Florange : pourquoi les syndicats ont perdu d’avance

L’accord passé entre le gouvernement et le groupe ArcelorMittal ne convient pas aux syndicats. Il faut dire que l’industriel n’a eu à faire aucune concession.

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 Florange : pourquoi les syndicats ont perdu d’avance

A Matignon, les syndicats comptent bien se faire entendre. Il faut dire que l’accord signé vendredi entre le gouvernement et ArcelorMittal va à l’encontre de tout ce qu’ils attendaient. Seul la CFE-CGC semble se satisfaire partiellement de cet accord.

Le gaz des hauts-fourneaux sera coupé au printemps prochain, reculant aux calendes grecques leur hypothétique redémarrage. Une telle utilisation de l’outil industriel tend en plus à le détériorer prématurément. Les 629 postes de la filière liquide (hauts-fourneaux et cokerie) vont bien être supprimés. Quant au montant de l’investissement promis, - 180 millions d’euros au total dont un tiers seulement consacré à des investissements stratégiques,- il correspond peu ou prou à la somme minimale à injecter pour maintenir le site en état.

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Dans cet accord, que peuvent gagner les salariés ? Rien. Pis encore, l’accord ne fournit aucun détail sur le calendrier et la nature des investissements. Rien non plus sur l’avenir des 500 intérimaires. L’intersyndicale réclame à juste titre de remettre cet accord sur le tapis ou tout du moins de préciser les points les plus stratégiques. Mais au vu du résultat obtenu après deux mois d’âpres discussions entre le gouvernement et ArcelorMittal, on voit mal comment son PDG pourrait lâcher du lest. Luxembourg, Belgique, Espagne… L’homme a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’il pouvait faire abstraction de ses promesses. Florange risque de connaître le même sort.

La nationalisation n'aurait pas résolu la crise

Même s’ils ne peuvent l’avouer, les politiques n’ont pas le pouvoir d’aller à l’encontre de ce type de décision. Seule arme brandie, aussitôt rengainée : celle de la nationalisation. Cette solution n’aurait pas résolu la crise d’un coup de baguette magique. Le site de Florange étant inscrit dans une maille industrielle complexe, les marges de manœuvre d’un potentiel repreneur semblent faibles. En outre, cette nouvelle concurrence n’aurait-elle pas amener Lakshmi Mittal à fermer des hauts-fourneaux à Dunkerque (Nord) ou Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), afin de maintenir les prix vers le haut ?

Il est à déplorer qu’un industriel tel qu’ArcelorMittal ne mette pas davantage de moyens dans l’innovation et la R&D, contrairement à des groupes sidérurgistes tels que Thyssenkrupp ou Posco. Mais il est tout autant regrettable d’assister à l’illusion collective que les politiques entretiennent eux-mêmes en faisant croire qu’ils sont capables de trouver des solutions industrielles cohérentes et pérennes.

Olivier James

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