FMI et OCDE : la crise financière se durcit

Pessimistes face au ralentissement économique, les deux organisations internationales prévoient de nouvelles baisses de croissance. Dominique Strauss-Khan écarte pourtant l'hypothèse d'une action concertée des banques centrales.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

FMI et OCDE : la crise financière se durcit
Le ton est grave, les mots pesés. « Nous constatons un ralentissement très important, avec un risque de contagion globale, a estimé lundi Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), au cours d'une conférence de presse conjointe avec l'OCDE. Les risques pour la croissance économique sont de plus en plus sérieux . Et de prévenir : "le FMI va sans doute abaisser ses prévisions de croissance mondiale."

Même constat alarmiste du côté de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). « Il faut s'attendre à une psychologie négative sur les marchés », estime son directeur général, Angel Gurria. Evoquant les « risques systémiques », il prévoit également des perspectives de croissance revues à la baisse pour l'ensemble des pays. Celles-ci qui doivent être publiées jeudi prochain, traduiront « un ralentissement de la croissance mondiale aux Etats-Unis, en Europe, et en Chine » ajoutant que les pays émergents, habitués ces dernières années à un PIB au-dessus de 11% verront leur croissance passer en dessous des 10% pour 2008.

Pas de découplage

L'idée d'une crise mondialisée et aux conséquences plus graves et durables que prévu est largement partagée par Dominique Strauss-Khan (DSK) qui balaie d'un revers de main la théorie du « découplage entre économies émergentes et économies développées ». « Les ralentissements aux Etats-Unis et en Europe auront une influence sur l'Inde, le Brésil... » mais « avec un décalage dans le temps », analyse DSK. « Nous vivons une crise globale, il faut des réponses globales », a-t-il souligné.

Pour autant, le directeur du FMI a temporisé la situation écartant une intervention commune des banques centrales pour juguler la crise financière. Ces dernières "ont jusqu'à présent bien géré la question de la liquidité" et « il n'y a pas de raison de penser qu'elles ne seront pas capables" de fournir aux marchés les liquidités dont ils ont besoin, a-t-il souligné. Il n'a pourtant pas nié que la faiblesse du dollar, "prévisible" créait une "situation tendue". Dominique Strauss-Khan a néanmoins salué les mesures prises par la Réserve fédérale américaine pour repousser un "risque de rupture". "La volonté a été clairement affirmée par les autorités américaines et les autres de faire en sorte que la réaction soit rapide et que tout risque de rupture sur les marchés soit combattu, c'est la bonne direction", a-t-il souligné.

"Solution globale"

Par ailleurs, il a jugé que l'euro était "certainement sur le côté fort de son évolution", voire « surévalué » et qu'il faudrait "attendre quelques jours" pour voir où il va se stabiliser. "Nous avons clairement une situation dans laquelle sur l'ensemble des marchés des changes nous avons des monnaies qui sont faibles, comme le renminbi chinois, des monnaies qui sont fortes, comme l'euro, et des monnaies entre les deux comme le dollar", a-t-il estimé.

Pour éviter le pire, le secrétaire général de l'OCDE exhorte « les autorités [à montrer] qu'elles font tout pour sauver le système financier international». « Transparence, régulation », a martelé Angel Gurria. Les économies doivent donner « des signaux » à court terme. Exemples à l'appui, le secrétaire général a évoqué la récente nationalisation de la banque britannique Northern Rock et le rachat pour une bouchée de pain par JPMorgan Chase de la banque d'affaires américaine Bear Stearns, menacée de faillite. « Il ne s'agit pas de justifier les interventions publiques comme première décision mais c'est le système qu'il faut maintenir. C'est la priorité ».

Une fois « l'action globale » enclenchée, viennent les exigences structurelles. Et si la crise des marchés pèse de tout son poids sur les collectivités elles-mêmes, c'est la preuve même qu'il faut poursuivre les réformes structurelles en Europe, a renchéri DSK. Mais là où Bruxelles prône une « approche uniforme », le directeur général du FMI préfère une vision multilatérale des réformes. « Il faut tenir compte du contexte culturel. La réforme peut prendre des voies différentes selon les pays », a-t-il préconisé.

Carmela Riposa



Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS