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L'Usine Matières premières

Florange : Montebourg désavoué mais le revolver de la nationalisation est toujours sur la table

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L'accord conclu le 30 novembre par le gouvernement avec ArcelorMittal sur le sort du site sidérurgique mosellan de Florange a déçu les salariés et fragilisé Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.

Florange : Montebourg désavoué mais le revolver de la nationalisation est toujours sur la table © Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

Le bras de fer avec Mittal continue pour obtenir que le numéro un mondial de l'acier tienne ses engagements, a reconnu dimanche la ministre socialiste de l'Ecologie Delphine Batho.

"Il y a eu un accord avec Mittal mais il n'y a pas encore la confiance", a-t-elle dit lors de l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien-i-TV. "Le gouvernement va être extrêmement vigilant."

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a lui-même annoncé l'accord vendredi soir, a fait savoir qu'il recevrait l'intersyndicale de Florange "dans la journée de mercredi".

Le géant de l'acier a accepté d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans dans la partie transformation de l'acier de Florange - la "filière froide".

Selon le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, il s'est aussi engagé à maintenir le niveau d'exploitation de ses usines de Dunkerque et Fos-sur-Mer.

En revanche, les deux hauts-fourneaux de Florange ne seront pas rallumés dans l'immédiat. Mais ils ne seront pas démantelés non plus, en attendant une décision européenne sur la création d'un démonstrateur de fabrication d'acier à basse consommation d'énergie et émission réduite de CO2 - le procédé Uclos.

De l'aveu même du gouvernement, ArcelorMittal s'est borné pour l'heure à accepter de "poursuivre les études" sur la réalisation éventuelle de ce démonstrateur à Florange.

DÉSAVEU

Les salariés et leurs représentants, qui souhaitaient une nationalisation temporaire de l'ensemble du site en attendant un repreneur, se sont dits "trahis" et ont dénoncé un "enfumage".

"La décision du gouvernement crée beaucoup de déception et laisse un goût amer", résume le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Clause Mailly, dans le Journal du Dimanche.

"Un gouvernement, c'est comme un orchestre, il faut éviter que chacun joue sa partition. Là, c'est la cacophonie", dit-il.

Arnaud Montebourg défendait une nationalisation transitoire. Il avait aussi fait état d'un repreneur potentiel, prêt à mettre 400 millions d'euros sur la table.

Cela n'a été finalement ni l'un ni l'autre, Matignon faisant même savoir que le repreneur en question n'était pas "crédible".

Quant à la nationalisation, elle n'est pas "efficace face à un problème de débouchés" ou de compétitivité, a déclaré Jean-Marc Ayrault vendredi soir.

Arnaud Montebourg "a défendu une position qui n'a pas été retenue parce qu'elle n'apparaissait pas opératoire", a confirmé dimanche sur France 2 le chef de la diplomatie, Laurent Fabius.

Un désaveu pour le bouillant ministre du Redressement productif, dont les déclarations estimant que Mittal n'était pas le bienvenu en France avaient été jugées contre-productives.

Il a admis samedi soir sur TF1 que "si ça avait été une question personnelle (il aurait) songé sérieusement" à démissionner".

"Mais c'est un combat pour la France, pour la reconstruction de notre industrie, et de ce fait la question devient indécente car j'ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat", a ajouté Arnaud Montebourg, qui a trouvé un allié dans le chef de file du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Pour cet ancien candidat à l'élection présidentielle, très critique à l'égard de ce gouvernement de gauche, le ministre du Redressement productif a été "utile".

"En faisant très peur à tous ces gens, au moins il les obligés à discuter", a-t-il déclaré à France Inter.

"Après, le rapport de force lui a été totalement défavorable et une fois de plus il a été utilisé comme un amuse-gueule par Jean-Marc Ayrault", a ajouté Jean-Luc Mélenchon. "Tout ça m'a l'air passablement bricolé."

ARME DISSUASIVE

Finalement, Jean-Marc Ayrault est lui-même venu au secours du ministre: "Il fallait hausser le ton, Arnaud Montebourg l'a fait", a-t-il dit au Républicain Lorrain.

Si un accord a été possible, "c'est notamment parce qu'il y avait une alternative crédible qui est celle du contrôle public temporaire" de Florange, a renchéri Delphine Batho.

Selon l'entourage de François Hollande le "revolver" d'une nationalisation temporaire est "toujours sur la table".

Cela reste "une arme dissuasive si M. Mittal ne tient pas ses engagements", maintient pour sa part Arnaud Montebourg.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a regretté dimanche sur France 3 que le gouvernement n'y ait pas recouru tout de suite et a jugé l'accord conclu avec Mittal "absurde" et facteur de "gabegie".

"Non seulement l'Etat va mettre de l'argent et probablement beaucoup d'argent. Mais c'est M. Mittal qui récupérera le bénéfice de ces investissements", a-t-elle déclaré.

Du côté de l'UMP et des centristes de l'UDI, où l'on juge au contraire d'un "autre temps" l'idée d'une nationalisation, c'est l'absence de solution industrielle d'ensemble qui est critiquée.

Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a dénoncé une "gestion médiatique et par coups de menton" de ce dossier et réclamé un débat sur la filière sidérurgique française.

L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a accusé le président François Hollande et Jean-Marc Ayrault de "naviguer à vue", tandis que, sur Radio J, le numéro deux du principal parti de droite, Luc Chatel, a jugé le gouvernement "empêtré dans ses divisions et son manque de vision en matière industrielle".

(avec Reuters, édité par Henri-Pierre André)

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