ABB recense quelques dizaines de clients dans le monde, dont Unilever en Allemagne.
Très actif lui aussi dans le registre du contrôle radio, Siemens Automation & Drives montrait, entre autres produits, son contrôleur Hipath Wireless, isponible en trois versions de 30, 75 et 200 points d'accès. "En leur donnant la possibilité de multiplier le nombre de capteurs à moindre coût, le sans fil, pour beaucoup de clients, constitue aussi un enjeu majeur dans la maintenance", souligne Harald Mayer, consultant préventes au sein de la branche Automation & Drives du groupe en Allemagne.

Une fiabilité améliorée

"Chaque année, nous doublons notre chiffre d'affaires en France et avons une dizaine d'affaires à notre actif", assure Françoise Mailharein, responsable du support technique de Prosoft Technology sur la zone Europe-Méditerranée. Le fournisseur américain a profité de Hanovre 2006 pour mettre en valeur un partenariat qu'il vient de signer, en France, avec son compatriote Rockwell Automation, concepteur des automates Guardlogix, dans le cadre d'une application "haute sûreté" basée sur sa technologie d'Ethernet industriel RadioLinx. Une preuve supplémentaire que le sans fil sait être fiable.
Ce dont doute malgrè tout Dominique Forvielle, directeur général de Wiedmüller France, fournisseur il est vrai de bons vieux connecteurs industriels. "Les applications du sans fil sont plutôt rares dans l'atelier, estime-t-il. Lorsqu'on ne peut pas câbler, certes, mais se pose alors le problème de l'alimentation des capteurs. Induction, solaire, piezo-électricité... Que faut-il choisir?" Selon lui, les communications radio dans l'usine présentent plus d'inconvénients (interférences, débit limité...) que d'avantages. "Ceci dit, nous avons tout testé et serons prêts à nous greffer à cette tendance si elle se confirme", annonce-t-il. En attendant, le fabricant allemand se contente de "révolutionner" le connecteur industriel, "un composant qui n'avait pas évolué depuis dix ans". Baptisée Rockstar, la nouveauté, très remarquée, se caractérise par un indice de protection allant jusqu'à l'IP69k, signifiant sa capacité à résister à un nettoyage par jet de vapeur à haute pression. Mais il se distingue aussi par une foule de petits détails, allant des modes de raccordement des fils (quatre possibles : serti, vissé, à ressort ou "direct") à ses qualités anticorrosion (traitement de surface renforcé), en passant par un marquage laser ou l'existence d'un filetage pour le presse-étoupe. Ce connecteur sera destiné aux environnements les plus sévères: ferroviaire, naval, tunnels, mines, sidérurgie ...
Du côté des moteurs, on note également des changements. Chez le britannique Baldor notamment dont les machines SuperE, qui affichent un rendement allant jusqu'à 96,3 % pour les plus gros modûles (200 kW), surclassent d'au moins 2 points la catégorie "haute efficacité" (EFF1) des standards européens. "C'est une question de matériaux, expose Rudolf Schmidtke, directeur commercial de l'entreprise pour la zone Allemagne du Nord. Nous y mettons plus de cuivre..."
Le prix, hélas, est lui aussi à la hausse: 20 à 30 % de plus que les produits conventionnels. Pour parvenir à ces résultats, et même plus, une autre solution aurait été, pourquoi pas, de mettre en oeuvre des supraconducteurs. Car là aussi, les choses bougent. Rassemblés dans l'espace "Superconducting City", les ténors de la spécialité étaient présents à Hanovre et faisaient passer le message que leurs produits étaient d?sormais bel et bien disponibles. "D'ici à fin 2006, notre usine new-yorkaise sera capable de fournir annuellement 1 000 kilomètres de câbles supraconducteurs de deuxième Génération, opérationnels à 76 K", avance ainsi Traute Lehner, porte-parole de l'américain Superpower. Garry Ferguson, directeur des ventes et du marketing d'American Superconductor, mise pour sa part sur un prix en nette baisse d'ici à 2010, "équivalent à celui du cuivre pour la même densité de courant". De quoi entrevoir une foule d'applications radicalement nouvelles, tel le premier système électrique supraconducteur de propulsion navale, évoqué sur le stand voisin de Sumitomo. Nous y
reviendrons.
DE HANOVRE, JEAN-CHARLES GUEZEL

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